vendredi 18 août 2017

Bonnet d'âne

[ par Brigitte Lannaud Levy ]



Dernier croquis parisien sur le vif avant les vacances en Bretagne. L'inscription de mon fils au Lycée Henri IV, un jour de pluie, me donne l'occasion de croquer de la cour intérieur, la fameuse tour Clovis. Y montent avec le proviseur ceux qui obtiennent les félicitations à chaque trimestre passé au collège Henri IV. Autant vous dire peu qu'il y a peu d'élus à vous faire coucou du haut de la tour.


Pour moi cette fin d'année scolaire, c'est plutôt un immense bonnet d'âne, après avoir stupidement oublié dans le TGV, tout mon matériel de peinture. Ma belle boîte d'aquarelle émaillée avec laquelle j'avais fait un nuancier de fou, mon précieux carnet des ateliers USK10x10 et du stage avec Delphine Priollaud Stoclet. Grrrr. Comme punition, je peux m'infliger de recopier 100 fois: "J'écris mon nom et mon adresse sur mon carnet et j'étiquette mon sac", "Je vérifie bien que je n'ai rien oublié dans le train ou l'avion, surtout pas mon sac à trésor à mes pieds". Et je vous épargne mes recherches infructueuses aux comptoir des objets trouvés de toutes les gare traversées!



Allez, haut les cœurs, haut en couleurs. Le mieux, c'est peindre pour oublier et imaginer que mon matériel puisse provoquer une vocation.
Et puis chance pour moi, 10 jours après l'avoir perdu, mon sac a été retrouvé par une belle âme qui m'a recherchée par internet. Tout est bien qui finit bien. Alors bonnes vacances à tous, pensez à étiqueter votre matériel et surtout n'oubliez rien dans les trains ou les avions.

mercredi 16 août 2017

Et voici les résultats du 56ème SketchCrawl à La Villette !

[ par Urban Sketchers Paris ]


Dès 10h30 une quinzaine de sketchers étaient déjà à l'oeuvre autour de la Fontaine aux Lions.
Quelques têtes inconnues… enquête : ont trouvé l’information sur Internet… sont tombés sur le blog par hasard… cherchaient une activité pour ce week-end !
Premier sujet captivant : devant la Grande Halle, une “Ville éphémère” de cartons (par l'artiste Olivier Grossetête) était en cours d’installation avec participation des amateurs. Elle devait être démolie le lendemain. En fin d’après-midi, Claire a réussi à saisir la tour alors qu’elle s’écroulait d’elle-même.
A l’heure du déjeuner, la chaleur montant, nous avons grignoté sur la prairie salades et petits sandwiches à l’ombre de grands parasols de la Folie-café qui faisaient mine de s’envoler à chaque bourrasque de vent.
Puis le site de la "Bicyclette ensevelie” de Oldenburg et Van Bruggen a bien plu avec les moutons noirs du Velay, dits “moutondeuses” !
Tout le monde s’est éparpillé vers divers sujets : le Canal de l’Ourcq, les “Folies” rouges de Tchumi, les vues sur la Géode, la Cité des Sciences, la Philharmonie et sa terrasse, les manèges, etc.
Alors qu’il semblait de plus y avoir personne dans le Parc, les sketchers sont arrivés nombreux, tranquillement au pot final, au frais sous les grands arbres du jardin de la “Petite Halle”. Occasion de faire mieux connaissance, d’inciter les nouveaux à rejoindre les USK Paris. Et bien entendu, on a fait tourner les carnets.
D’ores et déjà l’idée a été lancée de poursuivre l’exploration du Parc dans sa partie nord lors du Sketchcrawl de l’été 2018 ! Pour un certain, c’était une première visite au Parc, sans doute y retourneront-ils avant.
Merci beaucoup à Monique pour l'organisation (et son texte) et à Dotun pour l'idée du sketchcrawl de l'été 2018!
A très bientôt pour le prochain Sketchcrawl en octobre.

samedi 12 août 2017

Un dimanche après-midi chez Eugène Delacroix

[ par Agnès Selles ]



Pour ceux qui restent à Paris cet été, le musée Eugène Delacroix propose un atelier aquarelle les dimanche après-midi.
Dès 14 heures, il y a foule dans le minuscule jardin du musée ! Chacun se précipite sur le matériel prêté et cherche une place où s'installer. Déception pour certaines qui pensaient trouver des fleurs : en cette fin de juillet il n'y en a quasiment plus ! Du coup un petit massif et ses deux dernières fleurs est pris d'assaut par les dessinatrices.



Comme les fleurs ne sont pas mon sujet favori, je préfère lever les yeux vers les maisons voisines qui observent de leurs fenêtres ouvertes l'agitation dans le jardin.
C'est sans doute elles dont parlait Eugène Delacroix quand il évoquait dans son journal "le soleil le plus gracieux sur les maisons qui sont en face de ma fenêtre".
Se souviennent-elles l'avoir aperçu ?

mardi 8 août 2017

Ceux qu'on ne voit plus dans les rues de Paris...

[ par MatLet ] 


Incroyable comme cet homme ne semblait pas exister aux yeux des autres passagers.

Comme tous les Urban Sketchers parisiens, j'aime dessiner les belles architectures haussmanniennes, les monuments historiques etc. bref, ce qui fait la beauté du Paris de carte postale.
Mais en tant que Parisien, je ne peux m'empêcher de remarquer la fracture qu'il y a entre le luxe architectural et toute une partie de la population qui vit dans une grande précarité.

Comme les autres Parisiens, j'avais pris l'habitude de ne plus voir cette misère, car il faut se blinder soi-même pour ne pas être pris à la gorge quand on croise quatre ou cinq personnes faisant la manche sur un simple trajet de métro...
Mais avec mon oeil de dessinateur, cette situation et ces gens sont devenus impossible à ignorer.
Il me semble que nous, Urban Sketchers, sommes les témoins de notre ville, dans ce qu'elle a de beau, comme dans ce qu'elle a de dur et de tragique. C'est pourquoi depuis quelques temps, j'ai accumulé un certain nombre de croquis de sans domiciles ou de gens dans la précarité. 

Certains profitent des terrasses, les autres se débrouillent pour vivre... un paradoxe parisien.

Je dois avouer que pour le moment, je n'ose pas aller à leur contact, je me contente d'enregistrer la trace de leur présence dans la ville, car nous avons trop appris à les oublier, à ne plus les voir.
C'est un premier pas vers un peu plus d'ouverture et d'humanité, me semble-t-il... le premier pas j'espère.

J'ai longtemps hésité avant de faire ce croquis. Suis-je un voyeur ? Je pense être un témoin.