jeudi 7 décembre 2017

L’Académie de la Grande Chaumière, un lieu chargé d’histoire

[ par Sophie Voisin ]



« La Grande Chaumière », ce seul nom est évocateur de la vie artistique dans le Paris du début du 20e siècle. Non seulement pour les parisiens mais aussi pour nos amis d’Outre-Atlantique. C’est ainsi que j’y ai accompagné Laura, venue du Connecticut pour découvrir le Paris des artistes.
Nous voilà donc un lundi après-midi dans l’atelier libre de modèle vivant : une estrade tendue de tissu cernée par les barres d’appuis et les tabourets, un poêle (éteint), un enchevêtrement de chevalets et ici et là, sur des étagères, quelques peintures de facture très classique. La pièce n’est pas très grande mais très lumineuse du fait de la verrière qui longe le mur arrière.
Ce jour-là pas de professeur, mais – surprise – pas de modèle non plus. Après un quart d’heure d’attente, un remplaçant est trouvé. Le jeune homme pose avec application, mais le lieu m’intéresse plus que le modèle.


S’y retrouvent un peu tous les âges. Il y a les habitués, qui payent au ticket. Et les oiseaux de passage, qui payent en liquide. Plus quelques-uns (est-ce volontaire ou fortuit ?) qui partent avant le l’arrivée de l’encaisseur. L’atmosphère est studieuse, les téléphones silencieux. La jeune génération, mobile, travaille debout pour changer plus facilement de point de vue.
J’ai eu le sentiment – pas désagréable – de remonter le temps. Le temps de mes premières études d’art.

1 commentaire:

  1. J'y retourne en ce moment... un petit sentiment d'être dans une autre époque. Il faut que je dessine le poele en fonte (?), remplacé par les radiateurs électriques. Un bel article.

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