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lundi 27 novembre 2017

La joie des rencontres des Urban Sketchers !

[ par Tula Moraes ]



                                                                                                               Dessin au feutre de Dotun

La première fois que nous avions croisé Esmeralde de USK Barcelone, c’était lors du workshop 10x10 proposé cette année. Elle nous contacte et nous annonce qu’elle fera une escapade de trois jours, dans notre ville et hop!! C’est parti.

L’hiver est déjà au rendez-vous et nous dessinons sur le vif à l’intérieur et à l’extérieur, on lui propose donc une rencontre au Musée des Art et Métiers, pour info: les nocturnes sont gratuites tous les jeudis, sortie à ne pas rater si vous aimez dessiner les machines. Je m'assois à côté de Dotun, je le vois faire danser son feutre noir et ses traits délicat sur son carnet,personnellement je me bats pour faire sortir de mon carnet un dessin qui ressemble à quelque chose, je commence par les avions, je passe aux voitures, et je croise une belle dizaine des urban sketchers motivés devant les vélos, je m’étale devant une magnifique caravelle… Marion me voit désespérée et essaie de me motiver mais il va falloir que je revienne dans une autre nocturne.

                                                                                                Aquarelle de Tula Moraes


                                                                           Gare de Lyon - Dessin de Fawa Conradie

On se quitte en se donnant rendez-vous pour samedi matin à Gare de Lyon. A 10 heures du matin devant le train bleu, les urbans sketchers parisiens rencontrent non seulement Esmeralde mais aussi Pierre d’Aix en Provence et Fawa Conradie de Steleenbosch en Afrique du Sud. Tout de suite le rendez-vous dans ce samedi frileux devient un moment de dépaysement, on échange nos carnets, le langage du dessin est tellement parlant qu'il nous semble plus que naturel de communiquer dans toutes les langues …. un mot en espagnol, trois en anglais et on mélange avec le français.


                                                                      Intérieur de la Gare de Lyon - dessin d' Agnès Selles

Il y en a que préfèrent rester à l'intérieur de la gare, d'autres s'aventurent sur la façade, la tour de l'horloge... Agnès est assise parmi les voyageurs en attente, elle apprécie dessiner la vie qui grouille dans la gare. Le bruit général, les annonces au micro, les gens qui discutent et se disputent autour d'elle font comme une bulle qui l'aident à se concentrer.


                                                                                                        Aquarelle et feutre de Esmeralda

Moi je me concentre à ce qui se passe aux alentours de la gare, le quartier vit une reconstruction silencieuse, les grues et échafaudages attirent mon attention.

                                                                    Rue Crémieux par Tula Moraes

                                                                             Tula Moraes
Nos mains sont gelées, on se réchauffe devant un délicieux chocolat chaud, on reprend des forces et les moins frileux partent à la Rue Crémieux à la recherche des couleurs.
La joie d’être un urban sketcher s’instaure, dessiner ensemble, partager nos dessins et nous encourager les uns les autres.
Et vous quand venez-vous dessiner avec nous?


                                                                        les voyageurs de la Gare par Marie Christine Compan


                                                                        Les grands sourires joyeux de Fawa, Esmeralde et Tula

mardi 23 mai 2017

À Paris, procès de braqueurs-djihadistes

[ par Brigitte Lannaud Levy ]



En ce début d'année, j'ai eu la chance de bénéficier d'une accréditation de dessinatrice pour le procès de quatre hommes jugés devant la cour d'assises spéciales de Paris pour braquage et djihadisme. J'ai pu ainsi dessiner ces audiences sous haute tension dans des conditions optimales. Installée dans le carré réservé aux journalistes, juste en face du box des détenus, armée de mon grand carnet de Moleskine 21x29, j'ai saisi sur une double page cette impressionnante salle Voltaire située dans le vestibule de Harlay du Palais de justice.


L'un des accusés, supposé schizophrène, les yeux dans le vagues, comparaissait libre. Il semble avoir été entrainé malgré lui dans cette terrifiante affaire et se montre accablé par les charges qui pèsent sur lui. Il risque de partir en détention de longue durée à l'issue du procès. L'autre, dans le box est un ancien braqueur radicalisé en prison, c'est lui le chef de gang. Refusant de s'expliquer, il est resté muré et prostré dans son silence. Seules les écoutes téléphoniques retranscrites nous permettront d'entendre sa voix et ses funestes intentions. La salle tremble des projets de tuerie qui sont les siens et dans lesquels ils voulaient entraîner ses acolytes.


Le Président de la cour mène les débats avec une grande maîtrise et beaucoup de clarté dans l'exposé des faits. La haine des accusés pour l'occident est telle qu'ils souhaitaient braquer un "butin halal" dans un bureau de poste pour financer le terrorisme et assassiner à l'arme de guerre des "coufards" ou mécréants, plus particulièrement des enfants comme l'avait fait leur idole Mohamed Merah en mars 2012. Terrifiant. Mon crayon en tremble.


Dernier jour d'audience, je change de point de vue et me place dans le public pour saisir la cour de face. Celle-ci est composée uniquement de magistrats. C'est toujours le cas dans le cadre d'affaires liées au terrorisme. Je change de support et dessine à l'encre sur une planche de papier lisse bookbinders design. Je sors accablée de cette semaine éprouvante de procès. Ces terroristes là, ont été arrêtés et condamnés à temps avant leur passage à l'acte, mais qu'en est-il des autres restés dans l'ombre?...glaçant.