jeudi 16 mai 2019

Chronique des ateliers n°2 & 3 avec le Secours Populaire au Panthéon

[ par Urban Sketchers Paris ]


                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux] Brigitte Lannaud Levy:
Dessiner c'est avant tout regarder.
À voir la concentration des enfants et l'intensité de leurs regards après avoir écouté les consignes de l'exercice, on se dit qu'ils ont bien assimilé cette notion si essentielle à la pratique du dessin.  Ce sont leurs yeux qui en regardant le sujet et  guident leur  main le plus surement. On leur apprend aussi que jamais rien n'est raté, que l'on peut toujours faire quelque chose, rebondir, créer à partir des petits accidents de crayon ou de pinceau. Ce sont comme des surprises dont il faut savoir s'amuser.  

ATELIER #2


Mat Let:
Pour cette seconde session, après la joie de retrouver les enfants, nous avons dû passer aux choses sérieuses : dessiner l'architecture du Panthéon.
Mais le vrai défi pour ces enfants est le même que pour nombre d'adultes : accepter l'imperfection.
“C’est trop dur ! Je vais jamais y arriver !” Ils ont à peine 10 ans, mais on leur a déjà mis en tête qu’il doivent faire bien et beau. Mon but à moi est de leur faire comprendre qu’on a le droit de “déborder”, de “gribouiller”, et d’appuyer sur les crayons si ça nous fait plaisir !
Les explications ne suffisent pas, il faut les encourager, les accompagner à chaque instant, sans quoi la volonté et la concentration s’envolent vite.
Mais à la fin de la séance, les efforts de Sylvie qui anime l’atelier avec moi, et les miens sont récompensés quand j’entends une petite s’écrier : “Quoi c’est déjà fini ?! C’est nul !”
Je crois que c’est sa façon à elle de dire que ça lui a plu...

                                                                                                               [aquarelles de Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Pour cette deuxième séance d’atelier avec les enfants du Secours Populaire, c’est Agnès qui donne le cours et moi, je fais la traduction en anglais pour le jeune Parijit qui parle très peu français. Mais il est très doué en dessin et comprend très bien les exercices.
Cette fois-ci, nous travaillons sur l’espace, les coupoles, les colonnes, la structure du Panthéon, je n’ai pas tout le vocabulaire architectural mais ce n’est pas grave, on se comprend très bien. J’ai l’impression que nos deux accents, si peu anglophones, nous aident à communiquer. J’admire ce jeune garçon de parler si bien anglais à 13 ans!
Peu à peu, il apprivoise les crayons de couleur aquarellables, il comprend qu’il peut les utiliser secs ou mouillés dans le même dessin en fonction de l’effet qu’il souhaite obtenir. Il comprend de mieux en mieux les ombres et les lumières. C’est un plaisir de travailler avec lui!




Carnets d'Agnès:
Cela faisait longtemps que je voulais donner des cours de dessin à des enfants.
Le partenariat avec le Secours Populaire est une vraie chance et celui avec le Panthéon est exceptionnel, sans parler des sponsors. Quelle belle salle de classe que ce monument grandiose dans lequel je n’avais jamais mis les pieds ! Les enfants non plus, d’ailleurs.
La première fois, intimidés, ils écoutent sagement les explications historiques. Et puis il faut dessiner la Convention Nationale, en trait, en masse, en ombres et en lumières…
La deuxième fois, nous nous installons de dos par rapport à l’immense statue. Je m’occupe des «grands», de 9 à 14 ans. J’avoue que, ayant eu deux ados à la maison, le groupe me fait un peu peur avant de les connaître. Mais là c’est vraiment différent. Ils ont choisi l’activité, se sont inscrits et sont motivés. Ce qui se sent.
Nous découvrons ensemble les crayons aquarellables, ces crayons magiques qui se transforment en peinture avec un peu d’eau. Ils adorent. Et j’aime cet échange, ce partage de connaissance. Chacun s’approprie les outils, le décor, le dessin à sa façon. Certains restent bouche-bée, d’autres attaquent sereinement, mais tous produisent des dessins fantastiques, élaborés, c’est incroyable de découvrir les personnalités au travers de leurs dessins.
C’est une expérience extrêmement enrichissante et nous attendons avec impatience l’arrivée d’une météo clémente nous permettant de dessiner dehors avec des enfants pleins d’énergie.


ATELIER #3
Tula Moraes:
Énergiques, détaillés; chaque dessin est unique.
Les enfants cherchent à leur manière et trouvent la meilleure façon de suivre les consignes données par les intervenantes, on reconnaît la personnalité de chacun dans les empreintes laissées sur le papier
c'est un moment magique les feuilles ses remplissent au fur et à mesure que le temps avance.

                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux]
Sylvie Lehoux:
Pour ce 3ème rendez-vous atelier croquis au cœur du Panthéon, les enfants accompagnés par l'équipe du Secours Populaire étaient venus un peu moins nombreux en ce jour férié, mais motivés. Face au monument hommage aux artistes anonymes encadré de gigantesques colonnes, nous nous sommes divisés en 2 groupes. Les enfants ont pu appliquer les conseils des ateliers précédents et progresser dans le dessin et l'usage des différents outils graphiques (crayons aquarellables, feutres pinceaux réservoir) à leur disposition. Après plusieurs exercices réalisés avec succès les enfants étaient très fiers et nous aussi des beaux dessins qu'ils avaient fait ! Malgré les doutes, les ratures, les petits chagrins, l'insatisfaction les petits artistes ont encore triomphé et ils en ressortent plus fort et très fiers d'eux.



Brigitte Lannaud Levy:
C'est avec l'audace et la fraîcheur de leur jeune âge et forts des deux ateliers précédents que sans hésiter les plus petits de 6-8 ans,  dont j'anime le groupe aujourd'hui avec Sylvie, se lancent dans la restitution d'un lieu aussi magistral et imposant que le transept Nord du Panthéon et son monument aux artistes anonymes. "Même pas peur, on est cap ". Après deux heures intenses à apprendre à trouver les vraies couleurs des sculptures et tentures, à les mélanger, à cadrer leur sujet,  à poser les ombres et faire jaillir la lumière,  ça autorise bien un  petit moment de détente et de fous rire autour d'un concours de grimaces. Dessiner c'est du sérieux mais avec Urban Sketchers Paris c'est jamais sans se prendre au sérieux.


Un grand merci Faber-Castell pour les feutres et crayons et Canson pour le papier.
Merci au Panthéon, au Centre des monuments nationaux pour l'accueil et bien évidemment aux bénévoles et mamans du Secours populaire de Paris pour l'encadrement des enfants.
Et merci à nos intervenants d'Urban Sketchers Paris : Brigitte lannaud Levy, Marion Rivolier, Mat Let, Claire Archenault, Carnets d'Agnès, Tula Moraes et Sylvie Lehoux.
On se retrouve le 12 juin pour le 4ème atelier au Panthéon!

lundi 13 mai 2019

Urban Sketchers Paris est à Brest du 17 au 19 mai!

[ par Urban Sketchers Paris ]


Le groupe Urban Sketchers Paris sera à Brest pour le 9ème festival des carnets de voyage et reportage du 17 au 19 mai 2019. Nous présenterons nos dessins, activités, actions et événements passés et à venir.
Cette année, le festival s'installe aux Capucins, très bel espace rénové et convivial.
Au plaisir de vous y rencontrer et de partager avec vous!
avec Marion Rivolier, Brigitte Lannaud Levy, Claire Archenault, Delphine Priollaud-Stoclet et Carnets d'Agnès.

lundi 6 mai 2019

Work in progress : ZAC Tolbiac Paris Rive Gauche

[ Par Delphine Priollaud-Stoclet ]



J'ai fait connaissance avec le quartier Tolbiac pendant mes études d'architecture, il y a 25 ans. 
A l'époque constitué d'un tissu urbain mal défini, il offrait une succession de rues bordées d'immeubles dépareillés et de friches industrielles à l'abandon.
Je me souviens des heures passées à relever le bâti, à photographier, à envisager le devenir d'un quartier plutôt triste et mal-aimé coincé entre le boulevard périphérique, les quais de Seine (côté moche) et les voies de chemin de fer, où pas grand chose se passait.
Aujourd'hui, on se promène avec grand plaisir à travers une succession de façades contemporaines et inventives, de circulations douces, de jardins éco-responsables, de bistrots à smoothies et de concept stores. On dirait le Lower East Side à New-York,  ou bien Chelsea.
En pleine mutation, le quartier a su passer d'une triste et morne vieillesse à une jeunesse éclatante de vitalité ! Et ce n'est pas fini, comme en témoignent le ballet des grues et les palissades de chantier bien présentes.
J'ai donné rendez-vous à mon éditrice à la Felicita. Blotti dans l'ancienne Halle Freyssinet, le lieu fourmille, idéal pour refaire le monde (et un livre) en buvant un café dans une porcelaine anglaise, sous des ballons géants de toutes les couleurs. 
Inspirant !


lundi 29 avril 2019

Notre-Dame de Paris, après le feu et les larmes

[ par Marion Rivolier, Mat Let, Annick Botrel et Claire Archenault ]



Marion Rivolier
Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
Samedi, je suis passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.
Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.


Mat Let
Je n'aime pas trop croquer les monuments, ils sont complexes à dessiner et puis, ils sont là pour toujours, non ?
Pour tout dire, avant l'incendie je n'avais dessiné Notre-Dame que trois fois : en trente minutes lors d'un stage, en 20 minutes avec une amie pressée et en 1 minute trente (pour un résultat atroce) lors d'une balade sur la seine il y a quelques semaines.
Mais l'incendie m'a choqué comme tout un chacun et m'a prouvé que rien n'est éternel, même pas les cathédrales.
Le soir de l'événement, ma copine m'incite à partager mes dessins sur les réseaux sociaux, mais je n'en suis pas très fier et n'ai pas très envie de partager quelque chose qui ne reflète déjà plus la réalité.
Le lendemain, je me rends sur les bords de Seine pour rendre hommage à la grande dame blessée et capturer son nouveau visage après cette catastrophe historique. Cette fois, je prends mon temps pour l'observer et la dessiner.
Bien que blessée, elle m'apparaît tout de même fière et forte, toujours debout. L'absence de toiture semble presque naturelle, mais la flèche manque plus que tout ! Cette flèche, je la trouvais majestueuse, mais elle était si noire que j'avais hâte de la voir restaurée... ce qui n'arrivera jamais.

La présence d'un carnettiste à cheval sur le parapet en train de dessiner la cathédrale n'a pas manqué d'attiser la curiosité des passants... et des journalistes !
Et me voilà tour à tour en train d'être interviewé par la télé arménienne puis en direct par Cnews.
Je n'ai pas de réflexion particulièrement brillante à offrir aux médias et ils n'arrivent guère à mettre mon dessin en valeur dans leurs images. Mais enfin, les journalistes ont quelque chose d'un peu original à se mettre sous la dent moi je peux appeler ma mère en lui disant que je suis passé à la télé !

Quoiqu'il en soit, je me suis promis de respecter un peu plus la beauté des monuments, maintenant que je sais que comme nous ils sont éphémères, et de revenir régulièrement croquer Notre-Dame au fil de sa reconstruction.


Annick Botrel
J’avais déjà dessiné Notre-Dame en 2016, avec sa flèche et son toit bien visibles. Plus récemment à Noël avec son traditionnel sapin. L’incendie et le battage médiatique qui s’ensuivit conféraient tout à coup à cette vieille dame une touche de « célébrité » supplémentaire. Le soleil rayonnant et la soif d’évènement sensationnel attiraient un nombre croissant de badauds. Plus peut-être que la visite au chevet d’une grande malade. Il manquait la flèche. Une grue ou un bras métallique la remplaçait optiquement, un peu plus courte et coiffée d’une touche orange. De entrelacs des échafaudages déjà présents avant la catastrophe et comme d’une gigantesque toile d’araignée, émergeait une nacelle jaune. Quelque chose clochait et l’ambiance festive autour plutôt incongrue. J’aurais sans doute du traiter cette ferraille noire à l’encre pour donner un côté plus dramatique.


Coté parvis, nous avons réussi à nous glisser juste derrière la banderole rouge et blanche du périmètre de sécurité. J’ai discuté avec un CRS sympa, en plein cagnard, suant sous son harnachement mais ravi d’être dessiné ! Moi aussi, d’ailleurs, j’ai souffert pour ne pas me perdre dans les détails de cette architecture massive mais sophistiquée. Ma tour penche comme si elle allait tomber.
Le plus émouvant et surprenant était ces grands bras métalliques qui s’activaient le long des tours comme des bras de chirurgiens. Des pompiers en orange fluo se déplaçaient sur les balcons comme de minuscules fourmis. Je me serais d’ailleurs bien passée des interviews de journalistes arrivés comme des mouches et me demandant mon ressenti. Le reportage dessiné est sans doute une manière moins intrusive de couvrir un événement. Curieux aussi que la parole déconcentre autant quand on dessine.


Claire Archenault
Je suis passée sans la voir bien des fois.
Je suis passée sur le Pont d'Arcole samedi dernier, et j'ai vu la grande fragilité de cette amie, handicapée, et pourtant vénérée par le monde entier .
Arrivée à 17h30, rue des Chanoinesses, ce 23 Avril 2019, juste 8 jours après l'incendie j'ai posé ma boîte d'aquarelles au sol, le gardien des barrières de protection était gentil et souriant .
Je me suis battue avec mes pinceaux, un papier aquarelle mis à l'envers, mais surtout tous ces félins charpentiers en train de démonter et remonter des échafaudages, ils démontaient les derniers de la flèche, et remontaient pour bâtir protection à dame sans toit, avant que n'arrive la pluie.
J'ai remarqué que les ouvriers de Notre-Dame n'ont ni harnais ni protection, ils étaient 4, pour sauter de gargouille en gargouille, les échafaudages de bois sont déjà là pour soutenir les transepts, mais hélas ce dur labeur n'est pas considéré à sa juste valeur.
Aujourd'hui j'apprends que l'enquête judiciaire se tourne vers l'entreprise qui les embauche…
J'ai baptisé mon dessin Notre-Dame des Travailleurs.

jeudi 25 avril 2019

Sketch au fil de l’eau

[ par Carnets d'Agnès ]



La vie est pleine de surprises et de belles rencontres. C’est à l’occasion de l’une d’elles qu’est née cette idée folle.
Une balade sur la Seine en yacht privé, est en soi une belle aventure. Trop dommage de garder ça pour moi, j’ai proposé d’inviter quelques sketchers triés sur le volet, sans leur dire de quelle «balade» il s’agissait. Car c’est ça aussi la magie des surprises : réserver le lieu comme un cadeau supplémentaire. La balade est prévue un lundi.
Le samedi précédent, en cette très jolie journée de printemps, j’ai organisé une rencontre Urban Sketchers Paris au Port de l’Arsenal, dans le jardin éponyme. Le soleil est bien là, il fait encore un peu frais, mais c’est tellement agréable de se retrouver dehors. Chacun a trouvé de quoi se régaler en croquis, dessin ou peinture. J’en profite pour me familiariser avec le lieu, l’écluse, le jardin… le tout sous l’œil bienveillant du Génie de la Bastille.


Le lundi, le ciel moins ensoleillé a laissé place à des nuages et des couleurs tantôt sombres, tantôt claires-obscures. C’est fantastique et inespéré. Les 9 sketchers se retrouvent à l’embarcadère, un peu paniqués à l’idée de dessiner pendant cette balade. Un vrai challenge. Après l’écluse du Pont Morland qui laisse à chacun un répit de 10 minutes, nous filons à droite, sur le bras de la Monnaie, à 6 km/heure, une allure raisonnable mais fort ballottée par le va-et-vient des navires de plaisance, bateaux-mouches et autres péniches utilitaires.

 

Les couleurs sont jetées pour les uns, le trait hésitant pour les autres : c’est l’occasion pour chacun de sortir de sa zone de confort. Un voyage fantastique sur la Seine jusqu’à la Tour Eiffel, sous les monuments, les ponts, les bâtiments de cette belle ville que nous voyons rarement sous cet angle.
Un défi que chacun des artistes a relevé avec brio !

vendredi 19 avril 2019

Chantiers urbains, sur la colline de Ménilmontant

[ par Claire Archenault ]


Mon quartier, le 20ème arrondissement, est en pleine transformation.
Les rues sont éventrées , les engins de chantier creusent et défoncent le sol, le paysage urbain est "relooké" par des grues et d'impressionnantes machines, préparant le Grand-Paris de demain.
Cette aquarelle a été faite rue de Belleville, au niveau du métro Télégraphe, en avril, un dimanche venteux et ensoleillé. J'ai été attirée par ce monstre au repos. Il dépasse de taille les barres d'immeubles de la Place des Fêtes, surgies de terre dans les années 1960, remplaçant les petites maisons ouvrières.


Au coin de la rue Pelleport et de l'avenue Gambetta, le ciel bleu de novembre, apparaît immense après la démolition d'un vieux commerce. Il est coupé en deux par une énorme grue vermillon qui annonce la construction d'un immeuble de charme, et les ouvriers casqués et harnachés travaillent sans relâche dans l'ombre.


La rue Juillet , petite rue à mi-hauteur de la colline de Ménilmontant, fait aussi l'objet de gros travaux. Le terrain friable du sous-sol est secoué par les tremblements des machines, les arbres et la végétation dorée de fin septembre créent un curieux contraste avec les palissades et engins de fondations.

mardi 16 avril 2019

Samedi 20 avril, Sketchcrawl à la Villette

[ par Urban Sketchers Paris ]


[aquarelle de Marion Rivolier]

Le choix du lieu pour le 63ème Sketchcrawl, samedi 20 avril, s'est porté sur le Parc de la Villette et ses environs. En cas de pluie (très peu probable !) ou pour les plus frileux, nous pourrons nous réfugier à la Cité des Sciences.

RDV à 10h à la Cité des Sciences, niveau 0, au café Atmosphère pour un petit café avant de partir croquer pour la journée.

Pour déjeuner, nous n'avons pas réservé de lieu précis mais il est possible de se restaurer au même endroit ou au niveau 1, café Biosphère (restauration légère). Sinon il y a le Rest'O et le Burger King (niveau -1). Et des cafés-brasseries dans le quartier.

RDV à 17h au Park Avenue, 29 rue Corentin Cariou, pour un pot final autour de nos dessins. (Petit rappel aux étourdis : on n'oublie pas de payer sa consommation !)

Les sujets de la journée : le parc bien sur avec ses bâtiments, le public, mais aussi les canaux : canal de St Denis et canal de l'Ourcq avec ses fresques murales et les moulins de Pantin. Il y en a pour tous les goûts !
Ce rendez vous (comme tous les autres) est gratuit et ouvert à tous, débutants compris.
A samedi !


The choice of venue for the 63rd Sketchcrawl, Saturday, April 20, focused on the Parc de la Villette and its surroundings. In case of rain (very unlikely!) Or for the more cautious, we can take refuge at the Cité des Sciences. 
-10 AM at the Cité des Sciences, level 0, the Atmosphère café for a small coffee before going to eat for the day. 
- For lunch, we have not booked a specific place but it is possible to eat at the same place or level 1, Café Biosphère (light food). Otherwise there is the Rest'O and the Burger King (level -1). And cafes-breweries in the neighborhood. 
-At 17h at Park Avenue, 29 rue Corentin Cariou, for a final pot around our drawings. (A little reminder to the stunned: we do not forget to pay for his consumption!) 
The topics of the day: the park of course with its buildings, the public, but also the canals: St Denis canal and Ourcq canal with its murals and the mills of Pantin. There is something for every taste ! 

This meeting is free and open to everyone, including beginners. 
See you Saturday !

lundi 8 avril 2019

Urban Sketchers Paris et le Secours Populaire, ensemble pour dessiner avec les enfants.

[ Par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Brigitte Lannaud Levy et Marion Rivolier ]




Créer des ateliers de dessin sur le vif pour des enfants défavorisés. Plus qu’un désir, c’était une volonté qui s’est imposée à nous quand nous avons eu l’idée toutes les deux de partager et transmettre notre passion du dessin à des Sketchers en herbe. Ceux dont les parents fragilisés par les difficultés de la vie, n’ont pas les moyens financiers pour inscrire leurs enfants à des ateliers de dessin même les moins chers qui existent. Nous voulions par ailleurs amener ces enfants à croquer comme nous sur le vif, face aux œuvres, dans les musées, au sein des monuments où ces lieux chargés d’art et d’histoire peuvent leur ouvrir l’esprit, aiguiser leur curiosité et développer leur créativité.
Urban Sketchers étant déjà animé de ces mêmes volontés de solidarité, de partage et d’échanges, nous nous sommes dit que nous pouvions nous adosser à ce collectif de dessinateurs dont nous sommes membres et contributeurs pour monter un projet à la fois humanitaire et artistique. Pour cela il nous fallait un partenaire référent dans les œuvres caritatives pour l’inscription et l’encadrement des enfants. Nous savons pour notre part dessiner et animer des cours de dessin, mais cette dimension humanitaire, relève de la compétence d’un partenaire solide en ce domaine.


C’est ainsi que nous nous sommes rapprochées du Secours populaire français par le biais de son secrétaire national, directeur général : Thierry Robert. Nous le remercions ici vivement pour son soutien et son enthousiasme immédiat. Cette association à but non lucratif créée en 1945 s’est donné comme mission d’agir contre la pauvreté et l’exclusion en France en s’appuyant sur l’esprit de solidarité. Le Secours populaire enrichit ses indispensables actions sociales et humanitaires, d’actions culturelles. Ce qui vient en parfaite résonance avec la démarche que nous avions en tête. C’est ainsi qu’aiguillées par Thierry Robert nous avons été mis en relation avec Kadidja Régnier et Anne Desfontaines. Avec leurs équipes du département d’accès à la culture et aux actions éducatives, épaulées par la fédération de Paris et leurs dévoués bénévoles, nous avons pu mettre en œuvre et lancer la réalisation de ce programme pour déjà cinq ateliers de deux heures de dessin ouverts aux 6-12 ans et répartis jusqu’aux vacances d’été 2019
Le Secours populaire, partenaire du Centre des Musées Nationaux nous a mis en contact avec le Panthéon, prestigieux monument républicain chargé d’histoire récente et passée. Mathilde Garnier chargée d’actions éducatives du CMN nous y reçoit pour les premiers ateliers avec l’ouverture d’esprit et la bienveillance nécessaires pour que ces petits dessinateurs puissent s’installer confortablement, armés de couleurs pour exprimer librement leur créativité. Merci à elle et aux équipes du Panthéon pour leur confiance. Elle nous a ouvert les portes d’un bien bel écrin qui rendent ces ateliers encore plus mémorables.



Il ne nous manquait plus que les partenaires pour les fournitures. Un grand merci à Canson pour le papier et à Faber Castell pour les feutres de couleurs, les crayons aquarellables et les pinceaux à réservoir ainsi que pour les petits cadeaux surprise pour les jeunes artistes.
Cerise sur le gâteau, tout le projet étant mis en place avec le Secours populaire, nous avons monté un dossier d’information transmis à Urban Sketchers international. En retour, nous a été lauréat d'une bourse de soutien (Community Workshop Grant Program), ces ateliers se faisant l’écho d’un programme humanitaire plus vaste qu’Urban Sketchers veut lancer dans le monde entier pour développer la pratique du dessin auprès des plus démunis. Nos esprits se sont croisés, de façon transaltlatique! Il nous reste à créer une association Urban Sketchers Paris pour en gérer les fonds. À suivre donc.



Voilà, c’est avec joie et fierté que nous avons organisé le premier atelier, le mercredi 3 avril dernier avec 16 enfants entre 6 et 12 ans répartis en deux groupes. Nous les avons installés autour d’un monument central du Panthéon : la Convention Nationale.
Nous étions épaulées par quatre autres Urban Sketchers parisiens bénévoles qui nous ont rejoint dans l’aventure: Mat Let, Agnès Letellier et Claire Archenault en renfort d’animation et Tula Moraes pour couvrir l’événement derrière son appareil de photo (merci, merci, merci!). L’idée étant que l’animation soit tournante entre bénévoles d’Urban Sketchers Paris, membres contributeurs et ayant déjà une pratique de workshops. Avec Marion nous passerons le relais de l’animation à nos camarades dans deux semaines. Mais seront toujours présentes, en coordination, soutien au fil des ateliers. Et surtout comme responsables de projets.

[aquarelle sur le vif des enfants - Claire Archenault]
Voilà vous savez tout sur ce projet qui nous tient particulièrement à cœur et que nous souhaitons faire vivre et développer dans le temps. C’est dans les regards des enfants et dans leurs belles réalisations tout en couleurs que nous avons constaté que ce bel après-midi créatif était un franc succès de part et d’autre. Merci du fond du cœur à tous et aux mamans accompagnatrices en particulier.

Rendez-vous pris le mercredi 17 avril pour le prochain atelier toujours au Panthéon. Cette fois-ci, après avoir dessiné comme sujet le monument de la Convention nationale au feutre, nous allons peindre l’espace autour et les décors aux crayons aquarellables et aux pinceaux à réservoir. Beaucoup d’enfants nous ont dit avec un large sourire vouloir se réinscrire.


Notre bonheur est bien là, dans ces regards lumineux d’enfants repartis heureux. 
Bravo à eux et continuons à dessiner ensemble, tous solidaires.

jeudi 21 mars 2019

La marche du siècle à Paris, d'Opéra à République

[ par Mat Let, Marielle Durand, invitée et Marion Rivolier ]




Mat Let:
Comme beaucoup de gens, je suis à la fois extrêmement effrayé par les impacts du changement climatique et trop englué dans mes habitudes pour changer radicalement mon mode de vie.
Mais la Marche pour le climat est une excellente occasion de sentir la motivation des autres, de se donner de l'énergie. Et en tant que dessinateur, c'est aussi le bon moment pour agir en faisant ce que l'on sait faire: dessiner.
Nous voilà donc massés sur le parvis de l'Opéra Garnier. L'ambiance est plus proche de la Fête de l'Huma que de la fin du monde, les slogans vont bon train, les bières tournent tandis que je m'emmêle les pinceaux dans la foule et le fronton de l'Opéra.



Arrivé place de la République au soleil couchant, je suis frappé par le calme de ce jeune homme. Perché sur des vélos, il regarde au loin, serein, comme s'il avait compris quelque chose que nous autres, cloués au sol, n'avions pas encore saisi.
Plus terre à terre, je rencontre ensuite JP, des gilets jaunes de Bourges, déguisé en Vercingétorix en hommage aux propos peu flatteurs de notre président sur les "Gaulois réfractaires". Il est investi depuis le début du mouvement et s'est toujours préoccupé de l'aspect écologique, c'est pourquoi il a aujourd'hui rejoint la Marche pour le climat.
Il est dix-huit heures trente passées, le concert est lancé et nous quittons la place de République avec un mélange d'espoir que la belle énergie du jour se transforme en action et de peur que la classe politique reste sourde à notre détresse et à nos demandes...


Marielle Durand:
13h30. La place de l’opéra est comble et le soleil pointe son nez franchement.
Simon et Mathieu sont arrivés et ont déjà démarré leurs carnets. Je tente d’abord une vue générale depuis le trottoir de droite qui fait face à l’opéra. Cela me permet d’avoir une partie du bâtiment et le grand bus aménagé pour l'occasion qui s’est posté devant avec sur sa bannière la citation qui se passe de commentaires : “If we don’t give a fuck, we’re fucked”.
Une femme prend la parole pour scander des phrases aussi justes qu’angoissantes.
“Il ne nous reste plus beaucoup de temps”, “Plus de négociations, c’est maintenant, c’est l’action !!! »… Je suis peu à l’aise devant les personnes qui haranguent les foules tout comme d’être au milieu d’un grand nombre, particulièrement depuis novembre 2015.
Mais le dessin me permet de m’isoler quelque peu de cet état, d’analyser les lieux et la situation et de m’ancrer à un endroit où je me sens à ma place.
Après une brève pause café, on se met en route au milieu du flot de manifestants.


Une batucada, le collectif Zabumba, animera toute notre marche. Bien plus que les sound systèmes, la musique en direct est d’une force communicative inouïe. Je les dessine à reculons et m’amuse de cette performance un peu folle. La joie d’être ensemble est palpable, le temps passe étrangement très lentement, mais l’angoisse liée aux conséquences de nos comportements sur la planète un peu moins.
Vers 17h30, j’arrive péniblement à me frayer un chemin vers les escaliers du boulevard du temple. De ce petit promontoire, la place de la République se laisse embrasser pour un dernier dessin jusqu’à ce que résonnent les premières notes du concert d’Abd al Malik.
Je dois filer et suis un peu sonnée de tous ces mouvements et sonorités dissonantes parfois.
Mais heureuse d’y avoir vu malgré tout un certain nombre s’être déplacés. Seul ou en famille, entre amis, associations, ensembles musicaux, collectifs divers…


Marion Rivolier:
Samedi 16 mars, je ne savais pas combien de temps je pourrais "marcher pour le climat" alors j’ai jeté mon dévolu sur République, le point d’arrivée! J’ai été surprise par la voix d’Abd al Malik qui résonnait dans toute la place, c’était chouette de le voir pour la première fois. J’ai compris que c’était les balances du concert du soir. J’ai sorti mes aquarelles et mes pinceaux pour croquer cette scène habitée par Aziz, Shaka Ponk puis Emilie Loiseau. Les gens dansaient déjà avec quelques pancartes, brochettes, bières ou gilets jaunes.
Je me suis ensuite rapprochée de la statue pour capturer l’ambiance, surtout chaleureuse mais parfois houleuse entre manifestants!
Peu à peu la place s’est remplie, plus de monde, de pancartes, des gens qui se regroupent pour le concert simplement ou d’autres qui pensent qu’on peut changer l’ordre des choses. Consommer moins, partager plus, recycler, réparer, donner et récupérer. Est ce que l’on aime vivre dans ce monde jetable? Ou est-ce-que l’avenir peut être différent ?

jeudi 7 mars 2019

Workshop "Les Parisiens, attrapez-les tous" avec Sheila R. Putri et Mat Let

 [ par Sheila R. Putri et Mat Let ]


Bien qu'habitant à plus de 11000 kilomètres de distance Sheila (qui vit à Jakarta) et le parisien Mat ont une passion commune : dessiner les gens !
Dans les transport, la rue, un concert, un chantier, en voyage, ce sont avant tout les gens qui donnent de l'âme à leur dessins, racontent des histoires, nous parlent de culture et de mode de vie.

Pour la prochaine venue de Sheila à Paris, ils ont donc décider d'organiser un stage ensemble afin de partager leur passion et de croquer les Parisiens.

Une terrasse parisienne par Mat

Les objectifs du stage sont de prendre confiance lors du dessin de personnages sur le vif, puis de parvenir à les intégrer dans des scènes plus larges avec du décor et de l'architecture.

Le stage est ouvert à tous les niveaux et aura lieu le 24 mars au Halles de 10h à 17h.

Au programme :
Matin 
- 10h : introduction et bataille de portraits entre Sheila et Mat
- 10h30 à 11h30 : une série d'exercices rapides pour lâcher son trait en dessinant les gens et renforcer son sens des proportions et de l'observation
- 11h30 à 12h30 : des croquis plus longs, où l'on commence à inclure les gens dans leur environnement

12h30 à 14h : pause déjeuner ensemble dans un café (non obligatoire)

Après-midi
14h à 15h30 : capturer les gens en mouvement en utilisant des silhouettes à l'aquarelle puis découverte du "dessin Frankenstein" de Sheila (démo)
15h30 à 16h : comment dessiner un groupe ?
16h à 17h : mise en pratique des apprentissage de la journée pour le dessin d'une large scène

17h : temps d'échange et de partage au café (non obligatoire)


Quand Sheila se pose pour déjeuner, elle passe son temps à dessiner

Le stage sera donné intégralement en Français et en Anglais et le nombre de participants sera limité à 20.
Le coût du stage est de 60€ pour la journée, contactez Mat pour vous inscrire : letellier.m@gmail.com

jeudi 28 février 2019

Chouette rencontre avec Andy et ses étudiants sous la Canopée des Halles.

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]



Marion Rivolier : Dans le groupe Urban Sketchers Paris, ce que l'on aime bien, c'est rencontrer des sketchers étrangers de passage à Paris. En général, ils nous contactent par Instagram ou Facebook. Et alors, on organise un rendez-vous. Quand Andy nous a contacté, après quelques repérages peu convaincants, je lui ai proposé que l'on se retrouve au ZA sous la Canopée des Halles. Il faut toujours avoir un lieu à l'abri, surtout en hiver. Mais samedi dernier, il faisait un temps magnifique (vraiment bizarre pour un 23 février...), un peu frais à l'ombre mais il suffisait d'aller au soleil pour se réchauffer.

Nous avons commencé par un "Lunch & Draw" avec Andy et ses étudiants; même si la moitié avait envie de retrouver les saveurs américaines et donc est partie pour manger pizzas et burgers ailleurs.


La tablée s'est étoffée au fur et à mesure, lorsque j'ai commencé cette aquarelle, il y avait un ou deux sketchers devant moi, et à la fin, au moins une dizaine. Je ne suis pas restée très longtemps, mais j'ai été ravie de rencontrer Andy, sa bonne humeur et ses étudiants passionnés de dessin, ça fait vraiment plaisir!


Sylvain Cnudde : Un peu pressé par le temps, mais la météo étant tellement et étonnamment favorable au dessin en plein air pour un mois de février, je me suis décidé à passer en coup de vent au meeting USK Paris de ce samedi, avant d'aller à mon rendez-vous.
C'est donc juste le temps d'un café et sans vraiment prendre le temps de les saluer comme il se doit, que j'ai croqué la belle brochette de croqueurs attablés devant le ZA, à l'ombre de la nouvelle canopée des Halles. J'ai même raté la photo de groupe finale !



Bénédicte Roullier : les croqueurs sont au café Za puis se dispersent au soleil, la Canopée ouvre sur Saint-Eustache, splendide dans le soleil de février.


Stéphanie Senez : Samedi, je me rends au rendez vous Urban sketchers Paris pour aller à la rencontre d'Andy et de ses étudiants. A mon arrivée, j'aperçois le groupe à l'ombre. J'hésite à rester car je vois le soleil me faire de l'oeil en face mais l'ambiance est sympa, chaleureuse, alors je m'installe. Et voilà que je me mets à croquer cette petite brochette d' urban sketchers en train de croquer à leur tour la canopée, l'église Saint Eustache... Croquis terminé, je lève la tête et me rend compte que je suis croquée à mon tour. (Ahah ! Je ne suis pas la seule à ne pas dessiner les visages...)
Voilà une belle occasion de faire de nouvelles rencontres.


Chacun propose sa vision, ses couleurs, son interprétation du paysage urbain autour de lui.


Un grand merci à Fred pour les photos de la journée et cette superbe photo de groupe!
A bientôt pour de prochaines rencontres du bout du monde.

vendredi 22 février 2019

Back dans les bars

 [ par Mat Let ]


J'ai eu la chance de passer les fêtes au soleil en Inde. Mais de retour, malade, temps gris, ce fut très dur de retrouver la motivation pour aller dessiner dehors.
Heureusement, le message d'une amie dessinatrice et la promesse d'une bière m'ont convaincu de sortir de ma tanière, pour aller dessiner au Mazet, un pub irlandais près d'Odéon.
Ce monsieur avec sa silhouette cabossée par la vie et sa solitude au bar a tout de suite attiré mon regard. Il semble être un habitué du lieu qui vient boire un verre pour se réchauffer.
J'essaye de capter la lumière qui se reflète sur son cuir élimé et si j'aime le résultat global, je pense que le tout aurait mérité un peu plus de délicatesse...




Plus tard dans la semaine, en plein après-midi, je me retrouve à la Timballe, un bar branché proche de Simplon. Autour de moi, des trentenaires uniquement, en mode co-working. ça parle business plan dans un coin, théâtre et projet artistique dans un autre.
Le serveur m'ignore pendant au moins 30 minutes, ce qui me laisse le temps d'alterner feutre et encre grise pour jouer sur le focus de mon dessin.
J'obtiens finalement un verre de vin chaud et le serveur apprécie le résultat final. Il propose de m'offrir mon verre en échange du dessin. Je propose de lui faire un tirage. Il veut l'original, je ne veux pas être payé 4€ pour plus d'une heure de travail, on se quitte sur un sourire crispé...
C'est toujours compliqué de faire comprendre la valeur d'un dessin aux gens, même quand il est sans prétention.




Passant du bas du 18ème à la butte, je rentre au Cépage Montmartrois, le lendemain, à la même heure. Mais ici, l'ambiance est toute différente : les startuppers et artistes en devenir ont laissé place à une légion de retraités. Je pense honnêtement être le seul client de moins de 65 ans dans le bar. Bon, ça tombe bien, j'ai toujours aimé dessiner les "vieux".
Je commence par ce groupe de femmes qui ont l'air de bien s'amuser. N'entendant pas leur conversation, je les imagine en train de partager les derniers ragots du quartier. Moi, je m'emmêle un peu les crayons de couleurs, avec cette technique que je ne maîtrise pas bien et ce papier un peu trop granuleux.




Du coup, je retourne dans ma zone de confort en dessinant le monsieur aux cheveux blancs en face de moi à grands coups d'encre noire et avec quelques touches d'aquarelle. Il est plongé dans une grande conversation avec sa voisine sur l'utilisation de Whatsapp, quelque part entre la tentative de séduction et le mansplaining patenté. Il ne me remarque pas et, mon chocolat chaud fini, je remballe mes crayons pour partir vers de nouvelles aventures au coin des zincs parisiens.

jeudi 14 février 2019

Paris tropical

[Par Brigitte Lannaud Levy]



Il est amusant de commencer cette nouvelle année au coeur de la jungle en plein Paris. Pour cette première rencontre 2019, les Urban Sketchers Parisiens se sont donnés rendez-vous dans la grande serre tropical du jardin des plantes dans le 5ème arrondissement. Quand on y pénètre on est saisis par la chaleur, l'humidité et la moiteur du lieu alors qu'il fait si froid dehors. Dépaysement assuré.  La lumière traversante dans le foisonnement des végétaux y est très belle même si la nuit tombe très tôt et que l'ambiance devient vite crépusculaire. Régulièrement un système d'arrosage par brumisation au plafond fait glisser de façon impromptue des gouttes d'eau le long des feuilles des arbres sur notre papier. Il devient très compliqué de trouver un endroit bien au sec pour se poser et peindre. 

Je vous donne l'astuce. C'est au premier étage depuis le petit belvédère de la grotte que vous pouvez vous mettre bien à l'abri avec une vue plongeante sur la serre... magnifique. Vous serez bercé par le doux bruit continu de la cascade. Pour ma part j'y ai peint avec deux camarades sketchers debout, contre la petite  rambarde. Chacune son installation, tout aussi poétique l'une que l'autre. Et c'est parti pour une plongée presqu'en apnée dans  le grand bain de 50 nuances de vert. 


J'adore cette délicate petite fiole d'eau de cette toute jeune dessinatrice que je rencontrais pour la première fois.  Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse dit le poète! 


Marielle Durand va tester pour la première fois sa magnifique nouvelle boîte d'aquarelle japonaise Kuretake offerte par  Valérie Albouker. Les couleurs sont très denses et chargées en pigment. Presque de la gouache, pour un rendu final qui sera d'une très belle intensité. 
C'était un bien drôle d'endroit pour une rencontre, pas si urbain que ça mais tellement magique. Je vous souhaite à tous une très belle nouvelle année, haute en couleurs et riches de moment partagés ensemble à peindre et dessiner.