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jeudi 16 mai 2019

Chronique des ateliers n°2 & 3 avec le Secours Populaire au Panthéon

[ par Urban Sketchers Paris ]


                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux] Brigitte Lannaud Levy:
Dessiner c'est avant tout regarder.
À voir la concentration des enfants et l'intensité de leurs regards après avoir écouté les consignes de l'exercice, on se dit qu'ils ont bien assimilé cette notion si essentielle à la pratique du dessin.  Ce sont leurs yeux qui en regardant le sujet guident leur  main le plus surement. On leur apprend avec Claire Archenault avec qui j'anime l'atelier des 6-8 ans que jamais rien n'est raté, que l'on peut toujours faire quelque chose, rebondir, créer à partir des petits accidents de crayon ou de pinceau. Ce sont comme des surprises dont il faut savoir s'amuser pour se laisser surprendre par son dessin. Pari gagné, les enfants sont enchantés de cette précieuse liberté qui leur est donnée. 

ATELIER #2


Mat Let:
Pour cette seconde session, après la joie de retrouver les enfants, nous avons dû passer aux choses sérieuses : dessiner l'architecture du Panthéon.
Mais le vrai défi pour ces enfants est le même que pour nombre d'adultes : accepter l'imperfection.
“C’est trop dur ! Je vais jamais y arriver !” Ils ont à peine 10 ans, mais on leur a déjà mis en tête qu’il doivent faire bien et beau. Mon but à moi est de leur faire comprendre qu’on a le droit de “déborder”, de “gribouiller”, et d’appuyer sur les crayons si ça nous fait plaisir !
Les explications ne suffisent pas, il faut les encourager, les accompagner à chaque instant, sans quoi la volonté et la concentration s’envolent vite.
Mais à la fin de la séance, les efforts de Sylvie qui anime l’atelier avec moi, et les miens sont récompensés quand j’entends une petite s’écrier : “Quoi c’est déjà fini ?! C’est nul !”
Je crois que c’est sa façon à elle de dire que ça lui a plu...

                                                                                                               [aquarelles de Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Pour cette deuxième séance d’atelier avec les enfants du Secours Populaire, c’est Agnès qui donne le cours et moi, je fais la traduction en anglais pour le jeune Parijit qui parle très peu français. Mais il est très doué en dessin et comprend très bien les exercices.
Cette fois-ci, nous travaillons sur l’espace, les coupoles, les colonnes, la structure du Panthéon, je n’ai pas tout le vocabulaire architectural mais ce n’est pas grave, on se comprend très bien. J’ai l’impression que nos deux accents, si peu anglophones, nous aident à communiquer. J’admire ce jeune garçon de parler si bien anglais à 13 ans!
Peu à peu, il apprivoise les crayons de couleur aquarellables, il comprend qu’il peut les utiliser secs ou mouillés dans le même dessin en fonction de l’effet qu’il souhaite obtenir. Il comprend de mieux en mieux les ombres et les lumières. C’est un plaisir de travailler avec lui!




Carnets d'Agnès:
Cela faisait longtemps que je voulais donner des cours de dessin à des enfants.
Le partenariat avec le Secours Populaire est une vraie chance et celui avec le Panthéon est exceptionnel, sans parler des sponsors. Quelle belle salle de classe que ce monument grandiose dans lequel je n’avais jamais mis les pieds ! Les enfants non plus, d’ailleurs.
La première fois, intimidés, ils écoutent sagement les explications historiques. Et puis il faut dessiner la Convention Nationale, en trait, en masse, en ombres et en lumières…
La deuxième fois, nous nous installons de dos par rapport à l’immense statue. Je m’occupe des «grands», de 9 à 14 ans. J’avoue que, ayant eu deux ados à la maison, le groupe me fait un peu peur avant de les connaître. Mais là c’est vraiment différent. Ils ont choisi l’activité, se sont inscrits et sont motivés. Ce qui se sent.
Nous découvrons ensemble les crayons aquarellables, ces crayons magiques qui se transforment en peinture avec un peu d’eau. Ils adorent. Et j’aime cet échange, ce partage de connaissance. Chacun s’approprie les outils, le décor, le dessin à sa façon. Certains restent bouche-bée, d’autres attaquent sereinement, mais tous produisent des dessins fantastiques, élaborés, c’est incroyable de découvrir les personnalités au travers de leurs dessins.
C’est une expérience extrêmement enrichissante et nous attendons avec impatience l’arrivée d’une météo clémente nous permettant de dessiner dehors avec des enfants pleins d’énergie.


ATELIER #3
Tula Moraes:
Énergiques, détaillés; chaque dessin est unique.
Les enfants cherchent à leur manière et trouvent la meilleure façon de suivre les consignes données par les intervenantes, on reconnaît la personnalité de chacun dans les empreintes laissées sur le papier
c'est un moment magique les feuilles ses remplissent au fur et à mesure que le temps avance.

                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux]
Sylvie Lehoux:
Pour ce 3ème rendez-vous atelier croquis au cœur du Panthéon, les enfants accompagnés par l'équipe du Secours Populaire étaient venus un peu moins nombreux en ce jour férié, mais motivés. Face au monument hommage aux artistes anonymes encadré de gigantesques colonnes, nous nous sommes divisés en 2 groupes. Les enfants ont pu appliquer les conseils des ateliers précédents et progresser dans le dessin et l'usage des différents outils graphiques (crayons aquarellables, feutres pinceaux réservoir) à leur disposition. Après plusieurs exercices réalisés avec succès les enfants étaient très fiers et nous aussi des beaux dessins qu'ils avaient fait ! Malgré les doutes, les ratures, les petits chagrins, l'insatisfaction les petits artistes ont encore triomphé et ils en ressortent plus fort et très fiers d'eux.



Brigitte Lannaud Levy:
C'est avec l'audace et la fraîcheur de leur jeune âge et forts des deux ateliers précédents que sans hésiter les plus petits de 6-8 ans,  dont j'anime le groupe aujourd'hui avec Sylvie Lehoux, se lancent dans la restitution d'un lieu aussi magistral et imposant que le transept Nord du Panthéon et son monument aux artistes anonymes. "Même pas peur, on est cap ". Après deux heures intenses à apprendre à trouver les vraies couleurs des sculptures et tentures, à les mélanger, à cadrer leur sujet,  à poser les ombres et faire jaillir la lumière,  ça autorise bien un  petit moment de détente et de fous rire autour d'un concours de grimaces. Dessiner c'est du sérieux mais avec Urban Sketchers Paris c'est jamais sans se prendre au sérieux.


Un grand merci Faber-Castell pour les feutres et crayons et Canson pour le papier.
Merci au Panthéon, au Centre des monuments nationaux pour l'accueil et bien évidemment aux bénévoles et mamans du Secours populaire de Paris pour l'encadrement des enfants.
Et merci à nos intervenants d'Urban Sketchers Paris : Brigitte lannaud Levy, Marion Rivolier, Mat Let, Claire Archenault, Carnets d'Agnès, Tula Moraes et Sylvie Lehoux.
On se retrouve le 12 juin pour le 4ème atelier au Panthéon!

lundi 29 avril 2019

Notre-Dame de Paris, après le feu et les larmes

[ par Marion Rivolier, Mat Let, Annick Botrel et Claire Archenault ]



Marion Rivolier
Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
Samedi, je suis passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.
Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.


Mat Let
Je n'aime pas trop croquer les monuments, ils sont complexes à dessiner et puis, ils sont là pour toujours, non ?
Pour tout dire, avant l'incendie je n'avais dessiné Notre-Dame que trois fois : en trente minutes lors d'un stage, en 20 minutes avec une amie pressée et en 1 minute trente (pour un résultat atroce) lors d'une balade sur la seine il y a quelques semaines.
Mais l'incendie m'a choqué comme tout un chacun et m'a prouvé que rien n'est éternel, même pas les cathédrales.
Le soir de l'événement, ma copine m'incite à partager mes dessins sur les réseaux sociaux, mais je n'en suis pas très fier et n'ai pas très envie de partager quelque chose qui ne reflète déjà plus la réalité.
Le lendemain, je me rends sur les bords de Seine pour rendre hommage à la grande dame blessée et capturer son nouveau visage après cette catastrophe historique. Cette fois, je prends mon temps pour l'observer et la dessiner.
Bien que blessée, elle m'apparaît tout de même fière et forte, toujours debout. L'absence de toiture semble presque naturelle, mais la flèche manque plus que tout ! Cette flèche, je la trouvais majestueuse, mais elle était si noire que j'avais hâte de la voir restaurée... ce qui n'arrivera jamais.

La présence d'un carnettiste à cheval sur le parapet en train de dessiner la cathédrale n'a pas manqué d'attiser la curiosité des passants... et des journalistes !
Et me voilà tour à tour en train d'être interviewé par la télé arménienne puis en direct par Cnews.
Je n'ai pas de réflexion particulièrement brillante à offrir aux médias et ils n'arrivent guère à mettre mon dessin en valeur dans leurs images. Mais enfin, les journalistes ont quelque chose d'un peu original à se mettre sous la dent moi je peux appeler ma mère en lui disant que je suis passé à la télé !

Quoiqu'il en soit, je me suis promis de respecter un peu plus la beauté des monuments, maintenant que je sais que comme nous ils sont éphémères, et de revenir régulièrement croquer Notre-Dame au fil de sa reconstruction.


Annick Botrel
J’avais déjà dessiné Notre-Dame en 2016, avec sa flèche et son toit bien visibles. Plus récemment à Noël avec son traditionnel sapin. L’incendie et le battage médiatique qui s’ensuivit conféraient tout à coup à cette vieille dame une touche de « célébrité » supplémentaire. Le soleil rayonnant et la soif d’évènement sensationnel attiraient un nombre croissant de badauds. Plus peut-être que la visite au chevet d’une grande malade. Il manquait la flèche. Une grue ou un bras métallique la remplaçait optiquement, un peu plus courte et coiffée d’une touche orange. De entrelacs des échafaudages déjà présents avant la catastrophe et comme d’une gigantesque toile d’araignée, émergeait une nacelle jaune. Quelque chose clochait et l’ambiance festive autour plutôt incongrue. J’aurais sans doute du traiter cette ferraille noire à l’encre pour donner un côté plus dramatique.


Coté parvis, nous avons réussi à nous glisser juste derrière la banderole rouge et blanche du périmètre de sécurité. J’ai discuté avec un CRS sympa, en plein cagnard, suant sous son harnachement mais ravi d’être dessiné ! Moi aussi, d’ailleurs, j’ai souffert pour ne pas me perdre dans les détails de cette architecture massive mais sophistiquée. Ma tour penche comme si elle allait tomber.
Le plus émouvant et surprenant était ces grands bras métalliques qui s’activaient le long des tours comme des bras de chirurgiens. Des pompiers en orange fluo se déplaçaient sur les balcons comme de minuscules fourmis. Je me serais d’ailleurs bien passée des interviews de journalistes arrivés comme des mouches et me demandant mon ressenti. Le reportage dessiné est sans doute une manière moins intrusive de couvrir un événement. Curieux aussi que la parole déconcentre autant quand on dessine.


Claire Archenault
Je suis passée sans la voir bien des fois.
Je suis passée sur le Pont d'Arcole samedi dernier, et j'ai vu la grande fragilité de cette amie, handicapée, et pourtant vénérée par le monde entier .
Arrivée à 17h30, rue des Chanoinesses, ce 23 Avril 2019, juste 8 jours après l'incendie j'ai posé ma boîte d'aquarelles au sol, le gardien des barrières de protection était gentil et souriant .
Je me suis battue avec mes pinceaux, un papier aquarelle mis à l'envers, mais surtout tous ces félins charpentiers en train de démonter et remonter des échafaudages, ils démontaient les derniers de la flèche, et remontaient pour bâtir protection à dame sans toit, avant que n'arrive la pluie.
J'ai remarqué que les ouvriers de Notre-Dame n'ont ni harnais ni protection, ils étaient 4, pour sauter de gargouille en gargouille, les échafaudages de bois sont déjà là pour soutenir les transepts, mais hélas ce dur labeur n'est pas considéré à sa juste valeur.
Aujourd'hui j'apprends que l'enquête judiciaire se tourne vers l'entreprise qui les embauche…
J'ai baptisé mon dessin Notre-Dame des Travailleurs.

jeudi 21 mars 2019

La marche du siècle à Paris, d'Opéra à République

[ par Mat Let, Marielle Durand, invitée et Marion Rivolier ]




Mat Let:
Comme beaucoup de gens, je suis à la fois extrêmement effrayé par les impacts du changement climatique et trop englué dans mes habitudes pour changer radicalement mon mode de vie.
Mais la Marche pour le climat est une excellente occasion de sentir la motivation des autres, de se donner de l'énergie. Et en tant que dessinateur, c'est aussi le bon moment pour agir en faisant ce que l'on sait faire: dessiner.
Nous voilà donc massés sur le parvis de l'Opéra Garnier. L'ambiance est plus proche de la Fête de l'Huma que de la fin du monde, les slogans vont bon train, les bières tournent tandis que je m'emmêle les pinceaux dans la foule et le fronton de l'Opéra.



Arrivé place de la République au soleil couchant, je suis frappé par le calme de ce jeune homme. Perché sur des vélos, il regarde au loin, serein, comme s'il avait compris quelque chose que nous autres, cloués au sol, n'avions pas encore saisi.
Plus terre à terre, je rencontre ensuite JP, des gilets jaunes de Bourges, déguisé en Vercingétorix en hommage aux propos peu flatteurs de notre président sur les "Gaulois réfractaires". Il est investi depuis le début du mouvement et s'est toujours préoccupé de l'aspect écologique, c'est pourquoi il a aujourd'hui rejoint la Marche pour le climat.
Il est dix-huit heures trente passées, le concert est lancé et nous quittons la place de République avec un mélange d'espoir que la belle énergie du jour se transforme en action et de peur que la classe politique reste sourde à notre détresse et à nos demandes...


Marielle Durand:
13h30. La place de l’opéra est comble et le soleil pointe son nez franchement.
Simon et Mathieu sont arrivés et ont déjà démarré leurs carnets. Je tente d’abord une vue générale depuis le trottoir de droite qui fait face à l’opéra. Cela me permet d’avoir une partie du bâtiment et le grand bus aménagé pour l'occasion qui s’est posté devant avec sur sa bannière la citation qui se passe de commentaires : “If we don’t give a fuck, we’re fucked”.
Une femme prend la parole pour scander des phrases aussi justes qu’angoissantes.
“Il ne nous reste plus beaucoup de temps”, “Plus de négociations, c’est maintenant, c’est l’action !!! »… Je suis peu à l’aise devant les personnes qui haranguent les foules tout comme d’être au milieu d’un grand nombre, particulièrement depuis novembre 2015.
Mais le dessin me permet de m’isoler quelque peu de cet état, d’analyser les lieux et la situation et de m’ancrer à un endroit où je me sens à ma place.
Après une brève pause café, on se met en route au milieu du flot de manifestants.


Une batucada, le collectif Zabumba, animera toute notre marche. Bien plus que les sound systèmes, la musique en direct est d’une force communicative inouïe. Je les dessine à reculons et m’amuse de cette performance un peu folle. La joie d’être ensemble est palpable, le temps passe étrangement très lentement, mais l’angoisse liée aux conséquences de nos comportements sur la planète un peu moins.
Vers 17h30, j’arrive péniblement à me frayer un chemin vers les escaliers du boulevard du temple. De ce petit promontoire, la place de la République se laisse embrasser pour un dernier dessin jusqu’à ce que résonnent les premières notes du concert d’Abd al Malik.
Je dois filer et suis un peu sonnée de tous ces mouvements et sonorités dissonantes parfois.
Mais heureuse d’y avoir vu malgré tout un certain nombre s’être déplacés. Seul ou en famille, entre amis, associations, ensembles musicaux, collectifs divers…


Marion Rivolier:
Samedi 16 mars, je ne savais pas combien de temps je pourrais "marcher pour le climat" alors j’ai jeté mon dévolu sur République, le point d’arrivée! J’ai été surprise par la voix d’Abd al Malik qui résonnait dans toute la place, c’était chouette de le voir pour la première fois. J’ai compris que c’était les balances du concert du soir. J’ai sorti mes aquarelles et mes pinceaux pour croquer cette scène habitée par Aziz, Shaka Ponk puis Emilie Loiseau. Les gens dansaient déjà avec quelques pancartes, brochettes, bières ou gilets jaunes.
Je me suis ensuite rapprochée de la statue pour capturer l’ambiance, surtout chaleureuse mais parfois houleuse entre manifestants!
Peu à peu la place s’est remplie, plus de monde, de pancartes, des gens qui se regroupent pour le concert simplement ou d’autres qui pensent qu’on peut changer l’ordre des choses. Consommer moins, partager plus, recycler, réparer, donner et récupérer. Est ce que l’on aime vivre dans ce monde jetable? Ou est-ce-que l’avenir peut être différent ?

jeudi 7 mars 2019

Workshop "Les Parisiens, attrapez-les tous" avec Sheila R. Putri et Mat Let

 [ par Sheila R. Putri et Mat Let ]


Bien qu'habitant à plus de 11000 kilomètres de distance Sheila (qui vit à Jakarta) et le parisien Mat ont une passion commune : dessiner les gens !
Dans les transport, la rue, un concert, un chantier, en voyage, ce sont avant tout les gens qui donnent de l'âme à leur dessins, racontent des histoires, nous parlent de culture et de mode de vie.

Pour la prochaine venue de Sheila à Paris, ils ont donc décider d'organiser un stage ensemble afin de partager leur passion et de croquer les Parisiens.

Une terrasse parisienne par Mat

Les objectifs du stage sont de prendre confiance lors du dessin de personnages sur le vif, puis de parvenir à les intégrer dans des scènes plus larges avec du décor et de l'architecture.

Le stage est ouvert à tous les niveaux et aura lieu le 24 mars au Halles de 10h à 17h.

Au programme :
Matin 
- 10h : introduction et bataille de portraits entre Sheila et Mat
- 10h30 à 11h30 : une série d'exercices rapides pour lâcher son trait en dessinant les gens et renforcer son sens des proportions et de l'observation
- 11h30 à 12h30 : des croquis plus longs, où l'on commence à inclure les gens dans leur environnement

12h30 à 14h : pause déjeuner ensemble dans un café (non obligatoire)

Après-midi
14h à 15h30 : capturer les gens en mouvement en utilisant des silhouettes à l'aquarelle puis découverte du "dessin Frankenstein" de Sheila (démo)
15h30 à 16h : comment dessiner un groupe ?
16h à 17h : mise en pratique des apprentissage de la journée pour le dessin d'une large scène

17h : temps d'échange et de partage au café (non obligatoire)


Quand Sheila se pose pour déjeuner, elle passe son temps à dessiner

Le stage sera donné intégralement en Français et en Anglais et le nombre de participants sera limité à 20.
Le coût du stage est de 60€ pour la journée, contactez Mat pour vous inscrire : letellier.m@gmail.com

vendredi 22 février 2019

Back dans les bars

 [ par Mat Let ]


J'ai eu la chance de passer les fêtes au soleil en Inde. Mais de retour, malade, temps gris, ce fut très dur de retrouver la motivation pour aller dessiner dehors.
Heureusement, le message d'une amie dessinatrice et la promesse d'une bière m'ont convaincu de sortir de ma tanière, pour aller dessiner au Mazet, un pub irlandais près d'Odéon.
Ce monsieur avec sa silhouette cabossée par la vie et sa solitude au bar a tout de suite attiré mon regard. Il semble être un habitué du lieu qui vient boire un verre pour se réchauffer.
J'essaye de capter la lumière qui se reflète sur son cuir élimé et si j'aime le résultat global, je pense que le tout aurait mérité un peu plus de délicatesse...




Plus tard dans la semaine, en plein après-midi, je me retrouve à la Timballe, un bar branché proche de Simplon. Autour de moi, des trentenaires uniquement, en mode co-working. ça parle business plan dans un coin, théâtre et projet artistique dans un autre.
Le serveur m'ignore pendant au moins 30 minutes, ce qui me laisse le temps d'alterner feutre et encre grise pour jouer sur le focus de mon dessin.
J'obtiens finalement un verre de vin chaud et le serveur apprécie le résultat final. Il propose de m'offrir mon verre en échange du dessin. Je propose de lui faire un tirage. Il veut l'original, je ne veux pas être payé 4€ pour plus d'une heure de travail, on se quitte sur un sourire crispé...
C'est toujours compliqué de faire comprendre la valeur d'un dessin aux gens, même quand il est sans prétention.




Passant du bas du 18ème à la butte, je rentre au Cépage Montmartrois, le lendemain, à la même heure. Mais ici, l'ambiance est toute différente : les startuppers et artistes en devenir ont laissé place à une légion de retraités. Je pense honnêtement être le seul client de moins de 65 ans dans le bar. Bon, ça tombe bien, j'ai toujours aimé dessiner les "vieux".
Je commence par ce groupe de femmes qui ont l'air de bien s'amuser. N'entendant pas leur conversation, je les imagine en train de partager les derniers ragots du quartier. Moi, je m'emmêle un peu les crayons de couleurs, avec cette technique que je ne maîtrise pas bien et ce papier un peu trop granuleux.




Du coup, je retourne dans ma zone de confort en dessinant le monsieur aux cheveux blancs en face de moi à grands coups d'encre noire et avec quelques touches d'aquarelle. Il est plongé dans une grande conversation avec sa voisine sur l'utilisation de Whatsapp, quelque part entre la tentative de séduction et le mansplaining patenté. Il ne me remarque pas et, mon chocolat chaud fini, je remballe mes crayons pour partir vers de nouvelles aventures au coin des zincs parisiens.

jeudi 3 janvier 2019

SketchSwap Paris-Barcelone : le tirage au sort

[par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Sophie Voisin et Mélanie Ménard King]



Dessin de MatLet

Ce samedi 15 décembre, c’était le grand jour du tirage du SketchSwap, l'échange de dessins entre Paris et Barcelone. Après une après-midi à croquer sous la grande nef du Cent Quatre c’est au Grand Café que nous nous sommes retrouvés pour découvrir quel dessin allait être attribué à chacun.



Certes, les 55 participants n’ont pas pu tous être présents. Il y avait les virus de l’hiver, un tiers des stations de métro fermées, une météo peu clémente, et les obligations personnelles des uns et des autres. Malgré cela, nous étions tout de même une trentaine à assister à l’événement.


Dessin Annick Botrel

L’éclairage du café étant un peu minimaliste, MatLet et Annick se sont mis à l’œuvre pour croquer notre tablée. Chacun tirait un numéro, le dépliait - parfois fébrilement - avant de découvrir quel dessin portait ce numéro.
Nous avons ensuite tiré des numéros pour nos camarades absents. Les dessins leur seront remis lors des prochaines rencontres Urban Sketchers Paris au mois de janvier.


Quelques-uns des dessins envoyé par les sketcheurs barcelonais

Tout le monde a été impressionné par la qualité des œuvres envoyées par nos amis barcelonais. Nous espérons bien sûr qu’ils seront aussi satisfaits de notre production.
L’ensemble des 110 dessins est visible en ligne en cliquant sur ce lien

N’hésitez pas à regarder, à partager. Et à postuler pour le prochain échange !



Et un grand merci aux organisatrices parisiennes, Mélanie et Sophie et aux organisateurs barcelonnais!

lundi 25 juin 2018

Urban Sketchers Paris, c'est aussi des Drink & Draw!

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de MatLet ]

[aquarelle de Marion Rivolier]

Jeudi 7 juin à partir de 19h, venez dessiner et boire des verres avec les Urban Sketchers Paris au Ground Control (81, rue du Charolais 75012 Paris) ! Quel que soit votre niveau, que vous connaissiez le groupe ou non, vous êtes les bienvenu.e.s !
C'est avec ce message que MatLet nous a tous conviés à ce premier Drink & Draw du printemps.
Ce qui est chouette avec les Drink & Draw, c'est que cela permet de se détendre après une dure journée de travail, on se retrouve pour une ou deux heures pour dessiner et boire un coup! Certains ne font que boire alors que d'autres croquent, c'est ça le partage!

Il faisait chaud, l'endroit était bondé mais nous avions nos carnets pour nous "reconnaître". Je pense que nous étions au moins vingt sketchers, certains venaient pour la première fois et ont découvert notre groupe dans une ambiance détendue.


J'ai commencé par commander une bière (!) puis je me suis installée sur le coin d'une palette, le dos calé sur un pot d'olivier. Tula est à ma droite, on discute des différents événements Usk qui se sont déroulés ces derniers temps : la rencontre Usk france à Aix, la rencontre à Tours avec les sketchers de Minneapolis. On réalise que l'on a rencontré un nombre incroyable de gens formidable depuis que l'on a rejoint Urban Sketchers! Je peints les personnages, les gens bougent tout le temps mais ce n'est pas grave, les uns remplacent les autres au fur et à mesure des mouvements... Marion


[dessin de Anne Weber]


Je suis arrivé au Ground Control un peu stressé après une journée de dessin intense et surtout un peu en retard, mon téléphone résonnant toute les dix secondes des messages des participants cherchant le point de ralliement dans cet immense espace.
Et puis une fois installé, la tension est retombée : les habitués d'Usk Paris discutent avec les petits nouveaux qui découvrent le groupe, le tout sous une belle lumière de fin de journée, propice aux croquis.

  [dessin de Gabrielle Cornuault]                                                               [dessin de Claire Archenault]

Le nombre de participants décline avec le jour, mais quelques irréductibles restent et quand on n'y voit vraiment plus assez pour croquer, on va se chercher des bières et de quoi manger pendant que l'on continue à deviser sur le dessin, nos inspirations, nos envies, nos techniques... En bref, un moment d'échange et de rencontres qui fait du bien, même si la prochaine fois il faudra que je sorte le nez de ma bière pour dessiner ! MatLet


    [dessins de Sylvain Cnudde]                                                                     [dessins de Cyrille SaiiSaii]


Merci aux anciens et aussi aux nouveaux qui nous ont permis de présenter leurs dessins!
A bientôt pour le prochain Drink & Draw!

mercredi 6 juin 2018

Hommage d'un sketcher parisien à un chanteur de Pantin

 [ par Mat Let ]


Entre Jacques Higelin et moi, ces trente dernières années, ce fut une longue série de rendez-vous manqués. Je devais avoir à peine 5 ans, dans les escalators de la géode quand mon oncle me dit « regarde Mat, c’est Jacques ». Je me retourne et lance un regard probablement empreint de ma française arrogance au grand escogriffe derrière moi. Jacques ? Moi je connais pas. « Laisse-le le rêver ! » dit Higelin à mon oncle.

Je crois que j’ai regretté toute ma vie de n’avoir pas su qu’Higelin n’était pas un prénom.
Plus tard, vers 2009, je cours vers chez moi car j’ai oublié mon portefeuille pour aller faire les courses. Et là, rue de Mogador : Higelin, accompagné de son prénom et de quelques personnes. Je m’arrête. Conflit intérieur : portefeuille ? Parler à Higelin ? Lui dire quoi ? A l’époque, je ne manque pas d’excuses pour ne pas suivre mon coeur, ce sera donc portefeuille, en priant qu’il soit encore là à mon retour. Evidemment non.
Et puis 2018. Jacques est mort et tandis qu’on l’enterre en chanson je suis dans un train pour l’Italie. Entre temps, il y a eu de nombreux rendez-vous réussis : la prairie à Caen en 1992, un autre fois au Zénith, puis en 2007 au Bataclan, 2012 au Casino de Paris et une dernière fois, plus difficile, à la Philharmonie de Paris. Jacques ne voulait pas quitter la scène. Il est parti quand même.
Alors hier, sous le soleil du printemps, me voilà devant sa tombe. Enfin, nous pouvons discuter, entre les visites de nombreux fans, parfois éplorés.
Je sais quoi lui dire. Que sa musique m’a accompagné depuis ma naissance, peut-être même avant. Que j’ai toujours puisé dans ses paroles de quoi vivre mes émotions. Qu’ado je m’étais fait une cassette avec ses chansons, allant de Ci-gît un star à Excès de zèle en passant par La rage en d’dans et Dans mon aéroplane blindé, pour me sortir de la déprime. Et que ça marchait. Que longtemps j’ai pensé que « je vis pas ma vie, je la rêve » serait l’histoire de ma vie. Qu’aujourd’hui, je ne rêve plus ma vie, je la vis. Qu’il n’est pas mort, puisqu’il est dans mes oreilles.
Il me répond, narquois, qu’on s’en fout d’être mort quand on a vécu (tu vois). Me dit dans un sourire que je l’ai laissé rêver, l’enfant qui est en moi. Me demande de lui dessiner une chèvre, pour son mouton, tiens. D’aller chercher les allumettes au fond des yeux que je croiserai. Et puis surtout, de ne pas oublier le plus beau cadeau de la vie, la joie.
La cloche retentit. Le cimetière ferme. Je pars, léger, léger, léger. Ce rendez-vous-là, on ne l’a pas manqué.
A bientôt, Jacquot !

Joli moment d'échange de techniques de dessin avec ce jeune homme !

samedi 2 juin 2018

Découvrir, explorer et partager, une des devises des Urban Sketchers

[ par Tula Moraes, Mat Let et leur invitée, Cristiane Franchevich ]



Aquarelle de Cristiane Franchevich 

Les workshops Urban Sketchers nous offrent la possibilité d'explorer des nouvelles techniques, découvrir d'autres méthodes et partager nos expériences.
J'ai récemment accompagné Cristiane Franchevich venue du Minnesota pour nous faire explorer l'univers du pigment avec la rencontre de l'eau....notre bien aimée Aquarelle.
Pinceau magique, neige, et quelques thés ont réchauffé notre après midi..
Cris était heureuse et ultra motivée d'avoir partagé, dans une journée exceptionnelle, son univers et nous a laissé ses impressions:
"This is what the Urban Sketcher's movement is all about: to meet and connect artists from all over the world, to see old friends and establish new friendship. The exchange, the long walks, the discovery. The use of the urban area as a meeting space. Drawing on site is my way of understanding the world. To be aware our surroundings can be transformative."


Aquarelle de Tula Moraes 

Mat let nous a rejoint pour continuer ce partage et un bon vin chaud m'a réchauffé le coeur




Dessin au crayon de couleurs de Mat Let 


Quel plaisir que de faire découvrir Paris à de nouveaux amis ! Pendant cette journée avec Tula, Cris et son mari JC, tandis que je teste mon niveau de portugais, JC devient ma muse. D'abord dans le métro, où son bonnet perché sur son crâne et son air de Brésilien transi de froid me donnent une irrésistible envie de le croquer dans mon tout petit carnet.


Aquarelle et dessin de Mat Let 

Puis, plus tard, dans un café, j'y reviens, essayant de capturer son air concentré (renfrogné ?) pendant qu'il dessine et l'ambiance chaleureuse du bar.

Foi um bom dia, comme on dit là-bas !

mardi 8 mai 2018

Nicolas Doucedame : un sketcher aixois à Paris

[ par UrbanSketchers Paris ]


Dessin Nicolas Doucedame
Parisien pour quelques jours, Nicolas Doucedame a invité les sketchers parisiens à venir le rejoindre pour dessiner en sa compagnie. Marie et Till, ses deux enfants - aussi talentueux que leur père - étaient aussi de la partie.

Dessin Marie-Christine Compan
Nous avons été nombreux à nous retrouver place des Vosges le matin, puis au musée des Arts et Métiers, l’après-midi. La météo était avec nous : soleil et douce chaleur. Difficile dans ces conditions de s’enfermer trop longtemps dans le musée. Assis dans l’herbe, la coupole de la chapelle fera un parfait sujet d’étude pour plusieurs d’entre nous.

Quelques sketchers du mardi autour de Nicolas Doucedame.
Dessins Sophie Voisin
Le lendemain, il y avait comme un retour de l’hiver sur Paris, avec un petit vent froid et quelques gouttes de pluie. La matinée a commencé sur le pont Alexandre III dont les lampadaires de bronze et leurs amours dansants ont été largement croqués. 

Dessins Annick Botrel
Dessin Nicolas Doucedame
Pour nous réchauffer, rien de mieux que le Petit Palais tout proche. L’architecture, d’une grande richesse décorative, de ce joyau de l’Exposition universelle de 1900 est toujours une source d’inspiration. Mais si la galerie du jardin intérieur nous abrite des averses, le froid est toujours présent.

Les sketchers du mercredi au Petit Palais
Pour le déjeuner un petit groupe met le cap sur République.
Mat nous raconte la suite de la journée :
« Je rejoins le groupe chez Prune mercredi après-midi. Je suis bien content de voir que leur appétit pour les plats n'a d'égal que leur envie de dessiner et nous crobardons quelques portraits sur les nappes en papier et les menus.
Puis je m'en vais croquer le canal Saint-Martin, que je n'avais encore jamais dessiné. Je me perds dans les détails des ombres et des lumières et une heure et demie plus tard, plus de sketchers autour de moi ! Nicolas et sa troupe sont à Bastille, à deux kilomètres de là. Je les rejoins à pied.

Le canal Saint Martin croqué par Mat et Nicolas
Autour d'une bière (plusieurs en fait), Nicolas me propose d'inaugurer un de ses carnets. Je fais donc son portrait sur la page de garde et lui propose de faire de même sur la dernière page d'un des miens.
Portraits croisés et surtout amitiés échangées avec Nicolas et sa famille de dessinateurs talentueux, le tout se terminant dans un restaurant du quartier ! »

Et Claire de renchérir :
« Nous avons passé un super moment au restaurant chez Prune, au bord du canal Saint-Martin. Mathieu, qui a pris une photo, peut témoigner de nos picasseries (portraits sur les menus et serviettes du bistrot). On a quand même payé l'addition... Mais j'ai récupéré un joli croquis fait par Till. »

Séance portraits chez Prune et portraits croisés Mat/Nicolas
Claire, toujours :
« Au bord du canal, il y a ceux et celles qui aquarellent les ponts. Moi, j'ai eu envie de peindre Tom, Hélène et Nicolas en train d'aquareller les ponts et l'eau. »

Quand Claire croque Nicolas et son chapeau, Nicolas croque Claire et son blouson turquoise.
Deux belles journées, intenses et créatives, que Nicolas a résumé ainsi : « Un très bon moment de partage. De la richesse et de la diversité aussi bien du point de vue humain qu’architectural ».
À bientôt, donc, Nicolas, les sketchers parisiens te retrouveront avec plaisir en juin, du 1er au 4 juin,  pour la rencontre nationale des USK à Aix !