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lundi 20 novembre 2017

Couleurs d'automne à Dourdan

[ par Béatrice Kluge et Bérengère Hurand ]


Béatrice Kluge
Prendre le RER C jusqu'au bout de la ligne ; hésiter entre le village et la forêt ; opter pour le château médiéval, un peu triste ce jour d'octobre.
L'occasion de bosser ses gris et ses bruns, avec les tons rouges et ocres de l'automne qui descend.

Béatrice Kluge
Le centre-ville de Dourdan est un village qui se vide aux abords de 13h, le dimanche ; nous sommes seules au monde.
Seules avec l'architecture rurale de la Beauce et ses pierres blanches, avec la perspective de la rue pavée et de la halle du marché aux grains.


Bérengère Hurand

Puis nous trouvons le chemin de la forêt, qui nous mène aux châtaignes, qui nous mènent à une sablière inattendue : nous sommes tout à coup comme à Fontainebleau !


Bérengère Hurand

mardi 12 septembre 2017

Escapade hors Paris : à la découverte des couleurs de Marseille

[ par Bérengère Hurand et Béatrice Kluge ]

BH : Vue sur le Fort St Jean (à l’entrée du vieux port) depuis l’Abbaye St Victor. Technique mixte encre + aquarelle.
Nous avons été un petit groupe de 5 personnes à partir pour une semaine de dessin à la découverte de Marseille.
Dessiner Marseille incite à utiliser les couleurs les plus vives de la palette : bleu du ciel parfois un peu voilé, bleu intense de la mer tirant sur le vert et parfois sur le turquoise, beige rosé ou doré du bâti, toits de tuile dans les tons d’ocre.

BK : Vallon des Auffes. Vieux papier, feutre et aquarelle.
Dessiner Marseille, c’est aussi se faire la main sur les bateaux… et les roches, blanches, sèches et découpées comme au couteau, pas si faciles à saisir.

BK : Cathédrale de la Major. Vue depuis le parc Puget. Aquarelle et feutre.
Paysages très divers dans un petit périmètre (tout est accessible à pied ou en bus) : une ville méditerranéenne, bruyante et haute de bâtiments, monumentale (ND de la Garde….

BH :Notre Dame de la Garde. Technique mixte encre sur papier coloré + gouache
….Vieille Charité, Fort St Jean, MUCEM) mais aussi un vieux port sur lequel il est possible de trouver de multiples points de vue (depuis le Fort St Nicolas, l’Abbaye St Victor ou le Pharo), une large ouverture sur la mer, des quartiers populaires charmants et colorés (Panier, Vallon des Auffes, Endoume),…

BH : Quartier populaire du Panier, coloré et vivant : rues tortueuses et vieilles maisons. Encre sur papier japonais.
...des bords de mer sauvages et minéraux (Les Goudes, Iles du Frioul) ou paradisiaques (Calanque de Sormiou)…
 
 
BH : Vue plongeante sur la calanque de Sormiou, depuis la barrière rocheuse qui la surplombe.Encre sur papier japonais.
BK : Calanque de Sormio
Marseille est une ville de contrastes.
Difficulté particulière : quand le Mistral ou la Tramontane se lèvent, il est vraiment dur de dessiner dehors, à moins de trouver un abri sûr… Le dessin est un sport extrême, quand les rafales arrachent le carton des mains ou font valser la palette.

BK : Iles du Frioul. Feutre, aquarelle.

dimanche 12 février 2017

Deux saisons à la Philharmonie de Paris

[ par Bérengère Hurand et Béatrice Kluge ]

















Béatrice Kluge
Le bâtiment de Jean Nouvel offre le double avantage d'une belle terrasse dominant le parc de la Villette, et d'une architecture complexe aux multiples points de vue possibles.
Béatrice et moi avons commencé par le haut, histoire de dominer notre sujet. On était début octobre, le vent était doux et les arbres de la Villette encore verts.
Les dessinateurs ont le droit de s'installer sur la terrasse, mais attention ! Les vigiles craignent qu'on tombe (en traversant, par inadvertance, la double rambarde). Ils sont vigilants, les vigiles : alors on doit reculer, au risque de couper un peu notre dessin, mais la prudence n'a pas de prix.
La vue est magnifique : on voit clairement le Sacré Coeur, les tours de l'avenue de Flandre et celles de l'avenue Jean Jaurès.

Bérengère Hurand
On a aussi une belle vue surplombante sur la Grande Halle et ses Folies rouges.
Si on fait le tour de la terrasse, on peut aussi dessiner le périphérique et les Grands Moulins de Pantin, mais c'est moins pratique de s'asseoir (ceci dit, c'est aussi moins dangereux - nous avons vraiment choisi l'endroit le plus dangereux).

Début janvier, nous sommes retournées à la Philharmonie pour dessiner le bâtiment. Impossible de se tenir dehors dans le froid pour le dessiner de l'extérieur ; mais dans le hall d'entrée, il y a de nombreuses possibilités. Le Café du rez-de-chaussée est entièrement vitré et donne sur le parc et la Grande Halle. S'il est fermé, on peut librement s'asseoir par terre dans le hall pour profiter de la vue, au chaud derrière la vitre. C'est ce que nous avons fait.

Béatrice Kluge
Les lignes et perspectives sont assez compliquées à comprendre et à rendre. Ce matin-là, la lumière, un soleil d'hiver bas et éblouissant, venait principalement d'en face, mais aussi de côté, par les ouvertures de l'architecture. Cela rendait d'autant plus difficile la saisie de l'ensemble.

Bérengère Hurand
Les faux-plafonds "fakir", faits de lamelles métalliques qui évoquent les picots anti-pigeons, mais à l'envers (des picots anti-chauves-souris ?), captent la lumière d'une manière aléatoire. Un casse-tête pour les dessinateurs.
Après l'automne, après l'hiver, il faudra retourner à la Philharmonie au printemps.

jeudi 15 septembre 2016

Notre petit Club à Dieppe.

[ par Bérengère Hurand et Béatrice Kluge ]


Cela fait plus de dix ans que, tous les étés, nous partons dessiner une semaine entière, accompagnées des amis qui le souhaitent.
Cette année, nous sommes allés à Dieppe, où l'un d’eux vient d'acheter un appartement avec vue sur le port.


Dieppe offre aux dessinateurs une matière riche et variée : c’est un port, avec ses couleurs vives et ses bateaux de toutes sortes, mais aussi une plage de galets d’un gris très doux, des falaises blanches qui se détachent dans le ciel normand, et une ville ouvrière construite en briques et pierre de silex, et coiffée d’ardoises bleues.


Depuis le bout de la digue, en compagnie des pêcheurs à la ligne blagueurs, on peut observer qui rentre et sort du port. Cet énorme paquebot, qu'on ne peut pas louper à l'entrée du port, fait l'aller-retour entre Dieppe et Newhaven. Ce point de vue m'a beaucoup amusée, car il avait l'air de porter l'église sur son toit. C’est Notre-Dame de Bonsecours, qui du haut de la falaise constitue un autre point de repère de la ville : on l’aperçoit d'un peu partout.

L’avantage d’être dans une ville portuaire, c’est qu’il y a toujours une terrasse de café quelque part… 

Dieppe a un passé prestigieux comme plateforme de commerce maritime et première station balnéaire de France. Sa richesse transparaît dans son architecture, ainsi que les traces d’un passé industriel plus récent. 
La palette architecturale de Dieppe va du bleu-gris des toits au rouge brique, en passant par le crème de la pierre blanche de Caen, et le gris taupe du silex.


Dieppe, c’est encore une station balnéaire – mais il faut aimer les galets et le vent. C’est pourquoi elle n’est pas aussi bondée que ses rivales, Le Touquet et Cabourg ; mais ce n’est pas pour nous déplaire, d’autant que le prix des poissons (vendus, le matin même de leur pêche, sur le port) s’en ressent.


Bien sûr, nous fûmes précédées de Monet, Renoir ou Pissaro qui ont été séduits par la luminosité dieppoise. Mais que cela ne nous intimide pas : d’ailleurs, nous suivons volontiers les traces du peintre Walter Sickert, qui lui aussi, a peint l’Eglise Saint-Jacques en 1900 !


A la fin du séjour, nous nous sommes intéressés au côté industriel de Dieppe, qui offre également des sujets intéressants de dessin : espaces vastes, traversés d’horizontales et de formes géométriques agencées comme des legos, avec autant d’ordre que d’anarchie.