lundi 9 septembre 2019

Views of the outdoors from indoors in Courbevoie

[ par Oludotun Fashoyin ]


La Défense


Almost a year after publishing a blog post on outdoor sketching near my work building in Courbevoie, I did not expect to write a companion piece showing other sketches of the Courbevoisien outdoors, but this time from indoors.

Yet after finding myself with three such sketches, the opportunity to bring them all together and to share the fruits of the labor was too exciting to pass up.

I took my time on these sketches, which were done inside my work building over several days, at lunchtime or in the evening after work hours.


Immeuble en chantier, Courbevoie

Above is a building in construction along the train tracks joining Paris (terminus Saint-Lazare train station) to La Défense.


Boulevard de la Mission Marchand, Courbevoie

Above is the track for Tram 2a along Boulevard de la Mission Marchand. This tram line joins Paris (terminus Porte de Versailles) to La Défense.

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Près d'une année après avoir publié un article sur ce blog sur le dessin d'extérieur aux environs de mon immeuble de travail à Courbevoie, je ne m'attendais pas à écrire un article complémentaire montrant d'autres dessins de l'extérieur courbevoisien, mais cette fois-ci depuis l'intérieur.

Cependant, après m'être retrouvé avec trois tels dessins, je ne pouvais pas laisser passer l'opportunité de les rassembler et de partager le fruit du travail.

J'ai pris mon temps sur ces dessins, qui ont été réalisés depuis l'intérieur de mon immeuble de travail au cours de plusieurs jours, à l'heure du déjeuner ou le soir après les heures de travail.

mardi 3 septembre 2019

Avec le Secours Populaire Paris pour la Journée des oubliés des vacances

[ par Brigitte Lannaud Levy (texte et dessins), Mat let et Marion Rivolier (dessins) ]



Créée en 1979 par le Secours populaire la Journée des oubliés des vacances permet chaque année à des milliers d’enfants de partir au bord de la mer pour une inoubliable journée d’été. Ce 21 août, direction Deauville pour 5000 enfants d'île de France et leurs 1500 accompagnateurs bénévoles.
Brigitte Lannaud Levy, Mat Let et Marion Rivolier  pour Urban Sketchers Paris ont été invités à participer à cette magnifique journée.

[ Marion Rivolier : le camp de base du 75 juste en face de nous et la mer montante au lointain]

Tout commence par un réveil aux aurores pour partir en car avec les moniteurs, l’équipe médicale, les animateurs du 75... Nous sommes tous comme des grands enfants assoupis qui prennent des forces pour l’intense journée qui nous attend. Et nous imaginons à contrario l’excitation qui doit régner dans les cars des enfants. C’est Antoine qui nous accompagne et nous compte et nous recompte pour n’oublier personne justement . 


[Mat Let : des enfants par milliers croqués en marchant! ]

Quand on arrive sur le stand du secours Pop Paris , les enfants ne sont pas encore là. La grande plage semble bien vide , mais la célèbre promenade est rythmée par l’enfilade des tentes des huit départements d’Ile de France représentés pour cette inoubliable journée. Chaque fédération a son espace, ses animations, ses cadeaux surprises et sa couleur distinctive avec tee-shirts et casquettes; rouge, vert, bleu, orange...Les parisiens 75 seront en noir!


[ Mat Let : chaque instant de joie (mais aussi de bobo) est capturé tout au long de la journée ]

Grand bleu dans le ciel, la température est peu élevée, la mer est calme ... la journée s’annonce au top pour nous tous. Avec mes camarades d’Urban Sketchers Paris Marion et Matlet nous nous préparons à sketcher et à en voir de toutes les couleurs. Celles du coeur.

[ Marion : des dizaines d'enfants jouant et s'éclaboussant, un bonheur à capter!]

Avec Marion nous décidons d’aller croquer la baignade des Rouge. L’espace bain est archi sécurisé. Dans l’eau, avec des moniteurs en combinaisons et sur le sables avec des surveillants en gilets jaunes. Sans oublier l’équipe médicale en cas d’hypothermie. Et oui même si l’eau est froide les gamins n’arrivent pas à mesurer qu’à un moment il faut sortir. Leur plaisir est trop intense. Aux côtés de Marion, je tente un direct watercolor pour saisir cette foule de petits baigneurs qui s’agitent de bonheur dans tous les sens . La marée ne cesse de monter, pas facile de croquer au bord de l’eau. Marion, s’est faite bien avoir et se retrouve trempée. Mon croquis ne rend pas compte du nombre, ça grouille dans l’eau. Un workshop sketching people en mouvement me ferait du bien .


[ Brigitte : dresseur de bulles et jeux d'eau au programme]

Une multitude d’animations sont proposées aux enfants dont le dresseur de bulles Splashandbubbles . Franc succès avec les enfants qui une fois baignés se réchauffent en tentant de faire éclater les bulles de savon irisées qui s'envolent par grappes. C'est féerique.


[Brigitte : le camp de base du 75 et notre ami Moussa posant avec sa glace ]

L’autre grand kiff de cette journée avec le bain de mer, c’est la distribution géante de glaces pour le goûter. Ici Moussa au regard intense. Trop fier que je le croque, lui que j’ai trouvé à croquer. Il pose très sérieusement entouré de tous ses camarades qui tentent de le faire rigoler. 



Fin de la journée, retour sur Paris .... enchantée. Mat notre grand enfant a retranscris la journée d'épatants croquis façon BD. Il était tellement à fond sur sa planche de dessins qu'il est resté en maillot et serviette de plage autour du cou tout le trajet retour. A notre arrivée place du Châtelet à 22h, gros éclats de rire partagés. Nous nous quittons avec une furieuse envie de nous retrouver l’an prochain pour la JOV 2020 et dans l’impatience de reprendre nos ateliers croquis avec les enfants à la rentrée.

Le secours populaire et Urban Sketchers Paris, une collaboration qui se prolonge. 
À suivre donc....

mercredi 28 août 2019

L'Afrique à Paris

[ par Carnets d'Agnès ]




Contrairement à d’autres quartiers parisiens où les dessinateurs semblent transparents, dans le quartier de la Goutte d’Or, il est difficile de passer inaperçu. C’est mon cas ce jour de marché à l’occasion de l’Aïd. C’est tout un monde joyeux et coloré qui s’anime rue Myrha et alentours. Les marchandises débordent des étals, c’est une profusion d’aliments, de fruits importés, feuilles et légumes inconnus. Il y a aussi des viandes dépecées, des morceaux non identifiés, des poulets à 3 euros, des tripes, des boyaux, même des têtes avec les langues qui pendent… Je me sens exotique à mon tour. S’installer pour croquer relève de l’exploit. Ça grouille dans tous les sens, les uns livrent, les autres achètent, des éclats de voix, un monde fou en ce jour de fête. Je décide de me poser dans une petite cantine végétarienne où je me sens plus au calme. Et chance, la vitrine donne sur des petites échoppes, notamment celle de tissus wax. Les femmes passent, s’arrêtent, reviennent, dans leurs beaux costumes faits main, tous chatoyants et ultra vifs. Pour mettre l’accent sur leurs beaux vêtements, je décide de laisser le décor noir et blanc pour mettre en valeur les tissus.

Pourquoi pas proposer l’aventure aux urbansketchers restés à Paris en ce mois d’août ensoleillé ? Et voilà, cette jolie cantine nous accueille en ce samedi toujours caniculaire. J’arrive en avance et attaque le croquis de cette boucherie à la sortie du métro. Non pas que je sois une adepte, mais cette devanture rouge attire mon regard.


Assise sur mon petit pliant dans un coin de porche, je me fais discrète et croque ensuite une épicerie de produits exotiques. Les livreurs admiratifs m’aident à identifier les produits proposés : feuilles de bissap, patates douces, bananes plantin, gingembre, piments, manioc… Je demande ensuite au boucher voisin de m’autoriser à dessiner les têtes qui m’avaient fait de l’œil la dernière fois. Il papote en même temps et me demande un portrait. Va pour le boucher. Je me dépêche, car un peu plus et c’est moi qui tourne de l’œil.

Ensuite c’est Kayta, une vendeuse de safou à la sauvette qui m’interpelle. Elle aussi veut son portrait. Puis je croque des femmes de dos, pour ne pas les déranger. Mais elles me guettent quand même du coin de l’œil. Assises sur des cartons, elles papotent, hèlent le chaland, rient, s’interpellent… L’une d’elles vient me voir, elle espère être dessinée. Quand je lui montre à la fin, elle est ravie que je lui aie épargné les petits bourrelets pris ce mois-ci. 

C’est ça, la magie du dessin, dessiner les contours au gré de ses envies.


lundi 12 août 2019

Trois regards sur le 10ème Symposium Mondial Urban Sketchers à Amsterdam

 [ par Marion Rivolier, Carnets d'Agnès et Mat Let ]


Le 10ème symposium international Urban Sketchers a eu lieu à Amsterdam du 24 au 27 juillet 2019.
Marion, Agnès et Mat vous proposent leur regard sur cet événement.

Le symposium en tant qu'élève, par Mat Let
Le pass pour participer aux workshops demande un vrai investissement financier et j'ai eu la chance de le recevoir en cadeau de la part d'un proche, j'ai donc pu suivre 3 workshops et une démo (enfin presque).
Le premier workshop a été celui de Santi Sallès, intitulé "Green Microsketching". J'ai adoré cet atelier car Santi nous a vraiment permis d'entrer dans sa technique via des exercices simples et grâce à son sens du partage : il nous a carrément donné ses tubes de peinture et ses secrets de mélanges pour obtenir les couleurs si vives et contrastées qu'il utilise. De plus, l'idée du microsketching est géniale : faire de petites cases permet de dessiner vite et donc beaucoup (alors que les arbres sont si complexes) et cela donne l'impression qu'une histoire se raconte au fil de la page.
Je n'avais eu le temps de faire que 3 cases pendant le workshop, j'ai donc continué sur ce même mode au fil de la journée pour obtenir une planche complète dont je ne suis pas peu fier !

Dès le second jour la fatigue a commencé à se faire sentir : la veille, j'ai passé ma journée à arpenter la ville sous le cagnard pour retrouver tel ou tel groupe de copains... 15 kilomètres sous 38 degrés, ça use les neurones !
Mais ma motivation était tout de même au top pour le workshop de Johanna Krimmel, qui nous invitait à dessiner l'eau des canaux et l'acier des ponts à l'encre de Chine.
La puissance des contrastes de Johanna est impressionnante, tout comme sa capacité à créer des textures en utilisant son pinceau de différentes façons. Avec un pinceau presque sec, elle donne par exemple à un aplat une texture de mur de pierre en un instant !
J'apprécie le workshop et en sors avec l'envie de continuer, je retrouve donc Juan Carlos au bord d'un canal pour dessiner une nouvelle vue, tranquillement, à l'ombre... Et je m'aperçois plus tard que je viens de rater la démo d'Hugo Costa, que je croyais être le lendemain... ah bravo !



Pour mon dernier workshop, j'ai voulu faire des découvertes et j'ai donc suivi celui de Róisín Curé, sur l'encre sépia et le Fude pen, un stylo plume avec une pointe inclinée à 55 degrés (qui a l'air d'être cassé en fait !).
En ce troisième matin, mes batteries sont vraiment à plat, mais finalement, je me sens très à l'aise avec ces nouveaux instruments et la proposition de Róisín de dessiner la statut de Rembrandt. Après tout, ce n'est pas si souvent que je dessine des gens qui ne bougent pas !
Evidemment, je continue à dessiner comme ça au long de la journée.

Je rentre donc du symposium éreinté mais bien content de tout ce que j'ai pu apprendre : mes arbres vont certainement être plus beaux et mes croquis plus variés grâce à l'utilisation de l'encre de Chine et du sépia, que j'ai bien l'intention d'intégrer dans mes croquis quotidiens !


Le symposium en tant qu'instructeur, par Marion Rivolier
Jour 1 : arrivée et prépa des Workshops
Amsterdam est mon cinquième Symposium en tant qu’instructeur. Je commence à avoir l’habitude mais il reste toujours un peu de stress sur la prépa et la localisation du workshop. Je vais donner trois fois le même atelier et faire une démonstration durant les 4 jours.
Dès mon arrivée, je suis allée voir mes deux localisations, après analyse à la boussole de la marche du soleil, j’en ai conclu que l’une d’entre elle serait en plein soleil le matin et qu’il fallait l’oublier car la canicule est prévue pour les prochains jours. Je fais donc ma préparation depuis la rive en face du Jardin Botanique et sa serre. Je travaille entre le ciel et l’eau pour exprimer le flux urbain... le ciel est un peu pauvre et le sera pendant les prochains jours, donc je m’adapte pour donner plus d’importance aux mouvements de l’eau et à leur dialogue avec la serre.
Je m’entraîne aussi pour la démo en me disant que ce sujet mouvant est vraiment difficile...
Puis je vais au premier Drink (sans Draw) à Amstelhoeck pour retrouver les amis.


Jour 2 : Faculty Tour chez Royal Talens
Pour continuer mon entraînement, j’ai peint le matin l’un des canaux près de Zuiderkerk, les reflets sont merveilleux.
Tous les instructeurs et le board se retrouve à Zuiderkerk pour la première réunion d’accueil puis nous filons prendre le car pour aller à l’usine Royal Talens à Apeldoorn. Avec Charline, nous découvrons l’ampleur de notre « goodie bag » : des aquarelles, des crayons des feutres des carnets, de tous les sponsors de cette année, c’est à la fois magnifique et trop ! Nous n’arriverons jamais à ramener puis à utiliser tout cela ...


À Apeldoorn, l’accueil est chaleureux et généreux avec des sandwichs et des boissons puis découverte en petits groupes des procédés de fabrication des peinture pastels et crayons des divers marques de Royal Talens. Photo interdite mais dessin (en marchant) autorisé ainsi j’essaie de capturer la beauté des pigments que l’on nous présente ( des dizaines de sacs remplis de couleurs pures, j’en bave d’envie...), ensuite les grandes cuves dans lesquelles on les mélange puis les broie, cette matière brillante et onctueuse est d’une puissance colorée indescriptible ; on navigue entre Anish Kapoor et les expansions de César, je voudrais pouvoir y passer des jours pour tout peindre! Le dernier espace est consacré à mettre en tube et à emballer les produits, toutes les machines sont différentes, les ouvrier.e.s transportent les mélanges, les renversent dans de grandes cuves , ils vérifient les tubes, etc.
Maintenant il s’agit de mettre en pratique et de tester les différents produits : encre Ecoline, aquarelle Van Gogh, crayons de couleurs Bruynzeel, et feutres noirs et blancs. On s’amuse à se dessiner les uns les autres, c’est fun mais il commence a faire vraiment chaud...
Il est temps de prendre le bus pour retourner à Amsterdam pour le pot d’ouverture du Symposium.
C’est à ce moment là que l’on se rend compte du monde qu’il y a : 550 inscrits, plus de 100 personnes pour le staff dont 60 bénévoles locaux qui nous aideront tout au long de la semaine.

Jours 3, 4 et 5 : Workshops et démo

Pour les instructeurs, le temps du Symposium est celui de l’enseignement et non celui du dessin... nous n’avons pas une minute à nous entre les différents rendez-vous pro et les Workshop et démo. Parfois, on n’a pas vraiment le temps de manger, je crois que j’ai sauté 2 ou 3 dîners cette année.
Il faut aussi faire avec les conditions météo, la canicule nous empêche presque de respirer l’après-midi... la démo de vendredi se passe pour moi sous cette chaleur écrasante, avec pas mal de difficultés, ce n’est pas simple de rester concentrée sur la peinture alors que l’on parle en même temps...
Ce n'est qu'à partir du dimanche que je commence à travailler pour moi.



Le symposium en off, par Carnets d'Agnès

Le souvenir que j’avais d’Amsterdam me donnait très envie d’y retourner. Juste pour participer à ce grand événement international réunissant les plus grands sketchers de la planète. Je suis logée par chance en plein cœur de ville, pile en face de la fameuse église Zuiderkerk, centre névralgique de ces cinq jours d’effervescence.

La ville est superbe mais la canicule suffocante. Dans le quartier de Spui (prononcer Spou), nous découvrons le jardin de Begijnhof, petit havre de paix composé de maisonnettes habitées par des femmes. Hormis un nombre important de touristes, sont déjà installés de nombreux sketchers concentrés. On nous pousse pour se poser là où la place est la plus croquegénique… J’attaque la façade d’une maison de briques et sa porte jumelle bordée de fleurs. Le ton est donné, les maisons ici sont toutes en briques, j’adore. Nous ne restons pas trop longtemps, car l’arbre magnifique sous lequel je suis installée déverse des quantités de mini moucherons piqueteurs.



Le lendemain, les températures ne sont pas tombées mais la ville est attrayante avec ses maisons de travers et ses vélos. Je choisis une petite rue au calme et, bien calée à l’ombre des arbres, croque les vélos du premier plan, empilés les uns à côté des autres. Chacun sa méthode pour retrouver son destrier : une sonnette originale, un couvre-selle maison, une roue de couleur, un cadenas personnalisé… Je peins les maisons du fond et les vélos apparaissent en négatif, je laisse comme ça mon dessin, d’autant que je me suis mélangé les pinceaux dans les roues, les selles, les pédales et les guidons… un vrai casse-tête !


Les propositions de sketchwalk sont bienvenues, nous décidons d’en suivre un vers Jordaan, quartier calme et préservé. Je pose mon pliant sur un petit pont recouvert de verdure ensoleillée, d’où pointent trois clochers superbes. Les commerçants voisins sont sympas et se mettent à plusieurs pour identifier cette église, c’est finalement la chocolatière qui trouve : Posthoornkerk !
Bilan du symposium, j’ai croisé de nombreux sketchers connus, suivis, admirés et me suis sentie comme une fan cinéphile au festival de Cannes ! Pas sûre d’être présente à Hong Kong l’an prochain, alors j’étais heureuse de participer à cet événement exceptionnel.

lundi 1 juillet 2019

Un week-end de dessin à Paris au fil des rencontres

 [ par Mat Let ]




Vendredi soir
Assommé par ma semaine de travail, à moitié malade, je n’entame pas mon week-end du meilleur pied.
Et puis en rentrant de mes courses, je passe devant la conciergerie de quartier qui propose différents services. Ça tombe bien, ma machine à laver vient de tomber en panne, je leur demande s’ils ont un réparateur sous la main.
C’est alors que commencent à résonner les accords familiers d’un air de bossa nova : la conciergerie a organisé un petit concert de musique brésilienne pour se faire connaître et mettre l’ambiance dans le quartier.
Ça ne m’arrive que très rarement, mais je suis sorti sans mes carnets ! Mon réparateur de machine réservé, je fonce chez moi prendre mon matériel et je reviens croquer le kiosque et le concert.
J’ai pris un carnet trop petit pour cette scène et mon stylo est récalcitrant. Je ne suis pas très content du résultat, mais les gens de la conciergerie sont ravis et nous passons un moment très sympa. Je discute aussi avec les musiciens et fais la rencontre de Sylvain, qui m’invite à venir dessiner dimanche pendant les répétitions de son école de samba.
Pas sûr de pouvoir y aller, mais je quitte tout ce petit monde le cœur plus léger et le pied esquissant (très mal) quelques pas de samba.




























Samedi
J’avais repéré au kiosque hier une affiche pour un événement annuel que je rate à chaque fois : la fête du carré Versigny, durant laquelle plusieurs rues du quartier sont recouvertes de pelouse et envahies par les habitants.
J’y passe rapidement sur mon chemin pour aller m’acheter du matériel de dessin. La fête bat son plein, je ne promets de m’y arrêter au retour.
Dans le métro, je tombe à nouveau sur Sylvain, complètement par hasard. Il renouvelle son invitation et je ne peux qu’accepter, d’autant que l’école s’appelle « Aquarela de Paris », nom prédestiné s’il en est !
Au retour, me voilà rue Versigny, assis en terrasse, les pieds dans l’herbe. Il y a plusieurs petits concerts, des dizaines de personnes en train de siroter des verres et de pique-niquer sur la pelouse d’un jour. Quelques milliards d’enfants courent en tous sens.
Je suis frappé de voir à quel point mes voisins parisiens ont l’air heureux. Un vrai bonheur d’être là tous ensemble qui barre leur visage de ce grand sourire, dont ils sont habituellement si avares.
Stayvy, une petite fille de 9 ans accompagnée de sa famille installée près de moi a repéré que j’étais en train de « faire des dessins ».

- tu fais quoiiiiii ?
- Bah des dessins.
- Je peux regardeeeeer ?
- Bah ouais !

Et la voilà commente tous mes faits et gestes, s’amuse à faire la correspondance entre le monde réel et mon croquis.
Sa mère n’hésite pas une seconde : « Monsieur, vous pouvez nous dessiner tous les 4 et nous donner le dessin ? »
Je m’arme de mon plus grand sourire et dis que je dois d’abord finir mon dessin et que je suis fatigué.

À la fin du croquis, il me reste quand même un peu d’énergie. Je propose donc à la petite de faire son portrait. Elle qui bougeait dans tous les sens depuis une heure devient sage comme une image pendant que je la dessine. Je fais un petit portrait à l’encre.
Elle le regarde, perplexe :
- Bah, tu vas pas me colorier ?
Le portrait passe donc en couleur !
Pour fêter ça, ma voisine de table m’offre une bière.
Voilà ce qu’on appelle un bon samedi après-midi !



Dimanche
Il m’a fallu une sacrée dose d’énergie pour m’arracher du canapé et rejoindre les musiciens en ce dimanche, après avoir participé au déménagement d’un couple d’amis le matin.
Je me rends au Studio Bleu, rue des petites écuries et découvre un monde insoupçonné de studios d’enregistrement, salles de mixage etc.
J’arrive dans la salle de la samba, les musiciens s’installent. Sylvain n’est pas encore arrivé mais je me présente et tout le monde m’accueille à bras ouverts, comme s’il était absolument normal que je sois là.
Par un heureux hasard, j’ai des bouchons d’oreille dans mon sac, sans quoi je n’aurais que difficilement pu rester : 30 percussionnistes dans une salle fermée, ça fait un peu de bruit.
Je m’échauffe avec quelques croquis assez moches au crayon de couleur pour rentrer dans le rythme et comprendre les mouvements des musiciens.
Quand l’un d’entre eux prend le micro, je me lance pour de bon : il fera un excellent premier plan !
Entre deux coups de pinceau, je me dandine. Ça n’aide pas trop à dessiner mais je ne peux m’en empêcher.
La scène est complexe, j’avance doucement, mais la séance dure trois heures, j’ai tout mon temps.
Quand j’ai fini mon dessin, une danseuse arrive. Sa rapidité et sa précision sont impressionnantes et inversement proportionnelles à ma capacité à les saisir. Je m’autorise quelques ratages dans mon petit carnet.
Et puis il est temps de partir ! Je retourne dans mon quartier en vélo, la tête encore remplie des rythmes de Rio de Janeiro.

J’ai passé un week-end plein de musique de dessins et de rencontres. Mon quartier m’a donné toute l’énergie nécessaire pour attaquer une nouvelle semaine !
Quant à ma machine à laver, le réparateur me confirme dès le lundi qu’elle a rendu l’âme...