mardi 23 mai 2017

À Paris, procès de braqueurs-djihadistes

[ par Brigitte Lannaud Levy ]



En ce début d'année, j'ai eu la chance de bénéficier d'une accréditation de dessinatrice pour le procès de quatre hommes jugés devant la cour d'assises spéciales de Paris pour braquage et djihadisme. J'ai pu ainsi dessiner ces audiences sous haute tension dans des conditions optimales. Installée dans le carré réservé aux journalistes, juste en face du box des détenus, armée de mon grand carnet de Moleskine 21x29, j'ai saisi sur une double page cette impressionnante salle Voltaire située dans le vestibule de Harlay du Palais de justice.


L'un des accusés, supposé schizophrène, les yeux dans le vagues, comparaissait libre. Il semble avoir été entrainé malgré lui dans cette terrifiante affaire et se montre accablé par les charges qui pèsent sur lui. Il risque de partir en détention de longue durée à l'issue du procès. L'autre, dans le box est un ancien braqueur radicalisé en prison, c'est lui le chef de gang. Refusant de s'expliquer, il est resté muré et prostré dans son silence. Seules les écoutes téléphoniques retranscrites nous permettront d'entendre sa voix et ses funestes intentions. La salle tremble des projets de tuerie qui sont les siens et dans lesquels ils voulaient entraîner ses acolytes.


Le Président de la cour mène les débats avec une grande maîtrise et beaucoup de clarté dans l'exposé des faits. La haine des accusés pour l'occident est telle qu'ils souhaitaient braquer un "butin halal" dans un bureau de poste pour financer le terrorisme et assassiner à l'arme de guerre des "coufards" ou mécréants, plus particulièrement des enfants comme l'avait fait leur idole Mohamed Merah en mars 2012. Terrifiant. Mon crayon en tremble.


Dernier jour d'audience, je change de point de vue et me place dans le public pour saisir la cour de face. Celle-ci est composée uniquement de magistrats. C'est toujours le cas dans le cadre d'affaires liées au terrorisme. Je change de support et dessine à l'encre sur une planche de papier lisse bookbinders design. Je sors accablée de cette semaine éprouvante de procès. Ces terroristes là, ont été arrêtés et condamnés à temps avant leur passage à l'acte, mais qu'en est-il des autres restés dans l'ombre?...glaçant.

samedi 20 mai 2017

Bizarreries spatiales à Barcelone

[ par Sophie Voisin ]

 

Carrer de Pere IV (sketchcrawl final)

A la mi-avril, nous étions une trentaine de sketchers d’une bonne dizaine de nationalités différentes à participer au workshop USK « Space Oddities », organisé par Isabel Carmona, Swasky et Lapin.

Le cadre de nos expérimentations était Poblenou, un quartier populaire de Barcelone en voie de gentrification. Voyant disparaître toutes les petites maisons anciennes au profit de grands ensembles hôteliers sans charme, Lapin a entrepris une vaste opération de recensement dessiné et nous a très gentiment fait profiter tout au long du stage de sa parfaite connaissance des lieux.
Cependant, notre but premier était d’explorer les différentes manières de représenter l’espace, autrement que par la perspective classique.
Le premier matin Isabel nous a demandé de définir l’espace par des grandes masses : peindre d’abord le ciel et le sol, puis dessiner les bâtiments et tous les éléments solides. Pas question de se perdre dans les détails, le croquis est rapide et le résultat efficace :

Carrer de Sancho de Avila
Plus facile que la perspective sphérique à laquelle elle nous a initié le lendemain, et très décontractant…
Swasky nous a fait tourner la tête avec l’espace éclaté d’une place vue comme une boîte dont on aurait rabattu les côtés. Puis avec l’utilisation de points de vue multiples dans un même dessin pour décrire un lieu :
Terrain vague vu à partir de trois points de vue différents.
Enfin Lapin nous a fait tordre les lignes dans des perspectives curvilignes ou sphériques. Le croquis d’ensemble, ça allait encore, mais quand il a fallu partir d’un détail de premier plan pour, par contamination, introduire l’arrière-plan, j’avoue avoir eu quelques difficultés à tout faire entrer dans ma page. D’autant que je me suis laissé distraire par les reflets des bâtiments dans un pare choc d’une superbe voiture ancienne. Mais le principe est compris…

Passage d'Ali Bei
Beaucoup de pistes à explorer, donc, pour sortir du cadre habituel de notre représentation de l’espace. Et comme toujours, de belles rencontres avec des participants et des intervenants sympathiques et talentueux…

mardi 16 mai 2017

Docteur Sketchy avec Docteur Mabuse

[ par Annick Botrel ]

Docteur Sketchy est un atelier de dessin éphémère. Une occasion de dessiner des personnages costumés dans des lieux à chaque fois différents et en lien avec le thème. Cette fois-ci - grande première pour moi et accompagnée de Sophie - le thème était "le Docteur Mabuse" (film muet de Fritz Lang - 1922) au Cirque Electrique de la Porte des Lilas. Une ambiance de tripot de luxe berlinois sous la République de Weimar.


Choisir dans les six ou sept acteurs, SA PAUSE. Impossible de tout dessiner. Changement toutes les 15 minutes.



Un show façon Loïe Fuller, une lumière toute en pénombre, des visages grimés, des chapeaux, des cascades de perles, des postures invraisemblables que je n'ai pas réussi à rendre, etc... Un vrai régal. Et en prime, la projection du film de Fritz Lang, mis en musique par un groupe de rock psychédélique. A quand la séance suivante ?????

vendredi 12 mai 2017

Zooms sur le Jardin du Luxembourg

 [ par Anne Weber ]

 


Outre le bassin principal et le palais du Sénat que tout le monde connait, le jardin du Luxembourg recèle de nombreux trésors.
Dans le prolongement de la rue Soufflot se trouve une bande de pelouse ; à chaque extrémité, une statue : celle de l'acteur grec attire qui déclame le texte écrit sur son parchemin attire tous les regards...à moins que ce ne soit le Panthéon que l'on aperçoit derrière lui ?


A deux pas de là, la Fontaine de Medicis passe pour être l'un des lieux les plus romantiques de Paris. En hiver, l'endroit est un peu triste avec pour seule verdure les volutes de lierre placés de chaque côté du bassin. En fin d'après-midi au printemps, la lumière est magnifique ; elle vient éclairer la scène dramatique qui se trame sur le décor du fond : Polyphème découvrant Galatée dans les bras d'Acis : on devine la colère du cyclope amoureux devant la pose alanguie des deux amants !

lundi 8 mai 2017

#USK10x10 se poursuit à Paris !

[ par Urban Sketchers Paris ] 

#Usk10X10 a de nouveau pris avec bonheur ses quartiers à Paris dimanche 10 avril dans les environs de la Gare de l'Est et du Canal Saint-Martin.


Le workshop du matin, "Murs d'expressions", transforme une rue déjà un peu étrange et bizarre en véritable street atelier : Delphine, surnommée pour l'occasion Mary Poppins par une participante, a sorti de son (pas si gros) sac à dos une multitude de couteaux à peindre, tubes, palettes, pots, pastels, liants, fusains, craies grasses, feutres, crayons, aquarelle, encre de Chine, brou de noix... Un inventaire à la Prévert pour transposer des techniques habituellement peu utilisées en extérieur en mode Urban Sketching.


L'objectif : observer la matière du mur, ses altérations, son histoire et s'en inspirer pour créer la peau d'un mur in situ en utilisant des techniques inédites : marouflages, lacérations, drippings, patines, mix media, intégrations de collectes sur site (écailles de murs, poussières, débris) etc. A la limite de l'abstraction et plus proche de la peinture que du croquis, cette approche permet de se libérer des conventions graphiques (lignes, couleur, valeurs) pour aborder cette fois-ci la ville sous l'angle de sa texture au sens physique du terme. En toute confiance...


Dans un second temps, Delphine a proposé de travailler sur le mur image-message : ici, une oeuvre de street art flamboyante avec un mot peint dans l'air du temps. Où comment recréer un tableau dans le tableau à partir du tout ou du fragment réinventé...
Enfin, les participantes ont dessiné une vue perspective du site de manière plus habituelle, au trait... mais sur un support inhabituel aux réactions surprenantes : un morceau de papier de soie qui se froisse, se déchire, diffuse, s'envole. Ou comment quitter sa zone de confort... Marouflé en transparence pour s'intégrer aux peintures précédentes, le croquis joue sur le contraste graphisme / matières avec bonheur.


Le workshop de l'après-midi consacré aux flux urbains (les gens et le mouvement), toujours animé par Delphine, a démarré dans la Gare de l'Est par un briefing consacré au positionnement des personnages et au repérage des connections entre les éléments qui composent la succession des plans dans l'espace. En y intégrant les gens, à la bonne place, à la bonne taille et à la bonne distance, bien sûr ! Une simple affaire de point de vue, finalement.


Puis Delphine procède à une rapide démo pour expliquer comment bousculer ses habitudes afin d'insuffler plus de spontanéité, de mouvement et de vie dans le dessin : en commençant par exemple par poser la couleur, en dessinant tout en même temps avec synthèse et globalité, en amenant une ligne qui serpente dans la couleur sans l'enfermer, en ouvrant les yeux et les contours... Pendant ce temps, Marion croque Delphine et les participantes attentives et curieuses.


Hop, c'est parti pour un premier sketch Gare de l'Est, puis on enchaîne par une mise en situation sur le parvis de l'Eglise Saint-Laurent, face à un carrefour brut de décoffrage : passants, voitures, bus, mobilier urbain, architecture conjuguent à tous les temps les multiples facettes des flux urbains.


Une journée passionnante et de belles rencontres malgré une météo maussade mais sèche... Merci à vous toutes pour votre énergie et votre enthousiasme et vivement la prochaine session, le 14 mai au Marché d'Aligre.

jeudi 4 mai 2017

Entre buildings et oeuvres d'art pour le 55ème SketchCrawl à La Défense

[ par Urban Sketchers Paris ]

 


Le 55ème SketchCrawl s'est déroulé à La Défense par un temps gris, venteux et un peu frais. Mais la quarantaine de sketchers ne s'est pas découragée et a pris à bras le corps ce challenge fait d'immeubles aux centaines de fenêtres, de sculptures monumentales aux couleurs éclatantes et de grues de travaux!
Le journée a commencé par un petit café réconfortant, les forces prises, les sketchers se sont éparpillés sur l'esplanade de la Défense. Certains se sont attaqués au Pouce de César, d'autres au Grand Stabile Rouge (dit l'Araignée Rouge) de Calder et les derniers ont aimé jouer avec les reflets du bassin Takis.
Pour le déjeuner, les plus courageux ont pique-niqué sur la pelouse sous un doux rayon de soleil, alors que les frileux se sont restaurés à la cafétéria.
L'après-midi, les nuages gris ont envahi le ciel et ont permis de jouer avec une grande gamme de gris colorés! L'arche de La Défense devient alors le cadre idéal à ces expérimentations.
La journée s'est terminée dans un café pour un Drink and Draw chaleureux et riche en discussions et partage de dessins.


Vivement le prochain SketchCrawl et d'ici là, n'hésitez pas à nous rejoindre pour dessiner. Tous nos rendez-vous sont sur le groupe de discussions de Urban Sketchers Paris sur Flickr.
Merci à tous pour votre participation et pour vos magnifiques dessins!

lundi 1 mai 2017

Se vende!

[ par Claire Archenault ]


Xativa, un petit bourg proche de Valencia, Espagne, une région magnifique et à l'abandon  Tout est à vendre là-bas!   Mes couleurs d'aquarelle ont fondu dans mon sac à dos, je n'ai que très peu noté mes impressions visuelles. J'étais en bonne compagnie, avec échanges de vie et de paroles,  mais impossible de me concentrer sur le reportage en dessin.
Xativa, little town near Valence, Spain, beautiful country , but deserted, one of 10 houses to sell!
My water-paintings deleted by the sun , I was with very proximate friends, to exchange about life  and stories of each one, , I did not was concentrated on drawing report!Absoluty not!

a coté de chez moi ,  Paris 20 
De retour à Paris, j'ai posé mon sac à roulettes, et fait un petit croquis tout près de chez moi, avec les immeubles 1930 qui pavanent et  en fond de scène, l'hôpital Tenon
Back home, I just   desired  to draw the beautiful Parisian buildings , in a minimalist expression,  with the glance of  spanish space and  sky...

samedi 29 avril 2017

Café du coin dans le 12ème arrondissement de Paris

[ par Marie Christine Compan ]




Je continue d'explorer mon nouveau quartier avec un petit carnet au papier fin et qui ne permet pas l'aquarelle. Les jours se font plus longs, et permettent un croquis le soir après le travail. Voici le 1er dessin fait dehors depuis septembre, mais il faisait trop froid pour s'éterniser.

mercredi 26 avril 2017

Sous le métro à la station Jaurès

[ par Sophie Voisin ]


Ce samedi de début mars avait un petit air de printemps. Partie croquer vers le métro Jaurès avec quelques amies, j’ai bien vite enlevé écharpe et polaire pour profiter de cette douceur inattendue. Le dessous du métro aérien me rappelle Castlefields et le dernier symposium à Manchester. En un peu moins impressionnant – plus familier aussi.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas dessiné à la plume, la sensation est incomparable. La souplesse de la plume, le grattement sur le papier. Et le sujet s’y prêtait : les structures métalliques, et la circulation continue du carrefour, voitures, piétons, vélos.


L’après-midi, la séance de dessin s'est poursuivie sur le quai de Valmy. A l’abri du tumulte. Les bords du canal s’ourlent de jeunes gens, des dessinateurs nous dessinent en train de dessiner… Il y a de la douceur dans l’air. Le printemps revient !

dimanche 23 avril 2017

Petite balade dans Paris à la recherche de Rodin

[ par Martine Kervagoret ]




Ma balade commence avenue des Gobelins devant cette façade sculptée par Rodin alors qu'il était jeune étudiant aux beaux arts. Elle évoque pour moi d'agréable souvenirs, c'était il y a quelques années mon cinéma préféré.

A quelques stations de métro de là, au croisement du boulevard Montparnasse et du boulevard Raspail se dresse la statue de Balzac. Dans cette œuvre Rodin a voulu mettre en exergue la force créatrice du romancier mais quand on la regarde on peut imaginer l'immense tollé qu'elle a provoqué !


Un peu plus loin rue de Varenne, j'adore le charme du musée Rodin et de ses jardins, le sculpteur y a vécu les dernières années de sa vie. Le soleil étant au rendez vous, j'ai préféré ce jour là dessiner le Penseur dans le jardin.


Le grand Palais célèbre actuellement le centenaire de la mort du sculpteur, il y avait beaucoup de monde, c'était le début des vacances scolaires, je me suis trouvée un petit coin tranquille pour dessiner cette assemblage étrange, le masque en plâtre de Camille Claudel avec la main d'un des bourgeois de Calais.Cette exposition se termine le 31 juillet 2017.

jeudi 20 avril 2017

A la Recyclerie dans le 18ème arrondissement

[ par Agnès Selles ]

Cette après midi là nous étions cinq sketcheuses à nous retrouver à la Recyclerie. La Recyclerie est l'ancienne gare Ornano de la Petite Ceinture, transformée en 2014 en café-cantine, ferme urbaine, atelier de réparation etc. Un lieu accueillant et pratique pour dessiner au chaud pendant l'hiver.
Arrivée en avance, je me suis installée dans un des fauteuils de la mezzanine pour croquer les quelques personnes qui y déjeunaient encore.


Puis, des tables s'étant libérées, c'est au rez de chaussée dans la grande salle que nous avons pu établir notre QG ! Pour certaines c'était l'occasion de poursuivre leur défi : "One week 100 people". On était jeudi, l'avant dernier jour.
Chacune a choisi sa prochaine victime (modèle !) et le choix était vaste : étudiant devant son ordi, copines en vadrouille,détente entre collègues, dormeur sur son fauteuil. Même ceux qui nous ont repérées ont joué le jeu!
L'un d'entre eux a fait l'unanimité : cet homme à droite, au front dégarni mais aux tempes bien fournies, pull rose, broche en toile d'araignée, et qui parlait tout seul en écrivant au feutre rouge. Nous l'avons baptisé : "Le Prof de Philo". Merci à lui pour sa participation involontaire !

lundi 17 avril 2017

Le 55ème SketchCrawl, c'est samedi 22 avril à La Défense!

[ par Urban Sketchers Paris ]


 [Marion Rivolier]
Le 55ème World Wide SketchCrawl aura lieu le samedi 22 avril à la Défense.

Voici les rendez-vous que nous proposons pour la journée :

10h30 : cafétéria Monoprix à l'intérieur du CNIT juste à gauche de l'entrée ( accès : métro ligne 1 ou RER ligne A - arrêt la Défense (Grande Arche) - sortie 5 Calder-Miro)
13h : pique-nique place de la Défense (pelouse à côté de l'araignée rouge de Calder). Pour ceux qui ne souhaiteraient pas pique-niquer, la cafétéria Monoprix peut être une solution de repli. Il est possible d'acheter son sandwich dans l'un des nombreux stands de nourriture du centre commercial les 4 temps.
(Des WC publics gratuits sont situés au CNIT ou aux 4 Temps)
17h : Rendez-vous au Café de la Place toujours à l'intérieur du CNIT (impossible de réserver, on prendra les tables en terrasse au fur et à mesure de leur disponibilité).

Le SketchCrawl est ouvert à tous, anciens et nouveaux, débutants ou non. Pas d'inscription demandée, il suffit de se rendre le jour J au rendez vous.

The 55th SketchCrawl will take place on Saturday April 22 at La Defense (Metro: Line 1 or RER A : La Defense (Grande Arche)

10:30 am : at Monoprix Café inside the CNIT building
13 pm : we will have a pique nique at the Place de la Defense (lawn very close to Calder's red Spider) (it's possible to buy some food inside the shopping centre - les 4 Temps)
5pm : at Le Café de la Place (inside the CNIT again) where we will wrap up the day together looking at our sketchbooks.


[Anne Weber]

vendredi 14 avril 2017

Splendide dimanche pour le lancement de #usk10x10 !

[ par Urban Sketchers Paris ]



Et voilà, #usk10x10 est lancé pour Paris!
Nous avons passé un splendide dimanche à observer, analyser, comprendre, noter, décortiquer, dessiner et peindre pendant les Workshops de Jérémy Soheylian et de Isabelle Corcket. Marion Rivolier, organisatrice de l'événement, a testé ses progrès en anglais (!) en traduisant à nos participants non-francophones, a fait pas mal de photos et quelques croquis des croqueurs!


Dans le premier workshop, Jérémy a guidé les participants dans la compréhension d'une architecture (complexe!) dans la Cour Carrée du Louvre. Le soleil radieux dessinait parfaitement de superbes ombres qui ont aidé à donner à voir les modénatures des colonnes et pilastres.


Peu à peu, chacun s'est rapproché du détail qui l'intéressait, l'a dessiné d'une ligne claire et fluide, d'une seule traite et y a ajouté un léger lavis de terre d'ombre mélangée à un peu d'outremer pour lui donner du volume.


Le deuxième workshop a eu lieu Passage Richelieu : Isabelle a demandé à chacun de s'intéresser aux ombres et lumières et comment elles façonnent et modifient la perception de l'architecture. Elle leur a aussi proposé de composer du texte (enseigne et typographie) avec le dessin pour exprimer l'idée de "rentrer" dans le Passage. A l'intérieur du Passage, là où le contraste était le plus fort, elle leur a proposé de créer de la lumière en retirant de la matière plutôt qu'en en ajoutant!


Le dernier exercice permettait d'exprimer la "sortie" du Passage par les ombres propres et les ombres portées.
Merci à toutes et tous pour votre participation, vivement la prochaine session qui aura lieu le dimanche 30 avril!
Et n'oubliez pas #usk10x10 pour partager l’événement sur les réseaux sociaux!

mardi 11 avril 2017

Croquer 100 parisiens en un semaine : le challenge !

[ par Anne Weber, Marion Rivolier  et MatLet ] 


En mars, Liz Steel et Marc Taro Holmes ont lancé un défi à la communauté des Urban Sketchers : croquer 100 personnes en une semaine ! Pourquoi ce défi ? D'abord pour se motiver tous ensemble, car si tout le monde sait qu'une des meilleures façons de progresser est de pratiquer tous les jours, il n'est pas toujours évident de s'imposer une telle discipline. Ensuite, pour changer un peu de nos habitudes : pendant cette semaine, on oublie les monuments historiques, les perspectives complexes, les couchers de soleil... et on pratique le portrait, l'anatomie, les gens en mouvement !
Anne, Marion et Mat ont relevé le défi et nous racontent leur expérience.
(Retrouvez le travail de la communauté sur les réseaux sociaux avec le hashtag #OneWeek100People2017
Anne Weber



Ayant davantage l'habitude des croquis d'architecture, 100peopleOneWeek s'annonçait comme un réel challenge. Je me suis fixé comme objectif de faire des visages réalistes plutôt que ressemblants et je me suis limitée à deux types de lieux, café et metro complétés avec quelques "portraits de famille" pour tenir le rythme.
Au bout du compte, objectif à peu près réussi, j'ai notamment compris où placer les oreilles pour éviter les têtes trop plates. Par contre, j'aurai aimé utiliser davantage d'outils que le feutre noir et intégrer plus de couleurs, ce sera pour l'année prochaine !
Marion Rivolier


Suivre la proposition de Liz Steel et Marc Taro Holmes a été un véritable plaisir mais aussi un vrai défi. Je ne me rendais pas bien compte de la quantité de travail que cela impliquait de dessiner 100 personnes en une semaine (en réalité, cinq jours). J'ai décidé de travailler sur un carnet dédié, un carnet Moleskine aquarelle petit format (9x18cm) en vertical et d'utiliser plusieurs médiums : feutre, stylo plume, encre et aquarelle que j'utiliserai en fonction du temps et du confort à disposition.

J'ai beaucoup pris le métro et le train ce qui m'a permis de tuer le temps en dessinant. J'ai aussi profité des badauds et voyageurs de la Gare de Lyon, en soirée, quand je n'avais pas réussi à faire mon « quotas » quotidien (20 silhouettes par jour). Même si mon carnet était vraiment petit, je tenais à composer les personnages dans le format et à créer une ambiance, tant par la couleur que par les différentes échelles de dessin.

Ce challenge a été intense et passionnant car lorsque l'on dessine vraiment TOUS les jours, on progresse et on découvre énormément. On ne craint pas de rater une silhouette car on sait que l'on va tout de suite enchaîner sur une autre. On essaie, on se remet aux hachures (ce que je n'avait pas fait depuis des mois!), on cherche une couleur de peau ou une lumière avec des moyens très réduits et parfois dans des positions très inconfortables. Bref, une belle semaine que j'ai prolongée la semaine d'après pour terminer mon carnet !
MatLet


Contrairement à beaucoup de sketchers, je me sens plus à l'aise pour dessiner les gens que les bâtiments ou les paysages. Ce challenge n'allait donc pas forcément me faire sortir de ma zone de confort... Sauf que je l'ai entamé avec deux handicaps de taille !
D'abord, je n'ai entendu parler du challenge que le lundi soir, quand tout le monde a commencé à poster ses dessins. Je partais donc avec un jour de retard.
Ensuite, la semaine du challenge, j'étais en formation toute la journée, avec peu de transports en commun et de temps libre.
Pour garder la moyenne de 20 personnes croquées par jour, j'ai donc mis au point ma stratégie : croquer une personne par arrêt lors de mes trajets (8 arrêts aller, 8 arrêts retour) et 4 personnes de ma formation chaque jour !
J'ai pu atteindre mon but en faisant du noir et blanc intégral, ce que je n'avais jamais essayé et qui s'est révélé très agréable. Par contre, impossible de rattraper mon jour de retard, j'étais donc à 80 personnes quand le challenge s'est terminé... Mais ce n'est pas bien grave, j'ai pu reprendre mes croquis de gens à un rythme un peu moins effréné et je sais maintenant à quoi m'attendre pour OneWeek100People2018 !

vendredi 7 avril 2017

Un samedi à Paris : repérage #usk10x10 / Stories

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]



Après avoir animé toute la matinée un stage de Croquis urbain in situ sur le Pont des Arts, j'ai profité du soleil pour repérer les lieux en vue de mes deux prochains workshops pour les 10 ans d'Urban Sketchers : 10 Years x 10 Classes. Une belle aventure à croquer !

Je suis d'abord allée Gare de l'Est pour le Workshop intitulé "Les gens qui voyagent, flux urbains".
Un workshop consacré à l'expression graphique des flux et des déplacements.
Installée à la terrasse du Starbuck, j'en ai profité pour observer les allées et venues des voyageurs, baignés de lumière sous la verrière magnifique. Une famille indienne me filme sous toutes les coutures en train de croquer et le petit garçon me demande en anglais : "Mais comment tu fais pour copier ce que tu vois ?".
Moi : "Je ne copie pas, je regarde...".
Bref, je dessine vite fait le temps d'un expresso vite avalé : les jeux de lumière sont fascinants et mettent en vibration les gens qui passent.
A l'extérieur, je tombe sur un spot fabuleux pour la partie "outside" du workshop : des voitures, des bus, de la perspective, un carrefour... et de la place pour nous installer confortablement !

Je traverse ensuite le jardin Villemin pour me retrouver sur les bords du canal saint-Martin à la recherche de belles matières de murs pour mon second workshop : "Murs d'expressions".
Un atelier inédit pour travailler in situ davantage sur l'expression plastique des textures et des matières que du croquis en lui-même.
Quelques mètres plus loin, je tombe sur la perle rare...
 Un mur décrépi, recouvert de graffitis et d'affiches. la matière idéale ! J'installe mon petit atelier sur le trottoir sous les regards curieux des passants. 
Quel plaisir de conjuguer mon travail de plasticienne avec celui de l'observation in situ. 
Je lacère, je déchire, je colle, je patine, j'éclabousse, je gratte, je ponce, je racle... Des gestes plus habituels en atelier qu'à l'extérieur, mais on y arrive très bien. 
But du jeu : recréer la matière du mur. passionnant !

Inspirée par les collages in situ d'Ernest Pignon Ernest, je croque de manière plus habituelle ce coin de rue, pour intégrer ensuite le sketch à ma matière de mur.


Puis je patine et lacère à nouveau l'ensemble. 
J'ai hâte d'expérimenter à nouveau ces techniques dans la rue, quand le croquis se mue en tableau.