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lundi 12 août 2019

Trois regards sur le 10ème Symposium Mondial Urban Sketchers à Amsterdam

 [ par Marion Rivolier, Carnets d'Agnès et Mat Let ]


Le 10ème symposium international Urban Sketchers a eu lieu à Amsterdam du 24 au 27 juillet 2019.
Marion, Agnès et Mat vous proposent leur regard sur cet événement.

Le symposium en tant qu'élève, par Mat Let
Le pass pour participer aux workshops demande un vrai investissement financier et j'ai eu la chance de le recevoir en cadeau de la part d'un proche, j'ai donc pu suivre 3 workshops et une démo (enfin presque).
Le premier workshop a été celui de Santi Sallès, intitulé "Green Microsketching". J'ai adoré cet atelier car Santi nous a vraiment permis d'entrer dans sa technique via des exercices simples et grâce à son sens du partage : il nous a carrément donné ses tubes de peinture et ses secrets de mélanges pour obtenir les couleurs si vives et contrastées qu'il utilise. De plus, l'idée du microsketching est géniale : faire de petites cases permet de dessiner vite et donc beaucoup (alors que les arbres sont si complexes) et cela donne l'impression qu'une histoire se raconte au fil de la page.
Je n'avais eu le temps de faire que 3 cases pendant le workshop, j'ai donc continué sur ce même mode au fil de la journée pour obtenir une planche complète dont je ne suis pas peu fier !

Dès le second jour la fatigue a commencé à se faire sentir : la veille, j'ai passé ma journée à arpenter la ville sous le cagnard pour retrouver tel ou tel groupe de copains... 15 kilomètres sous 38 degrés, ça use les neurones !
Mais ma motivation était tout de même au top pour le workshop de Johanna Krimmel, qui nous invitait à dessiner l'eau des canaux et l'acier des ponts à l'encre de Chine.
La puissance des contrastes de Johanna est impressionnante, tout comme sa capacité à créer des textures en utilisant son pinceau de différentes façons. Avec un pinceau presque sec, elle donne par exemple à un aplat une texture de mur de pierre en un instant !
J'apprécie le workshop et en sors avec l'envie de continuer, je retrouve donc Juan Carlos au bord d'un canal pour dessiner une nouvelle vue, tranquillement, à l'ombre... Et je m'aperçois plus tard que je viens de rater la démo d'Hugo Costa, que je croyais être le lendemain... ah bravo !



Pour mon dernier workshop, j'ai voulu faire des découvertes et j'ai donc suivi celui de Róisín Curé, sur l'encre sépia et le Fude pen, un stylo plume avec une pointe inclinée à 55 degrés (qui a l'air d'être cassé en fait !).
En ce troisième matin, mes batteries sont vraiment à plat, mais finalement, je me sens très à l'aise avec ces nouveaux instruments et la proposition de Róisín de dessiner la statut de Rembrandt. Après tout, ce n'est pas si souvent que je dessine des gens qui ne bougent pas !
Evidemment, je continue à dessiner comme ça au long de la journée.

Je rentre donc du symposium éreinté mais bien content de tout ce que j'ai pu apprendre : mes arbres vont certainement être plus beaux et mes croquis plus variés grâce à l'utilisation de l'encre de Chine et du sépia, que j'ai bien l'intention d'intégrer dans mes croquis quotidiens !


Le symposium en tant qu'instructeur, par Marion Rivolier
Jour 1 : arrivée et prépa des Workshops
Amsterdam est mon cinquième Symposium en tant qu’instructeur. Je commence à avoir l’habitude mais il reste toujours un peu de stress sur la prépa et la localisation du workshop. Je vais donner trois fois le même atelier et faire une démonstration durant les 4 jours.
Dès mon arrivée, je suis allée voir mes deux localisations, après analyse à la boussole de la marche du soleil, j’en ai conclu que l’une d’entre elle serait en plein soleil le matin et qu’il fallait l’oublier car la canicule est prévue pour les prochains jours. Je fais donc ma préparation depuis la rive en face du Jardin Botanique et sa serre. Je travaille entre le ciel et l’eau pour exprimer le flux urbain... le ciel est un peu pauvre et le sera pendant les prochains jours, donc je m’adapte pour donner plus d’importance aux mouvements de l’eau et à leur dialogue avec la serre.
Je m’entraîne aussi pour la démo en me disant que ce sujet mouvant est vraiment difficile...
Puis je vais au premier Drink (sans Draw) à Amstelhoeck pour retrouver les amis.


Jour 2 : Faculty Tour chez Royal Talens
Pour continuer mon entraînement, j’ai peint le matin l’un des canaux près de Zuiderkerk, les reflets sont merveilleux.
Tous les instructeurs et le board se retrouve à Zuiderkerk pour la première réunion d’accueil puis nous filons prendre le car pour aller à l’usine Royal Talens à Apeldoorn. Avec Charline, nous découvrons l’ampleur de notre « goodie bag » : des aquarelles, des crayons des feutres des carnets, de tous les sponsors de cette année, c’est à la fois magnifique et trop ! Nous n’arriverons jamais à ramener puis à utiliser tout cela ...


À Apeldoorn, l’accueil est chaleureux et généreux avec des sandwichs et des boissons puis découverte en petits groupes des procédés de fabrication des peinture pastels et crayons des divers marques de Royal Talens. Photo interdite mais dessin (en marchant) autorisé ainsi j’essaie de capturer la beauté des pigments que l’on nous présente ( des dizaines de sacs remplis de couleurs pures, j’en bave d’envie...), ensuite les grandes cuves dans lesquelles on les mélange puis les broie, cette matière brillante et onctueuse est d’une puissance colorée indescriptible ; on navigue entre Anish Kapoor et les expansions de César, je voudrais pouvoir y passer des jours pour tout peindre! Le dernier espace est consacré à mettre en tube et à emballer les produits, toutes les machines sont différentes, les ouvrier.e.s transportent les mélanges, les renversent dans de grandes cuves , ils vérifient les tubes, etc.
Maintenant il s’agit de mettre en pratique et de tester les différents produits : encre Ecoline, aquarelle Van Gogh, crayons de couleurs Bruynzeel, et feutres noirs et blancs. On s’amuse à se dessiner les uns les autres, c’est fun mais il commence a faire vraiment chaud...
Il est temps de prendre le bus pour retourner à Amsterdam pour le pot d’ouverture du Symposium.
C’est à ce moment là que l’on se rend compte du monde qu’il y a : 550 inscrits, plus de 100 personnes pour le staff dont 60 bénévoles locaux qui nous aideront tout au long de la semaine.

Jours 3, 4 et 5 : Workshops et démo

Pour les instructeurs, le temps du Symposium est celui de l’enseignement et non celui du dessin... nous n’avons pas une minute à nous entre les différents rendez-vous pro et les Workshop et démo. Parfois, on n’a pas vraiment le temps de manger, je crois que j’ai sauté 2 ou 3 dîners cette année.
Il faut aussi faire avec les conditions météo, la canicule nous empêche presque de respirer l’après-midi... la démo de vendredi se passe pour moi sous cette chaleur écrasante, avec pas mal de difficultés, ce n’est pas simple de rester concentrée sur la peinture alors que l’on parle en même temps...
Ce n'est qu'à partir du dimanche que je commence à travailler pour moi.



Le symposium en off, par Carnets d'Agnès

Le souvenir que j’avais d’Amsterdam me donnait très envie d’y retourner. Juste pour participer à ce grand événement international réunissant les plus grands sketchers de la planète. Je suis logée par chance en plein cœur de ville, pile en face de la fameuse église Zuiderkerk, centre névralgique de ces cinq jours d’effervescence.

La ville est superbe mais la canicule suffocante. Dans le quartier de Spui (prononcer Spou), nous découvrons le jardin de Begijnhof, petit havre de paix composé de maisonnettes habitées par des femmes. Hormis un nombre important de touristes, sont déjà installés de nombreux sketchers concentrés. On nous pousse pour se poser là où la place est la plus croquegénique… J’attaque la façade d’une maison de briques et sa porte jumelle bordée de fleurs. Le ton est donné, les maisons ici sont toutes en briques, j’adore. Nous ne restons pas trop longtemps, car l’arbre magnifique sous lequel je suis installée déverse des quantités de mini moucherons piqueteurs.



Le lendemain, les températures ne sont pas tombées mais la ville est attrayante avec ses maisons de travers et ses vélos. Je choisis une petite rue au calme et, bien calée à l’ombre des arbres, croque les vélos du premier plan, empilés les uns à côté des autres. Chacun sa méthode pour retrouver son destrier : une sonnette originale, un couvre-selle maison, une roue de couleur, un cadenas personnalisé… Je peins les maisons du fond et les vélos apparaissent en négatif, je laisse comme ça mon dessin, d’autant que je me suis mélangé les pinceaux dans les roues, les selles, les pédales et les guidons… un vrai casse-tête !


Les propositions de sketchwalk sont bienvenues, nous décidons d’en suivre un vers Jordaan, quartier calme et préservé. Je pose mon pliant sur un petit pont recouvert de verdure ensoleillée, d’où pointent trois clochers superbes. Les commerçants voisins sont sympas et se mettent à plusieurs pour identifier cette église, c’est finalement la chocolatière qui trouve : Posthoornkerk !
Bilan du symposium, j’ai croisé de nombreux sketchers connus, suivis, admirés et me suis sentie comme une fan cinéphile au festival de Cannes ! Pas sûre d’être présente à Hong Kong l’an prochain, alors j’étais heureuse de participer à cet événement exceptionnel.

lundi 17 juin 2019

350 sketchers à Dijon pour la 7ème rencontre Urban Sketchers France!

[ par Urban Sketchers Paris ]



La 7ème rencontre Urban Sketchers France s'est déroulée à Dijon du 31 mai au 2 juin 2019.
C'est le groupe Urban Sketchers Bourgogne Franche-Comté qui s'est chargé d'organiser ce bel événement.


Marion Rivolier:
Arrivée la veille à Dijon, plusieurs peintures pour s'échauffer, il est temps de s’attaquer au célèbre ours de François Pompon. Ne pas le dessiner, le garder en réserve, et surtout essayer de capturer ses courbes un peu étranges. Ce sont les arbres et arbustes, en couleurs et en valeurs qui me permettent de le faire apparaître. Je suis à l’ombre des feuillages pour m’abriter de la chaleur et ils portent ombre sur mon dessin, donc pas simple à gérer ... nous sommes aussi beaucoup sollicités par les passants qui se demandent pourquoi tant de gens dessinent. Ils pensent qu’il y a concours de peinture. Quand on leur répond que c’est une rencontre amicale d’Urban Sketchers et qu’il n’y a rien à gagner, ils restent interloqués... de nos jours, rassembler 350 personnes avec aucun prix à la clé leur semble absurde. Et bien pour nous, c’est ce pourquoi nous le faisons, échange et partage dans la générosité et l’amitié!

Week-end réussi grâce à l’équipe organisatrice, à leur gentillesse et à leur gestion impeccable d’un groupe de 350 personnes!


Annick Botrel:
En arrivant à Dijon, je ne m'attendais pas à voir une ville au patrimoine architectural si prestigieux.
Le centre historique a été magnifiquement restauré. Les innombrables églises de toutes les époques et de tous les styles et les maisons à colombages du Moyen-Age cohabitent parfaitement avec les hôtels particuliers du XVIIIe siècle. Le choix du sujet était parfois difficile car les angles de vue étaient nombreux... et compliqués. Que de toits enchevêtrés et de clochers différents ! Question perspective et architecture, nous étions servis. Un vrai régal. Les touristes, nombreux pour ce week-end de l'Ascension, ont été très curieux et bienveillants devant ces ribambelles de croqueurs.
Quant à l'organisation de cette rencontre, bravo. Les parcours étaient très bien faits et les visites spéciales avec Fred le conférencier, passionnantes. Un grand merci à toute l'équipe de Bourgogne-Franche-Comté.


Anne Weber:
C'est par une journée d'automne glaciale et pluvieuse que j'ai visité Dijon il y a une vingtaine d'années ; c'est donc avec un grand plaisir que j'ai découvert un tout autre aspect de cette magnifique ville par un grand week-end ensoleillé !
Le fait que le centre-ville soit en grande partie piéton a rendu particulièrement agréable mon séjour et a facilité les échanges avec les habitants curieux de me voir dessiner assise par terre en plein milieu de la rue de la Verrerie. J'ai choisi de travailler sur un carnet accordéon rempli au gré de mes pérégrinations dans la ville, voici mon morceau préféré : on y retrouve un immeuble art nouveau (surnommé par tous les sketchers "la maison japonaise"), une façade renaissance de la rue des Forges et le fameux ours de Pompon qui m'a permis de fuir la chaleur.
Un grand merci aux organisateurs et en particulier à Fred, dont j'ai particulièrement apprécié les explications pendant les visites privilégiées qu'il nous a permis d'effectuer !


Oludotun Fashoyin:
Me voilà de retour à Dijon après une première visite 13 ans plus tôt.
Alors que je n'étais à l'époque qu'un touriste venu se balader trois heures dans la ville sous la pluie, là je me suis accordé trois jours pour dessiner la ville sous un soleil toujours présent. A l'exception d'un "jardin proche de la gare", en l'occurrence le jardin Darcy, je n'ai rien reconnu de l'époque. Et tant mieux. Je me suis régalé en découvrant rues piétonnes, églises immenses, et places animées, le tout dans le centre ville. Inspiré, je me suis offert le plaisir de croquer la très haute Notre-Dame deux fois sur deux pages. Devant un édifice aussi magnifique, que faire d'autre ? Un grand merci aux organisateurs de cette rencontre très réussie.


Sophie Voisin:
Trois jours, le nez en l’air et le pinceau vagabond, à musarder et découvrir une ville où je n’étais jamais allée. C’est là une partie de la magie des rencontres nationales Urban Sketchers.
Le centre historique contient beaucoup d’immeubles de toute beauté, mascarons grimaçants ou impavides, petites rues pavées, toitures biscornues. J’ai particulièrement apprécié le musée des Beaux-Arts - plutôt bien rénové, hormis une circulation assez improbable - la salle des gisants avec son cortège de pleurants et l’interprétation inspirée et très émouvante qu’en a faite l’artiste dijonnais Yan Pei-Ming.
Mention spéciale aussi au musée Rude où le Départ des volontaires, encadré par deux hauts murs de l’ancienne église St Etienne impressionne par son gigantisme.
A mon tour de remercier les organisateurs pour cette belle rencontre et ces découvertes !


Marie-Christine Compan:
Dijon est une ville très belle où je retournerai dessiner avec plaisir.


A l'année prochaine!

lundi 10 juin 2019

Urban Sketchers Paris au festival du carnet de voyage et de reportage à Brest

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]


[les Capucins, aquarelle, Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Cette année, le festival du carnet de voyage et de reportage prend place aux ateliers des Capucins à Brest, réhabilitation des anciens arsenaux où l’on fabriquait des éléments de bateaux pour la Marine Nationale. Pour s’y rendre, on peut prendre un téléphérique après avoir descendu la rue de Siam ; ou traverser par le pont de Recouvrance. Les bâtiments sont très beaux, immenses, c’est aéré et spacieux. Avec mes collègues d’Urban Sketchers Paris, nous arrivons le jeudi en début d’après-midi. On met un temps fou à cleaner notre stand et à installer la toile d’araignée blanche qui donnera un peu de cachet à notre espace. C’est long et fastidieux. Mais l’on doit activer la cadence car sinon on ne finira jamais à temps... pinces, pâte à fixe, ficelles, on fixe, on accroche, on pince à tout va! Et enfin, on boit un coup pour le vernissage. On fignolera demain.
Il est temps d’aller manger des crêpes!

[le stand Urban Sketchers Paris]
Le lendemain, arrivée sur le stand, on finalise, on fignole, on coupe se qui dépasse. La toile d’araignée prend enfin forme et c’est plutôt pas mal! Le travail d’Urban Sketchers Paris est présenté à l’extérieur, grâce à de grands panneaux imprimés, des repro de dessins et des photos et quelques flèches rigolotes. La toile d’araignée met en valeur nos travaux personnels à l’intérieur.

[les Capucins et le stand Urban Sketchers Paris, aquarelles, Brigitte Lannaud Levy]
Brigitte Lannaud Levy:
Tonnerre de Brest quelle aventure! En Quimpéroise, je n’imaginais pas arriver un jour à un Festival de carnet de voyage dans un ancien arsenal par un téléphérique. Je l’ai appelé le "périphérique" tout le séjour ce qui a bien fait rire mes camarades. Marion Rivolier a eu l’excellente idée de nous faire tisser des cordes, des filins en tous genres pour composer une sorte de toile d’araignée pour y accrocher nos réalisations. Grâce à cette inventive scénographie, notre stand avait une allure très graphique et nous l’avons toute croqué. Dans un leporello Sennelier j’ai tenté de saisir ce cocon de fils tissés qui se faisait l’écho des barres d’aciers et tubes entremêlées de la structure métallique des Ateliers des Capucins. Mais pas facile d’aller au bout des pages en accordéon tant il y avait de visiteurs avec qui échanger et d’évènements artistiques à ne surtout pas rater.

[ magnifique concert dessiné, le Voyage de Rézé]

 [Marielle Durand et Marion Rivolier en démo]
Notamment ce concert dessiné du « Voyage de Rezé » où nous avons croqué dans le noir les musiciens et avons vu nos dessins projetés sur grand écran derrière le groupe sur scène en fin de concert. Autre joli souvenir, ces superbes démonstrations de sketching réalisées par Marion Rivolier et Marielle Durand en direct devant un public littéralement fasciné par tant de maîtrise de la part de ces deux artistes, chacune dans son style. Ici ce sont de précieux liens qui sont tissés que ce soit avec les visiteurs ou entre artistes.
Kenavo ar vechal !

[Tissus et toile d'araignée, aquarelle, Claire Archenault]
Claire Archenault:
Grand moment de partages et d'émotions, le Festival Ici et Ailleurs .
J'ai fait plusieurs croquis, y compris dans le noir avec une grande émotion.
Notre stand exclusivement féminin, par hasard ? a retenu l'attention de nombreux visiteurs
Faut dire qu'on avait bossé pour le rendre à l'image de sa scénographe, Marion Rivolier
Batman n'a pas osé rentrer, pourtant, il aurait été bien accueilli !
Des belles gonzesses!
C'est sans doute la pleine lune et l'iode qui lui ont fait peur, voir le téléphérique au-dessus de la Recouvrance …

[Echanges, bavardages, dessins et aquarelles dans notre stand]

[Notre stand dans les ateliers des Capucins, aqurelle et encre, Delphine Priollaud-Stoclet]
Delphine Priollaud-Stoclet:
Quand Marion m’a proposé de participer au Festival Ici et Ailleurs à Brest, j’ai sauté de joie et sur l’occasion.  Certes, j’ai échappé au tissage de la belle toile d’araignée sur laquelle venaient s’accrocher nos croquis parisiens suite à des impératifs professionnels m’empêchant d’être présente pour l’accrochage, mais je me suis rattrapée en démêlant une grosse pelote de ficelle pleine de nœuds!
Marion a orchestré notre stand de main de maître, Brigitte nous a fait une com’ d’enfer et le lumineux sourire de Claire irradiait tout comme l’énergie d’Agnès.
Quand Paris rencontre la Bretagne, ça a du style et du caractère, surtout en marinière !
Entre cafés serrés, apéros à répétition, égarements nocturnes dans les rues de Brest (pourquoi il est de plus en plus haut le pont ?), bavardages avec les visiteurs, belles rencontres, dégustation de crêpes, découverte des autres stands magnifiques, fous-rires mémorables, je n’ai pas vu passer mon week-end breton.
Il faisait un temps magnifique sous les verrières des Capucins et le soleil illuminait le ciel comme le coeur des organisateurs qui nous ont accueillies si chaleureusement.

[caricature d'Agnès (de Pierre Amoudry), portraits et ateliers, Carnet d'Agnès]
Carnet d'agnès:
Je n’avais jamais participé à un festival. Je n’avais jamais mis les pieds à Brest.
Quand Marion m’a proposée de faire partie de la fine équipe, j’ai été extrêmement flattée. Sautillante d’excitation pour cette nouvelle aventure.
L'Atelier des Capucins, est une architecture grandiose absolument incroyable et intimidante.
Les trois jours suivants sont un tourbillon de visites, de partage, de compliments, d’intérêts, de dessins… Ils ont permis de belles rencontres et des échanges extrêmement riches. Avec les visiteurs, nombreux et intéressés, des gens de passage, des habitants de la région et même des passionnés venus de loin. Avec les autres exposants : des inconnus dont je découvre le travail avec grande attention, des familiers que j’apprécie de longue date et d’autres artistes que je suis sur Instagram et que j’ai la chance de rencontrer enfin « en vrai ». Et avec les organisateurs, d’une grande disponibilité, d’une énergie positive et bienveillante, aux petits soins pour que tout se déroule à merveille.
Ce fût une belle émotion. Je ne sais pas qui était le plus enchanté, du public ou de moi.
Je reviendrai à Brest.

[les Urban Sketchers sont à Brest! photo de Roswitta Wiehl Guillemin]
Un très grand merci à l'équipe organisatrice ENKI qui nous a accueillie avec grande générosité, à Guillaume Duval pour son invitation enthousiaste et à bientôt, à Brest, pour de nouveaux échanges riches et chaleureux!

jeudi 16 mai 2019

Chronique des ateliers n°2 & 3 avec le Secours Populaire au Panthéon

[ par Urban Sketchers Paris ]


                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux] Brigitte Lannaud Levy:
Dessiner c'est avant tout regarder.
À voir la concentration des enfants et l'intensité de leurs regards après avoir écouté les consignes de l'exercice, on se dit qu'ils ont bien assimilé cette notion si essentielle à la pratique du dessin.  Ce sont leurs yeux qui en regardant le sujet guident leur  main le plus surement. On leur apprend avec Claire Archenault avec qui j'anime l'atelier des 6-8 ans que jamais rien n'est raté, que l'on peut toujours faire quelque chose, rebondir, créer à partir des petits accidents de crayon ou de pinceau. Ce sont comme des surprises dont il faut savoir s'amuser pour se laisser surprendre par son dessin. Pari gagné, les enfants sont enchantés de cette précieuse liberté qui leur est donnée. 

ATELIER #2


Mat Let:
Pour cette seconde session, après la joie de retrouver les enfants, nous avons dû passer aux choses sérieuses : dessiner l'architecture du Panthéon.
Mais le vrai défi pour ces enfants est le même que pour nombre d'adultes : accepter l'imperfection.
“C’est trop dur ! Je vais jamais y arriver !” Ils ont à peine 10 ans, mais on leur a déjà mis en tête qu’il doivent faire bien et beau. Mon but à moi est de leur faire comprendre qu’on a le droit de “déborder”, de “gribouiller”, et d’appuyer sur les crayons si ça nous fait plaisir !
Les explications ne suffisent pas, il faut les encourager, les accompagner à chaque instant, sans quoi la volonté et la concentration s’envolent vite.
Mais à la fin de la séance, les efforts de Sylvie qui anime l’atelier avec moi, et les miens sont récompensés quand j’entends une petite s’écrier : “Quoi c’est déjà fini ?! C’est nul !”
Je crois que c’est sa façon à elle de dire que ça lui a plu...

                                                                                                               [aquarelles de Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Pour cette deuxième séance d’atelier avec les enfants du Secours Populaire, c’est Agnès qui donne le cours et moi, je fais la traduction en anglais pour le jeune Parijit qui parle très peu français. Mais il est très doué en dessin et comprend très bien les exercices.
Cette fois-ci, nous travaillons sur l’espace, les coupoles, les colonnes, la structure du Panthéon, je n’ai pas tout le vocabulaire architectural mais ce n’est pas grave, on se comprend très bien. J’ai l’impression que nos deux accents, si peu anglophones, nous aident à communiquer. J’admire ce jeune garçon de parler si bien anglais à 13 ans!
Peu à peu, il apprivoise les crayons de couleur aquarellables, il comprend qu’il peut les utiliser secs ou mouillés dans le même dessin en fonction de l’effet qu’il souhaite obtenir. Il comprend de mieux en mieux les ombres et les lumières. C’est un plaisir de travailler avec lui!




Carnets d'Agnès:
Cela faisait longtemps que je voulais donner des cours de dessin à des enfants.
Le partenariat avec le Secours Populaire est une vraie chance et celui avec le Panthéon est exceptionnel, sans parler des sponsors. Quelle belle salle de classe que ce monument grandiose dans lequel je n’avais jamais mis les pieds ! Les enfants non plus, d’ailleurs.
La première fois, intimidés, ils écoutent sagement les explications historiques. Et puis il faut dessiner la Convention Nationale, en trait, en masse, en ombres et en lumières…
La deuxième fois, nous nous installons de dos par rapport à l’immense statue. Je m’occupe des «grands», de 9 à 14 ans. J’avoue que, ayant eu deux ados à la maison, le groupe me fait un peu peur avant de les connaître. Mais là c’est vraiment différent. Ils ont choisi l’activité, se sont inscrits et sont motivés. Ce qui se sent.
Nous découvrons ensemble les crayons aquarellables, ces crayons magiques qui se transforment en peinture avec un peu d’eau. Ils adorent. Et j’aime cet échange, ce partage de connaissance. Chacun s’approprie les outils, le décor, le dessin à sa façon. Certains restent bouche-bée, d’autres attaquent sereinement, mais tous produisent des dessins fantastiques, élaborés, c’est incroyable de découvrir les personnalités au travers de leurs dessins.
C’est une expérience extrêmement enrichissante et nous attendons avec impatience l’arrivée d’une météo clémente nous permettant de dessiner dehors avec des enfants pleins d’énergie.


ATELIER #3
Tula Moraes:
Énergiques, détaillés; chaque dessin est unique.
Les enfants cherchent à leur manière et trouvent la meilleure façon de suivre les consignes données par les intervenantes, on reconnaît la personnalité de chacun dans les empreintes laissées sur le papier
c'est un moment magique les feuilles ses remplissent au fur et à mesure que le temps avance.

                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux]
Sylvie Lehoux:
Pour ce 3ème rendez-vous atelier croquis au cœur du Panthéon, les enfants accompagnés par l'équipe du Secours Populaire étaient venus un peu moins nombreux en ce jour férié, mais motivés. Face au monument hommage aux artistes anonymes encadré de gigantesques colonnes, nous nous sommes divisés en 2 groupes. Les enfants ont pu appliquer les conseils des ateliers précédents et progresser dans le dessin et l'usage des différents outils graphiques (crayons aquarellables, feutres pinceaux réservoir) à leur disposition. Après plusieurs exercices réalisés avec succès les enfants étaient très fiers et nous aussi des beaux dessins qu'ils avaient fait ! Malgré les doutes, les ratures, les petits chagrins, l'insatisfaction les petits artistes ont encore triomphé et ils en ressortent plus fort et très fiers d'eux.



Brigitte Lannaud Levy:
C'est avec l'audace et la fraîcheur de leur jeune âge et forts des deux ateliers précédents que sans hésiter les plus petits de 6-8 ans,  dont j'anime le groupe aujourd'hui avec Sylvie Lehoux, se lancent dans la restitution d'un lieu aussi magistral et imposant que le transept Nord du Panthéon et son monument aux artistes anonymes. "Même pas peur, on est cap ". Après deux heures intenses à apprendre à trouver les vraies couleurs des sculptures et tentures, à les mélanger, à cadrer leur sujet,  à poser les ombres et faire jaillir la lumière,  ça autorise bien un  petit moment de détente et de fous rire autour d'un concours de grimaces. Dessiner c'est du sérieux mais avec Urban Sketchers Paris c'est jamais sans se prendre au sérieux.


Un grand merci Faber-Castell pour les feutres et crayons et Canson pour le papier.
Merci au Panthéon, au Centre des monuments nationaux pour l'accueil et bien évidemment aux bénévoles et mamans du Secours populaire de Paris pour l'encadrement des enfants.
Et merci à nos intervenants d'Urban Sketchers Paris : Brigitte lannaud Levy, Marion Rivolier, Mat Let, Claire Archenault, Carnets d'Agnès, Tula Moraes et Sylvie Lehoux.
On se retrouve le 12 juin pour le 4ème atelier au Panthéon!

lundi 13 mai 2019

Urban Sketchers Paris est à Brest du 17 au 19 mai!

[ par Urban Sketchers Paris ]


Le groupe Urban Sketchers Paris sera à Brest pour le 9ème festival des carnets de voyage et reportage du 17 au 19 mai 2019. Nous présenterons nos dessins, activités, actions et événements passés et à venir.
Cette année, le festival s'installe aux Capucins, très bel espace rénové et convivial.
Au plaisir de vous y rencontrer et de partager avec vous!
avec Marion Rivolier, Brigitte Lannaud Levy, Claire Archenault, Delphine Priollaud-Stoclet et Carnets d'Agnès.

lundi 29 avril 2019

Notre-Dame de Paris, après le feu et les larmes

[ par Marion Rivolier, Mat Let, Annick Botrel et Claire Archenault ]



Marion Rivolier
Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
Samedi, je suis passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.
Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.


Mat Let
Je n'aime pas trop croquer les monuments, ils sont complexes à dessiner et puis, ils sont là pour toujours, non ?
Pour tout dire, avant l'incendie je n'avais dessiné Notre-Dame que trois fois : en trente minutes lors d'un stage, en 20 minutes avec une amie pressée et en 1 minute trente (pour un résultat atroce) lors d'une balade sur la seine il y a quelques semaines.
Mais l'incendie m'a choqué comme tout un chacun et m'a prouvé que rien n'est éternel, même pas les cathédrales.
Le soir de l'événement, ma copine m'incite à partager mes dessins sur les réseaux sociaux, mais je n'en suis pas très fier et n'ai pas très envie de partager quelque chose qui ne reflète déjà plus la réalité.
Le lendemain, je me rends sur les bords de Seine pour rendre hommage à la grande dame blessée et capturer son nouveau visage après cette catastrophe historique. Cette fois, je prends mon temps pour l'observer et la dessiner.
Bien que blessée, elle m'apparaît tout de même fière et forte, toujours debout. L'absence de toiture semble presque naturelle, mais la flèche manque plus que tout ! Cette flèche, je la trouvais majestueuse, mais elle était si noire que j'avais hâte de la voir restaurée... ce qui n'arrivera jamais.

La présence d'un carnettiste à cheval sur le parapet en train de dessiner la cathédrale n'a pas manqué d'attiser la curiosité des passants... et des journalistes !
Et me voilà tour à tour en train d'être interviewé par la télé arménienne puis en direct par Cnews.
Je n'ai pas de réflexion particulièrement brillante à offrir aux médias et ils n'arrivent guère à mettre mon dessin en valeur dans leurs images. Mais enfin, les journalistes ont quelque chose d'un peu original à se mettre sous la dent moi je peux appeler ma mère en lui disant que je suis passé à la télé !

Quoiqu'il en soit, je me suis promis de respecter un peu plus la beauté des monuments, maintenant que je sais que comme nous ils sont éphémères, et de revenir régulièrement croquer Notre-Dame au fil de sa reconstruction.


Annick Botrel
J’avais déjà dessiné Notre-Dame en 2016, avec sa flèche et son toit bien visibles. Plus récemment à Noël avec son traditionnel sapin. L’incendie et le battage médiatique qui s’ensuivit conféraient tout à coup à cette vieille dame une touche de « célébrité » supplémentaire. Le soleil rayonnant et la soif d’évènement sensationnel attiraient un nombre croissant de badauds. Plus peut-être que la visite au chevet d’une grande malade. Il manquait la flèche. Une grue ou un bras métallique la remplaçait optiquement, un peu plus courte et coiffée d’une touche orange. De entrelacs des échafaudages déjà présents avant la catastrophe et comme d’une gigantesque toile d’araignée, émergeait une nacelle jaune. Quelque chose clochait et l’ambiance festive autour plutôt incongrue. J’aurais sans doute du traiter cette ferraille noire à l’encre pour donner un côté plus dramatique.


Coté parvis, nous avons réussi à nous glisser juste derrière la banderole rouge et blanche du périmètre de sécurité. J’ai discuté avec un CRS sympa, en plein cagnard, suant sous son harnachement mais ravi d’être dessiné ! Moi aussi, d’ailleurs, j’ai souffert pour ne pas me perdre dans les détails de cette architecture massive mais sophistiquée. Ma tour penche comme si elle allait tomber.
Le plus émouvant et surprenant était ces grands bras métalliques qui s’activaient le long des tours comme des bras de chirurgiens. Des pompiers en orange fluo se déplaçaient sur les balcons comme de minuscules fourmis. Je me serais d’ailleurs bien passée des interviews de journalistes arrivés comme des mouches et me demandant mon ressenti. Le reportage dessiné est sans doute une manière moins intrusive de couvrir un événement. Curieux aussi que la parole déconcentre autant quand on dessine.


Claire Archenault
Je suis passée sans la voir bien des fois.
Je suis passée sur le Pont d'Arcole samedi dernier, et j'ai vu la grande fragilité de cette amie, handicapée, et pourtant vénérée par le monde entier .
Arrivée à 17h30, rue des Chanoinesses, ce 23 Avril 2019, juste 8 jours après l'incendie j'ai posé ma boîte d'aquarelles au sol, le gardien des barrières de protection était gentil et souriant .
Je me suis battue avec mes pinceaux, un papier aquarelle mis à l'envers, mais surtout tous ces félins charpentiers en train de démonter et remonter des échafaudages, ils démontaient les derniers de la flèche, et remontaient pour bâtir protection à dame sans toit, avant que n'arrive la pluie.
J'ai remarqué que les ouvriers de Notre-Dame n'ont ni harnais ni protection, ils étaient 4, pour sauter de gargouille en gargouille, les échafaudages de bois sont déjà là pour soutenir les transepts, mais hélas ce dur labeur n'est pas considéré à sa juste valeur.
Aujourd'hui j'apprends que l'enquête judiciaire se tourne vers l'entreprise qui les embauche…
J'ai baptisé mon dessin Notre-Dame des Travailleurs.

lundi 8 avril 2019

Urban Sketchers Paris et le Secours Populaire, ensemble pour dessiner avec les enfants.

[ Par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Brigitte Lannaud Levy et Marion Rivolier ]




Créer des ateliers de dessin sur le vif pour des enfants défavorisés. Plus qu’un désir, c’était une volonté qui s’est imposée à nous quand nous avons eu l’idée toutes les deux de partager et transmettre notre passion du dessin à des Sketchers en herbe. Ceux dont les parents fragilisés par les difficultés de la vie, n’ont pas les moyens financiers pour inscrire leurs enfants à des ateliers de dessin même les moins chers qui existent. Nous voulions par ailleurs amener ces enfants à croquer comme nous sur le vif, face aux œuvres, dans les musées, au sein des monuments où ces lieux chargés d’art et d’histoire peuvent leur ouvrir l’esprit, aiguiser leur curiosité et développer leur créativité.
Urban Sketchers étant déjà animé de ces mêmes volontés de solidarité, de partage et d’échanges, nous nous sommes dit que nous pouvions nous adosser à ce collectif de dessinateurs dont nous sommes membres et contributeurs pour monter un projet à la fois humanitaire et artistique. Pour cela il nous fallait un partenaire référent dans les œuvres caritatives pour l’inscription et l’encadrement des enfants. Nous savons pour notre part dessiner et animer des cours de dessin, mais cette dimension humanitaire, relève de la compétence d’un partenaire solide en ce domaine.


C’est ainsi que nous nous sommes rapprochées du Secours populaire français par le biais de son secrétaire national, directeur général : Thierry Robert. Nous le remercions ici vivement pour son soutien et son enthousiasme immédiat. Cette association à but non lucratif créée en 1945 s’est donné comme mission d’agir contre la pauvreté et l’exclusion en France en s’appuyant sur l’esprit de solidarité. Le Secours populaire enrichit ses indispensables actions sociales et humanitaires, d’actions culturelles. Ce qui vient en parfaite résonance avec la démarche que nous avions en tête. C’est ainsi qu’aiguillées par Thierry Robert nous avons été mis en relation avec Kadidja Régnier et Anne Desfontaines. Avec leurs équipes du département d’accès à la culture et aux actions éducatives, épaulées par la fédération de Paris et leurs dévoués bénévoles, nous avons pu mettre en œuvre et lancer la réalisation de ce programme pour déjà cinq ateliers de deux heures de dessin ouverts aux 6-12 ans et répartis jusqu’aux vacances d’été 2019
Le Secours populaire, partenaire du Centre des Musées Nationaux nous a mis en contact avec le Panthéon, prestigieux monument républicain chargé d’histoire récente et passée. Mathilde Garnier chargée d’actions éducatives du CMN nous y reçoit pour les premiers ateliers avec l’ouverture d’esprit et la bienveillance nécessaires pour que ces petits dessinateurs puissent s’installer confortablement, armés de couleurs pour exprimer librement leur créativité. Merci à elle et aux équipes du Panthéon pour leur confiance. Elle nous a ouvert les portes d’un bien bel écrin qui rendent ces ateliers encore plus mémorables.



Il ne nous manquait plus que les partenaires pour les fournitures. Un grand merci à Canson pour le papier et à Faber Castell pour les feutres de couleurs, les crayons aquarellables et les pinceaux à réservoir ainsi que pour les petits cadeaux surprise pour les jeunes artistes.
Cerise sur le gâteau, tout le projet étant mis en place avec le Secours populaire, nous avons monté un dossier d’information transmis à Urban Sketchers international. En retour, nous a été lauréat d'une bourse de soutien (Community Workshop Grant Program), ces ateliers se faisant l’écho d’un programme humanitaire plus vaste qu’Urban Sketchers veut lancer dans le monde entier pour développer la pratique du dessin auprès des plus démunis. Nos esprits se sont croisés, de façon transaltlatique! Il nous reste à créer une association Urban Sketchers Paris pour en gérer les fonds. À suivre donc.



Voilà, c’est avec joie et fierté que nous avons organisé le premier atelier, le mercredi 3 avril dernier avec 16 enfants entre 6 et 12 ans répartis en deux groupes. Nous les avons installés autour d’un monument central du Panthéon : la Convention Nationale.
Nous étions épaulées par quatre autres Urban Sketchers parisiens bénévoles qui nous ont rejoint dans l’aventure: Mat Let, Agnès Letellier et Claire Archenault en renfort d’animation et Tula Moraes pour couvrir l’événement derrière son appareil de photo (merci, merci, merci!). L’idée étant que l’animation soit tournante entre bénévoles d’Urban Sketchers Paris, membres contributeurs et ayant déjà une pratique de workshops. Avec Marion nous passerons le relais de l’animation à nos camarades dans deux semaines. Mais seront toujours présentes, en coordination, soutien au fil des ateliers. Et surtout comme responsables de projets.

[aquarelle sur le vif des enfants - Claire Archenault]
Voilà vous savez tout sur ce projet qui nous tient particulièrement à cœur et que nous souhaitons faire vivre et développer dans le temps. C’est dans les regards des enfants et dans leurs belles réalisations tout en couleurs que nous avons constaté que ce bel après-midi créatif était un franc succès de part et d’autre. Merci du fond du cœur à tous et aux mamans accompagnatrices en particulier.

Rendez-vous pris le mercredi 17 avril pour le prochain atelier toujours au Panthéon. Cette fois-ci, après avoir dessiné comme sujet le monument de la Convention nationale au feutre, nous allons peindre l’espace autour et les décors aux crayons aquarellables et aux pinceaux à réservoir. Beaucoup d’enfants nous ont dit avec un large sourire vouloir se réinscrire.


Notre bonheur est bien là, dans ces regards lumineux d’enfants repartis heureux. 
Bravo à eux et continuons à dessiner ensemble, tous solidaires.

jeudi 21 mars 2019

La marche du siècle à Paris, d'Opéra à République

[ par Mat Let, Marielle Durand, invitée et Marion Rivolier ]




Mat Let:
Comme beaucoup de gens, je suis à la fois extrêmement effrayé par les impacts du changement climatique et trop englué dans mes habitudes pour changer radicalement mon mode de vie.
Mais la Marche pour le climat est une excellente occasion de sentir la motivation des autres, de se donner de l'énergie. Et en tant que dessinateur, c'est aussi le bon moment pour agir en faisant ce que l'on sait faire: dessiner.
Nous voilà donc massés sur le parvis de l'Opéra Garnier. L'ambiance est plus proche de la Fête de l'Huma que de la fin du monde, les slogans vont bon train, les bières tournent tandis que je m'emmêle les pinceaux dans la foule et le fronton de l'Opéra.



Arrivé place de la République au soleil couchant, je suis frappé par le calme de ce jeune homme. Perché sur des vélos, il regarde au loin, serein, comme s'il avait compris quelque chose que nous autres, cloués au sol, n'avions pas encore saisi.
Plus terre à terre, je rencontre ensuite JP, des gilets jaunes de Bourges, déguisé en Vercingétorix en hommage aux propos peu flatteurs de notre président sur les "Gaulois réfractaires". Il est investi depuis le début du mouvement et s'est toujours préoccupé de l'aspect écologique, c'est pourquoi il a aujourd'hui rejoint la Marche pour le climat.
Il est dix-huit heures trente passées, le concert est lancé et nous quittons la place de République avec un mélange d'espoir que la belle énergie du jour se transforme en action et de peur que la classe politique reste sourde à notre détresse et à nos demandes...


Marielle Durand:
13h30. La place de l’opéra est comble et le soleil pointe son nez franchement.
Simon et Mathieu sont arrivés et ont déjà démarré leurs carnets. Je tente d’abord une vue générale depuis le trottoir de droite qui fait face à l’opéra. Cela me permet d’avoir une partie du bâtiment et le grand bus aménagé pour l'occasion qui s’est posté devant avec sur sa bannière la citation qui se passe de commentaires : “If we don’t give a fuck, we’re fucked”.
Une femme prend la parole pour scander des phrases aussi justes qu’angoissantes.
“Il ne nous reste plus beaucoup de temps”, “Plus de négociations, c’est maintenant, c’est l’action !!! »… Je suis peu à l’aise devant les personnes qui haranguent les foules tout comme d’être au milieu d’un grand nombre, particulièrement depuis novembre 2015.
Mais le dessin me permet de m’isoler quelque peu de cet état, d’analyser les lieux et la situation et de m’ancrer à un endroit où je me sens à ma place.
Après une brève pause café, on se met en route au milieu du flot de manifestants.


Une batucada, le collectif Zabumba, animera toute notre marche. Bien plus que les sound systèmes, la musique en direct est d’une force communicative inouïe. Je les dessine à reculons et m’amuse de cette performance un peu folle. La joie d’être ensemble est palpable, le temps passe étrangement très lentement, mais l’angoisse liée aux conséquences de nos comportements sur la planète un peu moins.
Vers 17h30, j’arrive péniblement à me frayer un chemin vers les escaliers du boulevard du temple. De ce petit promontoire, la place de la République se laisse embrasser pour un dernier dessin jusqu’à ce que résonnent les premières notes du concert d’Abd al Malik.
Je dois filer et suis un peu sonnée de tous ces mouvements et sonorités dissonantes parfois.
Mais heureuse d’y avoir vu malgré tout un certain nombre s’être déplacés. Seul ou en famille, entre amis, associations, ensembles musicaux, collectifs divers…


Marion Rivolier:
Samedi 16 mars, je ne savais pas combien de temps je pourrais "marcher pour le climat" alors j’ai jeté mon dévolu sur République, le point d’arrivée! J’ai été surprise par la voix d’Abd al Malik qui résonnait dans toute la place, c’était chouette de le voir pour la première fois. J’ai compris que c’était les balances du concert du soir. J’ai sorti mes aquarelles et mes pinceaux pour croquer cette scène habitée par Aziz, Shaka Ponk puis Emilie Loiseau. Les gens dansaient déjà avec quelques pancartes, brochettes, bières ou gilets jaunes.
Je me suis ensuite rapprochée de la statue pour capturer l’ambiance, surtout chaleureuse mais parfois houleuse entre manifestants!
Peu à peu la place s’est remplie, plus de monde, de pancartes, des gens qui se regroupent pour le concert simplement ou d’autres qui pensent qu’on peut changer l’ordre des choses. Consommer moins, partager plus, recycler, réparer, donner et récupérer. Est ce que l’on aime vivre dans ce monde jetable? Ou est-ce-que l’avenir peut être différent ?