lundi 24 septembre 2018

SKETCHSWAP : un échange de dessins entre Paris et Barcelone

[ par Urban Sketchers Paris ]




Cette année, notre habituel échange de croquis de fin d’année passe les frontières.
Vous aimeriez recevoir un sketch de Barcelone pour les fêtes de fin d’année ? Alors participez au Sketchswap !
Fin novembre, nous enverrons nos croquis à Barcelone qui nous enverra les siens en retour. Lors d’un tirage au sort, en décembre, nous attribuerons un dessin à chacun des participants au projet.
Si vous êtes intéressés, inscrivez-vous avant fin septembre en envoyant un mail à SketchswapParisBCN@gmail.com . Vous recevrez alors tous les détails pour participer.

Format croquis : document original, maximum A4 minimum A5
Sujet : Paris intra-muros
Technique : au choix mais suivant les règles de l’Urban Sketching
Collecte : lors des rencontres USK Paris d’octobre et novembre.
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Dear Paris Sketchers, would you like to receive a sketch from Barcelona for the end of year celebrations ? Take part in our Sketchswap!
We will send our sketches to Barcelona and receive theirs in return. We will will organise a draw in December to hand them to the participants.
If interested please send an email before the end of September to SketchswapParisBCN@gmail.com and you we will send you all the details needed to take part.

Format : max A4, min A5
Subject : City of Paris
Medium : as you wish but following the rules of Urban sketching
We will collect the sketches during the USK Paris meetings in October and November.

lundi 17 septembre 2018

Plongeon direct à l'aquarelle

[ par Brigitte Lannaud Levy ]



Entre le défi du mois de juin "Direct watercolors" et le workshop estival animé par Marion Rivolier -familière de cette technique-  j'ai fait un véritable virage à 360 degrés dans ma pratique artistique en laissant pour un temps, graphite et encre aux oubliettes. Familière du dessin préalable au crayon et du "repassage " à la plume,  je suis sortie totalement de ma zone de confort. Comme un plongeon en eau froide pour ne pas dire glacée. Dépaysement garanti pour passer un été de peinture tout en surprises.

 

Compte tenu de la grosse canicule sur Paris, je me suis réfugiée à l'ombre sous la canopée du nouveau forum des Halles. Je n'étais pas du tout convaincue par ce nouvel édifice des architectes Berger et Anziutti qui me fait penser à un chipster géant. Mais ce vaste passage de pas loin de 100 mètres de large offre une spectaculaire percée de lumière et des jeux de reflets magiques à peindre.


A deux pas, c'est dans le jardin nouvellement baptisé Nelson Mandela au pied de l'église Saint Eustache que je croque une élégante jeune Sketcheuse prénommée Caroline. Peindre directement au pinceau impose d'aller à l'essentiel, de ressentir et traduire une énergie en laissant de côté les détails. Il s'agit avant toute chose de se faire violence en oubliant la précision du trait qui habituellement définit les contours pour aborder son sujet au niveau des masses, des plans, des valeurs, de la lumière et du contraste des couleurs. Tout un programme. Il va falloir apprendre à jongler avec tous ces paramètres.


Devant les docks de la Cité de la mode et du design, je vois les nuages noirs arriver au loin. Inconfortablement installée debout sur le pont d'Austerlitz, je sens que le ciel de Paris va se déchirer et qu'une providentielle averse va rafraîchir la capitale. Cela me laisse peu de temps pour saisir ce panorama où l'on distingue au loin les tours de la bibliothèque François Mitterrand. Je fais le choix des couleurs intenses, presque pures et contrastées pour retranscrire en urgence la magie de cet instant juste avant la pluie. Pour prolonger cette expérience unique du pinceau, Marion me conseille la lecture de la peintre Fabienne Verdier "Passagère du silence: dix ans d'initiation en Chine" (Livre de poche). Je l'ai dévoré d'une traite. Maintenant il me reste à poursuivre sur cette voie et résister à la tentation pour ne pas dire "facilité" de reprendre le crayon. Le chemin va être long.

lundi 10 septembre 2018

Porto 2018, un Symposium haut en couleurs, du côtés des participants !

[ par Delphine Priollaud-Stoclet et Tula Moraes ]




Delphine:
Avant Porto, j'avais participé à quatre Symposiums USk :  Paraty, Singapour, Manchester et Chicago, en qualité de prof pour donner des démos ou animer un workshop. Une expérience géniale mais stressante ! Je me suis inscrite à Porto comme participante, les mains dans les poches... et l'aquarelle bien en main. Juste pour le bonheur de dessiner pour moi et de partager une aventure humaine collective et intense sans aucune pression.
Je suis arrivée un peu avant, pour  découvrir Porto et tranquillement mes marques. J'aime par dessus tout déambuler en ville toute seule, à mon rythme et j'ai tout de suite adoré les couleurs vives et vivantes de cette ville chaleureuse.
Pour mon premier croquis, je déniche une ruelle dans le quartier de Miraglia, happée par un rayon de lumière. Contrairement à la plupart des très nombreux sketchers qui ont mitraillé de toutes parts à coups de pinceaux et de feutres le Ponte Luis, j'ai préféré aux grands panoramas les coulisses plus discrètes : étroites rues pentues, modestes façades, places excentrées. L'occasion aussi d'échapper à la frénésie "croqueuse" qui s’empara de Porto ces quelques jours, excitante certes, effrayante aussi...


Le Symposium s'ouvre par les inscriptions au hub de rassemblement situé à l'Alfandega do Porto et la distribution d'un "sketchy bag" avec plein de goodies généreusement offerts par les sponsors : aquarelles, blocs, stylos, crayons... On n'a qu'une envie : essayer tout ça très vite ! 
Je participe au premier Sketchwalk, côté Alfandega, séduite par ce bel alignement de façades multicolores aux azulejos scintillants blotties les unes contre les autres. Moi qui déteste croquer les fenêtres et les panoramas, me voilà bien servie ! Mais ce fut un plaisir, comme quoi...  Comme le dit si bien Marion, rien de tel qu'un Porto Tonic pour se remettre de ses émotions pendant la réception d'ouverture.
J'ai assisté le lendemain à la passionnante démo de Renato Palmuti sur l'art de composer, des gris et de l'aquarelle illuminée par les ombres colorées de la fin d'après-midi jetées sur la fontaine aux lions.


J'avais sélectionné mes deux workshops pour sortir de ma zone de confort, histoire de voir ce que pouvaient ressentir mes élèves pendant mes stages.
Gagné ! D'abord le workshop "Pastel sketches, a controlled mess" initialement prévu avec William Cordero mais qui s'est finalement déroulé sous la houlette de Daniel Green. Pas simple de croquer au pastel in situ en ville : on s'en met partout, les pastels s'émiettent... Mais j'ai vraiment beaucoup aimé cet exercice de style vigoureux qui oblige à simplifier et à revoir différemment son rapport à la matière, à la synthèse et au cadrage.


Ensuite, pour le plaisir de travailler avec la pétillante Uma Kelkar dans le cadre de son workshop " Gray Matter ": le but du jeu consistait à utiliser un pigment gris pour relier deux teintes fortement contrastées afin de créer volumes et espaces en employant une technique d'aquarelle la plus directe possible. Big challenge ! J'ai trouvé la démarche très difficile. Même si je n'ai rien produit de montrable, je me suis régalée avec les dégradés préliminaires.
Une vision abstraite de Porto, finalement pas si éloignée de la réalité : des couleurs, des fusions, des rencontres.


Puis c'est au tour de Tula :
Les sketchers se sont fondu dans les bleus d’azulejos portugais.
Porto, une ville à taille humaine, nous a reçu à bras ouverts et l’échange était incroyable, des dessinateurs des tous niveaux confondus, assis dans tous les coins. Beaucoup de plaisir de participer aux différents workshops.


C'est un jeu de couleurs et de valeurs autour des fenêtres que Paul Wang a proposé durant son Workshop. 
Je pense que vous avez remarqué que plusieurs tampons ont été fournis : l'officiel du Symposium avec la tour des Clerigos courbée que l'on retrouve sur la plupart des dessins des participants. Et un autre, assez exceptionnel, celui de Paul (en bas, à gauche)!


Rendez-vous en juillet 2019 pour le prochain Symposium à Amsterdam! Les appels à candidature sont ouverts jusqu'au 7 octobre alors à vos crayons!

lundi 3 septembre 2018

De l'air comprimé à l'école d'architecture de Paris Val de Seine

[ par Carnets d'Agnès ]



Il fait chaud, la température de l’été n’est pas descendue malgré l’approche de la rentrée, mais quel bonheur d’avoir chaud encore… et puis les rues sont encore désertes de la plupart des parisiens, ça aussi c’est un bonheur…
Dans la langueur de cet après-midi-là, j’ai envie de traîner mes guêtres du côté de cette nouvelle école que va intégrer ma fille dans quelques jours.
Sur place, je découvre un bâtiment magnifique, comme je les aime, de briques rouges, de métal et de verre, dans la plus pure tradition industrielle. Car en effet, c’est une ancienne usine d’air comprimé de la SUDAC, comme indiqué sur le fronton côté Seine. Elle a été édifiée en 1891 et a fonctionné pendant plus de 100 ans.
Installée en face, de l’autre côté du quai Panhard et Levassor, le long des berges aménagées pour recevoir les matériaux de construction, de nombreux camions et bétonneuses pénètrent mon champ de vision. Les arbres me permettent l’ombre nécessaire à rester en place pendant cette petite heure de liberté, et d’agrémenter mon dessin de végétal.
J’imagine les contremaîtres arriver à l’usine en haut de forme, les ouvriers en salopette, casquette vissée sur leur tête, à l’heure de la sonnerie notant l’ouverture et le commencement de leur labeur. Peut-être faisaient-ils journée continue ? Car il s’agit à l’époque d’alimenter en air comprimé la ville de Paris et ses alentours, pour faire fonctionner les ascenseurs hydrauliques, monte-charges, grues, horloges publiques et autres outils pneumatiques. L’immense cheminée de briques datée de 1890 domine l’ensemble du haut de ses 46 mètres.


Aujourd’hui, ce bâtiment a été réhabilité pour accueillir depuis 2001 l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val de Seine, avec des salles de cours bien évidemment, mais aussi des laboratoires, amphithéâtres, bibliothèque, matériauthèque, ateliers, salles informatiques, d’expositions et une cafétéria. Il est classé monument historique.

jeudi 30 août 2018

Un été de canicule à Paris, paresse et tentatives de rafraîchissement au programme!

[ par Marion Rivolier ]


Depuis la mi-juillet, Paris Plage s'est installé, comme tous les ans, sur les berges de la Seine. J'adore pouvoir marcher ou faire du vélo le long de l'eau, cela donne une sensation de fraîcheur, malgré la canicule. Et les palmiers donnent un petit air du Portugal et de vacances à notre ville de Paris, que l'on trouve parfois un peu trop grise.


Depuis quelques mois,  nous avons des températures affolantes. Des 35 ou 36° pendant plusieurs jours. Quand on habite sous les toits, même si on ferme et on calfeutre, à partir de 16h, l’air devient irrespirable, il fait très chaud et on étouffe, littéralement. Alors il faut fuir!
Ce samedi là, après une séance de rafraîchissement dans un expo au Centre Pompidou, divinement climatisé, j'ai marché sur les berges de Seine, Paris Plage avec quelques parasols et brumisateurs. C’est sur le bout de l’île Saint Louis que j'ai pique niqué. En face, un trio de jeunes gens détendus et étendus , animés par une conversation sur l’amour, ses joues et ses peines. J’ai aimé n’évoquer que l’essentiel. Parfois ce que l’on ne dit pas est plus important que l’on dit. Leurs poses lascives sont inspirantes et suggestives. Je me perds dans la texture mobile des reflets de l’eau et leurs couleurs improbables... peut-être réussir ont-ils à me rafraîchir?

Il est encore trop tôt pour rentrer, je cherche un coin avec ombre et aéré, si possible! J'atterris sur La Base Filante, bar éphémère, installé dans un terrain vague, en attente d’urbanisme. Le bar est dans un dodécaèdre fait main (semble-t-il) mais la bière est locale, donc bonne. Les filles et les garçons sont affalés dans des transat turquoises. Nous sommes entourés d’herbes folles et de palettes de chantier. De larges voiles blanches claquent au vent. C’est agréable. Une demie bière et je suis déjà un peu pompette. Cela doit être la chaleur!


Le lendemain, j’ai organisé une rencontre Urban Sketchers Paris sur l’esplanade entre le Palais de Tokyo et le musée d’art moderne. L’espace est aménagé en bar-restaurant. Ce jour là, plusieurs concerts se sont succédés sous l’égide de Sofarsounds . J’ai entamé mon aquarelle sur Niryntsoa, et j’ai terminé avec La Chica de Belleville, chanteuse Vénézuélienne à la voix envoûtante. Les gens vont et viennent. Il faut donc les saisir en quelques secondes, attitude, corpulence, personnalité... ce qui est chouette est qu’il y a beaucoup de couleurs et de diversité, de quoi faire jouer son pinceau au rythme de la musique!