jeudi 14 février 2019

Paris tropical

[Par Brigitte Lannaud Levy]



Il est amusant de commencer cette nouvelle année au coeur de la jungle en plein Paris. Pour cette première rencontre 2019, les Urban Sketchers Parisiens se sont donnés rendez-vous dans la grande serre tropical du jardin des plantes dans le 5ème arrondissement. Quand on y pénètre on est saisis par la chaleur, l'humidité et la moiteur du lieu alors qu'il fait si froid dehors. Dépaysement assuré.  La lumière traversante dans le foisonnement des végétaux y est très belle même si la nuit tombe très tôt et que l'ambiance devient vite crépusculaire. Régulièrement un système d'arrosage par brumisation au plafond fait glisser de façon impromptue des gouttes d'eau le long des feuilles des arbres sur notre papier. Il devient très compliqué de trouver un endroit bien au sec pour se poser et peindre. 

Je vous donne l'astuce. C'est au premier étage depuis le petit belvédère de la grotte que vous pouvez vous mettre bien à l'abri avec une vue plongeante sur la serre... magnifique. Vous serez bercé par le doux bruit continu de la cascade. Pour ma part j'y ai peint avec deux camarades sketchers debout, contre la petite  rambarde. Chacune son installation, tout aussi poétique l'une que l'autre. Et c'est parti pour une plongée presqu'en apnée dans  le grand bain de 50 nuances de vert. 


J'adore cette délicate petite fiole d'eau de cette toute jeune dessinatrice que je rencontrais pour la première fois.  Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse dit le poète! 


Marielle Durand va tester pour la première fois sa magnifique nouvelle boîte d'aquarelle japonaise Kuretake offerte par  Valérie Albouker. Les couleurs sont très denses et chargées en pigment. Presque de la gouache, pour un rendu final qui sera d'une très belle intensité. 
C'était un bien drôle d'endroit pour une rencontre, pas si urbain que ça mais tellement magique. Je vous souhaite à tous une très belle nouvelle année, haute en couleurs et riches de moment partagés ensemble à peindre et dessiner. 

jeudi 7 février 2019

Visite de la Basilique de Saint-Denis

[ par Béatrice Kluge ]



Avec une amie nous voulions depuis longtemps aller visiter et dessiner la Basilique de Saint-Denis avec ses tombeaux des rois de France. Ce samedi où nous nous décidâmes, il faisait trop froid et venteux le matin pour faire un dessin de l’extérieur, même si les détails des portes fraîchement rénovées m'ont fait très envie avec leurs monstres et personnages.
Nous avons donc fait un premier dessin de l'intérieur, où j'ai laissé de côté les gisants, la vraie attraction de cette Basilique, au profit de l’espace qui m'impressionne toujours dans ce genre de bâtisses.


Carrément frigorifié après ce premier dessin nous nous sommes réchauffées en déjeunant dans le Bistrot en-face.
L'après midi, la température ne s'étant pas améliorée, nous nous sommes résolues de faire le dessin de la façade depuis ce même Bistrot d’où nous ne pouvions pas vraiment choisir notre point de vue.
A mon goût nous étions trop frontales. J'aurai préféré une vue de trois-quarts ou de la face nord, l'arrière n'étant malheureusement pas accessible.
J'ai donc décidé de dessiner cette drôle de façade déséquilibrée à cause du manque de la grande flèche, (il est question de la remonter), dans son environnement d'une architecture moderne et d'un manège sur la place. Malgré le froid il avait son petit succès. (Surtout la soucoupe volante!)

lundi 4 février 2019

Dessins et performances à la Bibliothèque Forney pour la Nuit de la Lecture 2019

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]



Marion Rivolier 
Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à croquer la Nuit de la Lecture à la Bibliothèque Forney.
Nous étions une bonne vingtaine à braver le froid et l'humidité de ce samedi soir. Mais l'ambiance dans la bibliothèque était très chaleureuse.
J'ai commencé par une aquarelle de la performance, "On lit ou on regarde un dessin?" du collectif Les Traces Habiles: trois conteurs, en mouvement, disaient des textes sur le dessin et la création alors que l'artiste Olivier Marty dessinait en direct. C'était intense et dynamique, pas un moment de répit.


J'ai pris quelques photos au fur et à mesure de la performance. Puis nous avons assisté à une intervention poétique, jouée et dansée, déambulatoire dans trois lieux de la bibliothèque, par la Compagnie Le Monde Devant, dont vous découvrez les dessins de Sylvain, ci-dessous.




Sylvain Cnudde 
J'ai bien connu la bibliothèque Forney lorsque j'étais étudiant, pour avoir travaillé sur un projet fictif de logo et de charte graphique pour le lieu et les expos qui y sont organisées. Aussi, lorsque Marion m'a proposé d'y dessiner lors de la nuit de la lecture avec les Urban Sketchers Paris, je n'ai pas pu résister à l'envie de revenir dans ce lieu magique qu'est l'Hôtel de Sens.
Habitué à dessiner des concerts noise/rock dans les caves de bars parisiens, je n'ai pas trop été dépaysé lorsqu'il s'est agit de croquer un contrebassiste dans les escaliers. Ça s'est un peu corsé lorsqu'il a fallu essayer de capter les mouvement de la danseuse contemporaine qui l'accompagnait. Mais ça m'a fait travailler davantage ma gestuelle et ma mémoire visuelle immédiate.



Les phases de lectures étaient de fait plus calmes et laissaient plus de temps pour détailler les dessins. Mais je me suis toutefois aperçu que j'avais beaucoup de mal à dessiner et écouter en même temps ce qui se disait ! Heureusement qu'il n'y avait pas d'intéro surprise à la fin, on m'aurait encore dit que je passais mon temps à gribouiller dans les marges au lieu de prendre des notes !



Annick Botrel 
La bibliothèque Forney, spécialisée dans les métiers d'art et techniques, n'est autre que l'ancienne résidence des archevêques de Sens. C'est l'un des plus beaux hôtels particuliers parisiens et un rare témoin de l'architecture médiévale civile.
J'ai donc choisi de dessiner cette nuit de la lecture, non en fonction des interventions plastiques proposées - encore moins des lectures ;) - mais plutôt par rapport à l'espace somptueux de la salle du premier étage. Je n'ai vraiment pas eu, comme certains courageux, l'envie de croquer en plein froid la cour intérieure. Une autre fois, sous une température plus clémente.
C'est le contrebassiste et la liseuse costumée devant l'étonnante balustrade gothique qui m'ont inspirée. Le violet de la robe faisait un écho intéressant à la couleur chaude de la contrebasse. Et ces deux-la ne bougeaient pas trop ! Il suffisait de mémoriser les attitudes du musicien.
En revanche, la danseuse, au corps svelte et noir et au petit minois de souris, était captivante. Animée par la lecture des participants, elle ondulait. Vraiment impossible pour moi à figer.En tous cas, un vrai plaisir de dessiner dans cet endroit chargé d'histoire, la nuit tombée.


Delphine Priollaud-Stoclet
Jet d'encre
Je me suis laissée dessiner au rythme des mots, des respirations, des chuchotements, des mouvements de corps et d’esprit qui animèrent ce soir-là la Bibliothèque Forney.
L’encre et l’aquarelle écrivaient davantage qu’elles ne décrivaient, à toute vitesse. Je rature, reprends, laisse en suspens une ligne, une tache. Tant pis.
Le présent bascule à toute vitesse dans le passé.
Le dessin reste, comme il est.

Terminons par une photo de groupe, tout le monde n'est pas présent mais cela fait un beau souvenir!
A bientôt pour de nouveaux rendez-vous.