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mercredi 29 avril 2020

Le grand bazar

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]



L'annonce du confinement m'a coupé le souffle et les ailes.
J'ai entamé une descente en moi-même à travers des chemins bien sombres et tortueux. Je me suis perdue parmi les décombres de mes projets réduits en miettes. Ma vie a volé en éclats de larmes.
La maison est devenue cocon-prison. Et moi, une toute petite chenille rêvant de s'envoler comme un papillon.
J'ai dessiné les enfants, mon mari, le chat en me cachant pour pleurer.

Je suis descendue à la cave rechercher le souvenir d'avant. Blotti dans la pénombre, un joyeux bazar où se bousculent encore les cris des enfants me redonne le sourire.
Les vestiges d'autres vies calfeutrés dans des boîtes, la mémoire de tout ce que je n'arrive pas à jeter, mon histoire se dessine.
Je me dis que bientôt, tout bientôt, j'enfermerai le confinement à double tour de scotch dans un carton et le balancerai tout au fond de mon esprit.

Plus qu'un mauvais souvenir.

lundi 10 juin 2019

Urban Sketchers Paris au festival du carnet de voyage et de reportage à Brest

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]


[les Capucins, aquarelle, Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Cette année, le festival du carnet de voyage et de reportage prend place aux ateliers des Capucins à Brest, réhabilitation des anciens arsenaux où l’on fabriquait des éléments de bateaux pour la Marine Nationale. Pour s’y rendre, on peut prendre un téléphérique après avoir descendu la rue de Siam ; ou traverser par le pont de Recouvrance. Les bâtiments sont très beaux, immenses, c’est aéré et spacieux. Avec mes collègues d’Urban Sketchers Paris, nous arrivons le jeudi en début d’après-midi. On met un temps fou à cleaner notre stand et à installer la toile d’araignée blanche qui donnera un peu de cachet à notre espace. C’est long et fastidieux. Mais l’on doit activer la cadence car sinon on ne finira jamais à temps... pinces, pâte à fixe, ficelles, on fixe, on accroche, on pince à tout va! Et enfin, on boit un coup pour le vernissage. On fignolera demain.
Il est temps d’aller manger des crêpes!

[le stand Urban Sketchers Paris]
Le lendemain, arrivée sur le stand, on finalise, on fignole, on coupe se qui dépasse. La toile d’araignée prend enfin forme et c’est plutôt pas mal! Le travail d’Urban Sketchers Paris est présenté à l’extérieur, grâce à de grands panneaux imprimés, des repro de dessins et des photos et quelques flèches rigolotes. La toile d’araignée met en valeur nos travaux personnels à l’intérieur.

[les Capucins et le stand Urban Sketchers Paris, aquarelles, Brigitte Lannaud Levy]
Brigitte Lannaud Levy:
Tonnerre de Brest quelle aventure! En Quimpéroise, je n’imaginais pas arriver un jour à un Festival de carnet de voyage dans un ancien arsenal par un téléphérique. Je l’ai appelé le "périphérique" tout le séjour ce qui a bien fait rire mes camarades. Marion Rivolier a eu l’excellente idée de nous faire tisser des cordes, des filins en tous genres pour composer une sorte de toile d’araignée pour y accrocher nos réalisations. Grâce à cette inventive scénographie, notre stand avait une allure très graphique et nous l’avons toute croqué. Dans un leporello Sennelier j’ai tenté de saisir ce cocon de fils tissés qui se faisait l’écho des barres d’aciers et tubes entremêlées de la structure métallique des Ateliers des Capucins. Mais pas facile d’aller au bout des pages en accordéon tant il y avait de visiteurs avec qui échanger et d’évènements artistiques à ne surtout pas rater.

[ magnifique concert dessiné, le Voyage de Rézé]

 [Marielle Durand et Marion Rivolier en démo]
Notamment ce concert dessiné du « Voyage de Rezé » où nous avons croqué dans le noir les musiciens et avons vu nos dessins projetés sur grand écran derrière le groupe sur scène en fin de concert. Autre joli souvenir, ces superbes démonstrations de sketching réalisées par Marion Rivolier et Marielle Durand en direct devant un public littéralement fasciné par tant de maîtrise de la part de ces deux artistes, chacune dans son style. Ici ce sont de précieux liens qui sont tissés que ce soit avec les visiteurs ou entre artistes.
Kenavo ar vechal !

[Tissus et toile d'araignée, aquarelle, Claire Archenault]
Claire Archenault:
Grand moment de partages et d'émotions, le Festival Ici et Ailleurs .
J'ai fait plusieurs croquis, y compris dans le noir avec une grande émotion.
Notre stand exclusivement féminin, par hasard ? a retenu l'attention de nombreux visiteurs
Faut dire qu'on avait bossé pour le rendre à l'image de sa scénographe, Marion Rivolier
Batman n'a pas osé rentrer, pourtant, il aurait été bien accueilli !
Des belles gonzesses!
C'est sans doute la pleine lune et l'iode qui lui ont fait peur, voir le téléphérique au-dessus de la Recouvrance …

[Echanges, bavardages, dessins et aquarelles dans notre stand]

[Notre stand dans les ateliers des Capucins, aqurelle et encre, Delphine Priollaud-Stoclet]
Delphine Priollaud-Stoclet:
Quand Marion m’a proposé de participer au Festival Ici et Ailleurs à Brest, j’ai sauté de joie et sur l’occasion.  Certes, j’ai échappé au tissage de la belle toile d’araignée sur laquelle venaient s’accrocher nos croquis parisiens suite à des impératifs professionnels m’empêchant d’être présente pour l’accrochage, mais je me suis rattrapée en démêlant une grosse pelote de ficelle pleine de nœuds!
Marion a orchestré notre stand de main de maître, Brigitte nous a fait une com’ d’enfer et le lumineux sourire de Claire irradiait tout comme l’énergie d’Agnès.
Quand Paris rencontre la Bretagne, ça a du style et du caractère, surtout en marinière !
Entre cafés serrés, apéros à répétition, égarements nocturnes dans les rues de Brest (pourquoi il est de plus en plus haut le pont ?), bavardages avec les visiteurs, belles rencontres, dégustation de crêpes, découverte des autres stands magnifiques, fous-rires mémorables, je n’ai pas vu passer mon week-end breton.
Il faisait un temps magnifique sous les verrières des Capucins et le soleil illuminait le ciel comme le coeur des organisateurs qui nous ont accueillies si chaleureusement.

[caricature d'Agnès (de Pierre Amoudry), portraits et ateliers, Carnet d'Agnès]
Carnet d'agnès:
Je n’avais jamais participé à un festival. Je n’avais jamais mis les pieds à Brest.
Quand Marion m’a proposée de faire partie de la fine équipe, j’ai été extrêmement flattée. Sautillante d’excitation pour cette nouvelle aventure.
L'Atelier des Capucins, est une architecture grandiose absolument incroyable et intimidante.
Les trois jours suivants sont un tourbillon de visites, de partage, de compliments, d’intérêts, de dessins… Ils ont permis de belles rencontres et des échanges extrêmement riches. Avec les visiteurs, nombreux et intéressés, des gens de passage, des habitants de la région et même des passionnés venus de loin. Avec les autres exposants : des inconnus dont je découvre le travail avec grande attention, des familiers que j’apprécie de longue date et d’autres artistes que je suis sur Instagram et que j’ai la chance de rencontrer enfin « en vrai ». Et avec les organisateurs, d’une grande disponibilité, d’une énergie positive et bienveillante, aux petits soins pour que tout se déroule à merveille.
Ce fût une belle émotion. Je ne sais pas qui était le plus enchanté, du public ou de moi.
Je reviendrai à Brest.

[les Urban Sketchers sont à Brest! photo de Roswitta Wiehl Guillemin]
Un très grand merci à l'équipe organisatrice ENKI qui nous a accueillie avec grande générosité, à Guillaume Duval pour son invitation enthousiaste et à bientôt, à Brest, pour de nouveaux échanges riches et chaleureux!

lundi 13 mai 2019

Urban Sketchers Paris est à Brest du 17 au 19 mai!

[ par Urban Sketchers Paris ]


Le groupe Urban Sketchers Paris sera à Brest pour le 9ème festival des carnets de voyage et reportage du 17 au 19 mai 2019. Nous présenterons nos dessins, activités, actions et événements passés et à venir.
Cette année, le festival s'installe aux Capucins, très bel espace rénové et convivial.
Au plaisir de vous y rencontrer et de partager avec vous!
avec Marion Rivolier, Brigitte Lannaud Levy, Claire Archenault, Delphine Priollaud-Stoclet et Carnets d'Agnès.

lundi 6 mai 2019

Work in progress : ZAC Tolbiac Paris Rive Gauche

[ Par Delphine Priollaud-Stoclet ]



J'ai fait connaissance avec le quartier Tolbiac pendant mes études d'architecture, il y a 25 ans. 
A l'époque constitué d'un tissu urbain mal défini, il offrait une succession de rues bordées d'immeubles dépareillés et de friches industrielles à l'abandon.
Je me souviens des heures passées à relever le bâti, à photographier, à envisager le devenir d'un quartier plutôt triste et mal-aimé coincé entre le boulevard périphérique, les quais de Seine (côté moche) et les voies de chemin de fer, où pas grand chose se passait.
Aujourd'hui, on se promène avec grand plaisir à travers une succession de façades contemporaines et inventives, de circulations douces, de jardins éco-responsables, de bistrots à smoothies et de concept stores. On dirait le Lower East Side à New-York,  ou bien Chelsea.
En pleine mutation, le quartier a su passer d'une triste et morne vieillesse à une jeunesse éclatante de vitalité ! Et ce n'est pas fini, comme en témoignent le ballet des grues et les palissades de chantier bien présentes.
J'ai donné rendez-vous à mon éditrice à la Felicita. Blotti dans l'ancienne Halle Freyssinet, le lieu fourmille, idéal pour refaire le monde (et un livre) en buvant un café dans une porcelaine anglaise, sous des ballons géants de toutes les couleurs. 
Inspirant !


lundi 4 février 2019

Dessins et performances à la Bibliothèque Forney pour la Nuit de la Lecture 2019

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]



Marion Rivolier 
Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à croquer la Nuit de la Lecture à la Bibliothèque Forney.
Nous étions une bonne vingtaine à braver le froid et l'humidité de ce samedi soir. Mais l'ambiance dans la bibliothèque était très chaleureuse.
J'ai commencé par une aquarelle de la performance, "On lit ou on regarde un dessin?" du collectif Les Traces Habiles: trois conteurs, en mouvement, disaient des textes sur le dessin et la création alors que l'artiste Olivier Marty dessinait en direct. C'était intense et dynamique, pas un moment de répit.


J'ai pris quelques photos au fur et à mesure de la performance. Puis nous avons assisté à une intervention poétique, jouée et dansée, déambulatoire dans trois lieux de la bibliothèque, par la Compagnie Le Monde Devant, dont vous découvrez les dessins de Sylvain, ci-dessous.




Sylvain Cnudde 
J'ai bien connu la bibliothèque Forney lorsque j'étais étudiant, pour avoir travaillé sur un projet fictif de logo et de charte graphique pour le lieu et les expos qui y sont organisées. Aussi, lorsque Marion m'a proposé d'y dessiner lors de la nuit de la lecture avec les Urban Sketchers Paris, je n'ai pas pu résister à l'envie de revenir dans ce lieu magique qu'est l'Hôtel de Sens.
Habitué à dessiner des concerts noise/rock dans les caves de bars parisiens, je n'ai pas trop été dépaysé lorsqu'il s'est agit de croquer un contrebassiste dans les escaliers. Ça s'est un peu corsé lorsqu'il a fallu essayer de capter les mouvement de la danseuse contemporaine qui l'accompagnait. Mais ça m'a fait travailler davantage ma gestuelle et ma mémoire visuelle immédiate.



Les phases de lectures étaient de fait plus calmes et laissaient plus de temps pour détailler les dessins. Mais je me suis toutefois aperçu que j'avais beaucoup de mal à dessiner et écouter en même temps ce qui se disait ! Heureusement qu'il n'y avait pas d'intéro surprise à la fin, on m'aurait encore dit que je passais mon temps à gribouiller dans les marges au lieu de prendre des notes !



Annick Botrel 
La bibliothèque Forney, spécialisée dans les métiers d'art et techniques, n'est autre que l'ancienne résidence des archevêques de Sens. C'est l'un des plus beaux hôtels particuliers parisiens et un rare témoin de l'architecture médiévale civile.
J'ai donc choisi de dessiner cette nuit de la lecture, non en fonction des interventions plastiques proposées - encore moins des lectures ;) - mais plutôt par rapport à l'espace somptueux de la salle du premier étage. Je n'ai vraiment pas eu, comme certains courageux, l'envie de croquer en plein froid la cour intérieure. Une autre fois, sous une température plus clémente.
C'est le contrebassiste et la liseuse costumée devant l'étonnante balustrade gothique qui m'ont inspirée. Le violet de la robe faisait un écho intéressant à la couleur chaude de la contrebasse. Et ces deux-la ne bougeaient pas trop ! Il suffisait de mémoriser les attitudes du musicien.
En revanche, la danseuse, au corps svelte et noir et au petit minois de souris, était captivante. Animée par la lecture des participants, elle ondulait. Vraiment impossible pour moi à figer.En tous cas, un vrai plaisir de dessiner dans cet endroit chargé d'histoire, la nuit tombée.


Delphine Priollaud-Stoclet
Jet d'encre
Je me suis laissée dessiner au rythme des mots, des respirations, des chuchotements, des mouvements de corps et d’esprit qui animèrent ce soir-là la Bibliothèque Forney.
L’encre et l’aquarelle écrivaient davantage qu’elles ne décrivaient, à toute vitesse. Je rature, reprends, laisse en suspens une ligne, une tache. Tant pis.
Le présent bascule à toute vitesse dans le passé.
Le dessin reste, comme il est.

Terminons par une photo de groupe, tout le monde n'est pas présent mais cela fait un beau souvenir!
A bientôt pour de nouveaux rendez-vous.

lundi 10 septembre 2018

Porto 2018, un Symposium haut en couleurs, du côtés des participants !

[ par Delphine Priollaud-Stoclet et Tula Moraes ]




Delphine:
Avant Porto, j'avais participé à quatre Symposiums USk :  Paraty, Singapour, Manchester et Chicago, en qualité de prof pour donner des démos ou animer un workshop. Une expérience géniale mais stressante ! Je me suis inscrite à Porto comme participante, les mains dans les poches... et l'aquarelle bien en main. Juste pour le bonheur de dessiner pour moi et de partager une aventure humaine collective et intense sans aucune pression.
Je suis arrivée un peu avant, pour  découvrir Porto et tranquillement mes marques. J'aime par dessus tout déambuler en ville toute seule, à mon rythme et j'ai tout de suite adoré les couleurs vives et vivantes de cette ville chaleureuse.
Pour mon premier croquis, je déniche une ruelle dans le quartier de Miraglia, happée par un rayon de lumière. Contrairement à la plupart des très nombreux sketchers qui ont mitraillé de toutes parts à coups de pinceaux et de feutres le Ponte Luis, j'ai préféré aux grands panoramas les coulisses plus discrètes : étroites rues pentues, modestes façades, places excentrées. L'occasion aussi d'échapper à la frénésie "croqueuse" qui s’empara de Porto ces quelques jours, excitante certes, effrayante aussi...


Le Symposium s'ouvre par les inscriptions au hub de rassemblement situé à l'Alfandega do Porto et la distribution d'un "sketchy bag" avec plein de goodies généreusement offerts par les sponsors : aquarelles, blocs, stylos, crayons... On n'a qu'une envie : essayer tout ça très vite ! 
Je participe au premier Sketchwalk, côté Alfandega, séduite par ce bel alignement de façades multicolores aux azulejos scintillants blotties les unes contre les autres. Moi qui déteste croquer les fenêtres et les panoramas, me voilà bien servie ! Mais ce fut un plaisir, comme quoi...  Comme le dit si bien Marion, rien de tel qu'un Porto Tonic pour se remettre de ses émotions pendant la réception d'ouverture.
J'ai assisté le lendemain à la passionnante démo de Renato Palmuti sur l'art de composer, des gris et de l'aquarelle illuminée par les ombres colorées de la fin d'après-midi jetées sur la fontaine aux lions.


J'avais sélectionné mes deux workshops pour sortir de ma zone de confort, histoire de voir ce que pouvaient ressentir mes élèves pendant mes stages.
Gagné ! D'abord le workshop "Pastel sketches, a controlled mess" initialement prévu avec William Cordero mais qui s'est finalement déroulé sous la houlette de Daniel Green. Pas simple de croquer au pastel in situ en ville : on s'en met partout, les pastels s'émiettent... Mais j'ai vraiment beaucoup aimé cet exercice de style vigoureux qui oblige à simplifier et à revoir différemment son rapport à la matière, à la synthèse et au cadrage.


Ensuite, pour le plaisir de travailler avec la pétillante Uma Kelkar dans le cadre de son workshop " Gray Matter ": le but du jeu consistait à utiliser un pigment gris pour relier deux teintes fortement contrastées afin de créer volumes et espaces en employant une technique d'aquarelle la plus directe possible. Big challenge ! J'ai trouvé la démarche très difficile. Même si je n'ai rien produit de montrable, je me suis régalée avec les dégradés préliminaires.
Une vision abstraite de Porto, finalement pas si éloignée de la réalité : des couleurs, des fusions, des rencontres.


Puis c'est au tour de Tula :
Les sketchers se sont fondu dans les bleus d’azulejos portugais.
Porto, une ville à taille humaine, nous a reçu à bras ouverts et l’échange était incroyable, des dessinateurs des tous niveaux confondus, assis dans tous les coins. Beaucoup de plaisir de participer aux différents workshops.


C'est un jeu de couleurs et de valeurs autour des fenêtres que Paul Wang a proposé durant son Workshop. 
Je pense que vous avez remarqué que plusieurs tampons ont été fournis : l'officiel du Symposium avec la tour des Clerigos courbée que l'on retrouve sur la plupart des dessins des participants. Et un autre, assez exceptionnel, celui de Paul (en bas, à gauche)!


Rendez-vous en juillet 2019 pour le prochain Symposium à Amsterdam! Les appels à candidature sont ouverts jusqu'au 7 octobre alors à vos crayons!

jeudi 16 août 2018

Bye bye zone de confort !

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]



Je déteste dessiner à l'intérieur.
Je déteste dessiner dans les musées.
Je déteste dessiner ce qui ne bouge pas.
Je déteste dessiner le détail d'architecture.
Je déteste dessiner des fenêtres.
Je déteste dessiner parce qu'il le faut.
Je déteste peindre avec un pinceau à réservoir d'eau.
Je déteste dessiner en sachant pertinemment que je n'ai pas le droit d'étaler mes aquarelles, mes pinceaux et mon pot d'eau comme j'aimerais.
Je déteste dessiner sous l’œil méfiant d'un gardien de musée.
Je prône souvent la nécessité de quitter sa zone de confort et de bousculer son savoir-faire de temps en temps... On ne peut mieux faire !

J'ai affreusement chaud, pas du tout envie de passer deux heures dans le RER, mes bagages à préparer pour les vacances, mon frigo qui fuit (quid de l'inondation que je retrouverai en rentrant ce soir ?), et la petite voix culpabilisatrice de ma conscience professionnelle qui me chuchote à l'oreille "tu devrais faire un repérage aujourd'hui, puisque pour une fois tu as le temps..."
Et voilà comment un jour de canicule parisienne, je me retrouve à arpenter la Cité de l'Architecture afin de préparer un stage consacré au cadrage qui se déroulera l'année prochaine dans ce magnifique musée.
Je jette d'abord mon dévolu sur la galerie des moulages, en traînant de plus en plus les pieds, écrasée par le poids de tous ces plâtres et de la température qui doit bien avoisiner les 40 degrés sous la verrière. Amusée par l’œil coquin d'un vieillard à longue barbe, je me dis qu'il ferait un parfait premier plan. C'était Moïse.
Ma main se prend au jeu des connections et du détail qui fait mouche. Je me surprends à sourire, tout en dégoulinant littéralement. Et moi qui pensait naïvement en profiter au moins pour dessiner avec la clim'...


Plus haut, la galerie d'architecture moderne et contemporaine déploie ses courbes en accueillant Paris par la fenêtre, qui déboule par effraction pour voler la vedette aux icônes de l'architecture.
J'aurais aimé avoir plus de temps pour essayer d'autres perspectives, mais il faudra se contenter de cette esquisse rapide, alourdie par ce #shittybrush de m... qui empêche de moduler l'eau et le pigment avec cette fluidité indispensable à la perception de l'espace, de la couleur et de la lumière.

De retour à la maison, j'éponge le sol de la cuisine. Une journée sous le signe de l'eau : trop, ou pas assez. C'est selon.

lundi 23 juillet 2018

Et voilà, c'est la fin de notre session 2018 de Usk10x10!

[ par Urban Sketchers Paris ]



Pour le Cours n°9 #usk10x10, intitulé, "Arbres et végétation dans la ville, faire vibrer les contrastes colorés", c'est Marion Rivolier et Anne Carles qui ont convié les participants à peindre au Jardin des Plantes à Paris.
Le cours a commencé par un échauffement au pinceau : apprendre à mélanger ses couleurs et à créer une gamme de verts, du jaune au brun! Et commencer à identifier des verts chauds et des verts froids. Nous avons aussi essayé des crayons de couleurs aquarellables offerts par Faber-Castell qui nous a accompagné tout au long de cette session 2018. Merci beaucoup!



Puis nous avons expérimenté les contrastes de température, chaud/froid pour donner à voir des grandes masses arborées. Après la réalisation d'un cercle chromatique rapide pour identifier les contrastes de couleurs complémentaires, chacun a travaillé sur le rapport de la végétation et de l'architecture.


Super groupe, merci à tous!


Le dimanche 24 juin, c'était la dernière séance de l'année : "Comment capturer le ciel?"
Ou comment aborder un dessin par le ciel peut changer notre perception de l'espace et du paysage urbain. Marion Rivolier et Delphine Priollaud Stoclet ont donné ce cours à La Défense : les tours offrent une très belle découpe du ciel. Les premiers exercices consistaient à apprivoiser ce ciel et à le mettre en scène en valeurs et en couleurs.
Puis il s'agissait d'exprimer les tours, non par la perspective ou la construction, mais par les reflets du ciel. Ce n'était pas simple, mais cela a donné des résultats vraiment intéressants!


L'équipe des Usk10x10 2018, Mario, Delphine, Anne et Laurent, remercient les stagiaires de cette année pour leur participation et leur attention. Nous avons bravé la neige, évité les orages et pris quelques coups de soleil mais nous avons partagé des conversations intéressantes et de jolis moments.

vendredi 4 mai 2018

Improvisation parisienne, 20 avril 2018

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]


Je dessine aux quatre coins du monde avec bonheur... et rarement à Paris, faute de temps quand je pose enfin mes valises at home.
Ce vendredi 20 avril, le ciel est aussi bleu que mon manque de motivation à défricher paperasseries, comptabilité, requêtes et mails en attente. Empoignant mon sac de dessin, je saute dans le premier RER, direction Magenta, sans vraiment savoir où je poserai mes aquarelles. Sans conviction, je me dirige à pied vers la Gare de l'Est et tombe nez à nez avec deux grues paradant au-dessus des voies de chemin de fer. Peu importent les odeurs de pisse et les crachats, impossible de résister.
Puis je me dis que j'irais bien acheter quelques citrons caviar à l'épicerie indienne du passage Brady. Trois citrons et deux pâtes de curry vert plus tard (plus de place pour la sauce tandoori), je débouche dans la rue du faubourg Saint-Denis inondée de soleil. Juste le temps d'un café-croquis, coincée entre deux potes qui évoquent leurs histoires de cul et d'alcool et un clochard accordéoniste. Finalement, c'est très exotique Paris...



Je file ensuite vers le Forum des Halles pour repérer le lieu du workshop "Quand la lumière fait de l'ombre" que j'animerai le dimanche d'après pour le programme USK 10X10 à Paris.
L'occasion de tester rapidement une proposition sur l'étude des contrastes maximums de valeurs autour de l'Eglise saint-Eustache et de la rue du Jour. Pas si simple la balance des noirs et des blancs !


Et pour terminer cette journée improvisée en beauté, je convainc Laurent de me rejoindre pour l'apéro au Chant des Voyelles, rue des Lombards, peignant le ciel qui rosit de bonheur en l'attendant.
Paris vaut toutes les villes du monde.

lundi 15 janvier 2018

Agrippée par la grippe

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]



Rattrapée par l'épidémie de grippe, je suis encore trop épuisée pour mettre le nez dehors... Le virus m'a d'abord attaquée de plein fouet au début de mes vacances à Séville, visitée par 40 degrés de fièvre dans un brouillard semi-comateux entre Noël et le Jour de l'An.
La fièvre a laissé place à une grosse fatigue persistante qui me contraint à tourner en rond à la maison, toujours incapable du moindre effort. L'occasion de porter à l'aquarelle un regard différent sur le bazar qui me sert de bureau partagé avec mon mari, nos piles de bouquins, ma comptabilité qui traîne... et mon lit qui me tend les bras !

De l'autre côté, la valise espagnole que je n'ai toujours pas eu le courage de défaire s'abandonne contre l'armoire qui ne ferme plus, en vrac avec mes rouleaux et blocs de papier. Poétique du désordre domestique...

jeudi 12 octobre 2017

Exprimer son "Point de Vue" au château de Champs sur Marne !

[ Par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]



Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à participer à une journée d’hommage à tous les arts le 1er octobre 2017 au Château de Champs-sur-Marne et dans son parc pour une journée festive et inventive.
Le Thème de cette année était : Le Point de Vue.

Nous étions environ une vingtaine à participer à l'événement; certains sont venus le matin, d'autres l'après-midi, c'est pour cela que nous n'avons pas de photo du groupe entier. Avec Delphine, Savath et Agnès, nous avions le créneau de 14H à 15H pour dessiner à l'intérieur du Château. Après une visite des lieux, chacun a choisi son point de vue et son mode d'expression : noir et blanc, couleurs, stylos, encre ou aquarelle.


Certains ont eu le courage de dessiner le parc malgré la petite pluie fine, un peu agaçante. Béatrice (au centre)s'était abritée sous un porche pour peindre le potager. De mon côté (à droite), j'ai peint sous une petite pluie fine qui m'a obligée à capter très rapidement l'ambiance du jour. Delphine (à gauche), s'est attaquée à la perspective du parc.


Puis nous sommes retournés dans le Château pour une dernière session de dessin. Emportés par la délicatesse et la beauté des décors, nous avons eu beaucoup de mal à quitter le château au moment de se fermeture. Vous pouvez voir les dessins de Bénédicte (à gauche) et Pascale (à droite).
Nous nous sommes ensuite retrouvées pour un dernier café chaud et quelques chouquettes dans les dépendances du château pour débriefer de l'expérience.
Nous avons tous passé un très bon moment.
Vous pouvez retrouver tous les dessins de la journée sur notre groupe Urban Sketchers Paris sur Flickr.

samedi 30 septembre 2017

Bucoliques bords de Marne au Perreux sur Marne

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]

Les Bords de Marne, Le Perreux sur Marne

J'habite à deux pas des bords de Marne, ravissante promenade à seulement quelques encablures de Paris ; et chaque fois que je rentre à la maison en passant par le Quai de l'Artois, je me dis : "Quand même, tu dessines au bout du monde et jamais en bas de chez toi... Ça vaudrait le coup pourtant !" J'adore reluquer les demeures anglo-normandes à colombage, ou les charmantes maisons Art Nouveau qui bordent le quai.
Et les bacs à fond plat tout en bois qui font la navette entre la ville et l'Île aux Loups, juste en face, donnent à l'endroit un charme fou. Chaque villa possède le sien, soigneusement amarré au ponton qui dessert la propriété.
Cet après-midi, la lumière orageuse tombe du ciel en fracassant la cime des arbres.
Mais rien n'empêche les mordus d'aviron de s'entraîner à la force des bras, suant et bravant courageusement le courant. Quatre adolescents squattent un ponton et se baignent en poussant des cris de sauvages. Au fond, le viaduc de Nogent.
Il règne-là comme un parfum d'impressionnisme...
Je jongle avec les reflets changeants des saules pleureurs, les mille et un verts ombrés de pourpre et de mauve, parfois saupoudrés de paillettes sanguines qui annoncent l'automne.
Derniers jours de vacances au bord de l'eau.

Les Bords de Marne, Le Perreux sur Marne

samedi 9 septembre 2017

Let's go to Chicago ! Memories of a great Symposium

[ par Delphine Priollaud-Stoclet ]

Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet

J'ai vécu un incroyable mois de juillet à naviguer entre l'Italie, Paris, la Grèce et enfin Chicago pour le Symposium annuel Urban Sketchers où j'ai eu la joie d'animer un atelier, et surtout de participer à une fabuleuse aventure humaine tissée de rencontres dans toutes les langues et de croquis inspirants.

23 juillet : j'atterris à Roissy, en provenance de Paros, mon paradis cycladique. A peine le temps de faire une machine, de remplacer tongs et maillots de bain par des vêtements plus urbains et de faire le point sur mon sac de dessin avec les indispensables à ne surtout pas oublier pour le Symposium Urban Sketchers à Chicago. Mes handouts, du papier en quantité, trois palettes d'aquarelle qui ont fait rigoler tout le monde...

24 juillet : De retour à Roissy, je décolle pour Chicago, une coupe de Champagne à la main. Le bonheur du surclassement : ça s'annonce bien !

Le premier jour, encore un peu décalée, j'arpente en long, en large et en travers State Street afin de trouver le spot idéal pour mon workshop "Sketch life, not shapes : let lines and colors swing". J'ai besoin d'un large trottoir pour installer les participants, d'une vue dégagée sur la perspective urbaine, de mouvement, de ciel et surtout de vie. L'intersection State Street / Madison Street est parfaite ! Je travaille sur les exercices d'échauffement en testant l'atelier du début jusqu'à la fin en rythme avec la musique puisqu'un groupe de jazz s'est installé juste à côté de moi.
Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet

Je profite également de Chicago pour dessiner "pour moi" avant le rush des deux journées intensives de workshops qui me laisseront exténuée mais heureuse ! Avec Marion Rivolier, nous décidons de flâner au bord du lac, puis de prendre un verre au Cyndi's pour dessiner la vue sur le Millenium Park (le verre de vin le plus cher de toute ma vie).... Pour moi qui déteste les vues panoramiques surplombantes et les rangées de fenêtres, c'est pas gagné ! Finalement, vin rouge aidant, je m'amuse bien.

Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet

27 juillet, première journée de workshops : dire que je suis stressée serait un faible mot. En guise de thérapie j'applique alors ma règle n°1 : faire le vide avec un dessin fun et sans contraintes. C'est parti pour un Bean rigolo au feutre, sans prise de tête et comme un jeu d'enfant sans enjeux !
Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet
Malgré l'angoisse d'enseigner en anglais, j'ai adoré concevoir et faire ces workshops : l'énergie et la bonne humeur des participants, leur goût du risque et du défi typiquement américain, leur spontanéité et leur gentillesse. J'ai beaucoup donné, mais reçu tellement en échange !

Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet

Dernière matinée avant de quitter Chicago. Un petit tour chez Blick pour ajouter à ma collection de couleurs des tubes d'aquarelle Daniel Smith aux teintes somptueuses.
Et puis, je quitte en métro le Loop pour Chinatown : une subite envie de bazar après les rues bien rangées...
Urban Sketchers Symposium, Chicago 2017, Delphine Priollaud-Stoclet

Bye bye Chicago, bye bye sketchers ! See you in Porto next year !