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lundi 17 juin 2019

350 sketchers à Dijon pour la 7ème rencontre Urban Sketchers France!

[ par Urban Sketchers Paris ]



La 7ème rencontre Urban Sketchers France s'est déroulée à Dijon du 31 mai au 2 juin 2019.
C'est le groupe Urban Sketchers Bourgogne Franche-Comté qui s'est chargé d'organiser ce bel événement.


Marion Rivolier:
Arrivée la veille à Dijon, plusieurs peintures pour s'échauffer, il est temps de s’attaquer au célèbre ours de François Pompon. Ne pas le dessiner, le garder en réserve, et surtout essayer de capturer ses courbes un peu étranges. Ce sont les arbres et arbustes, en couleurs et en valeurs qui me permettent de le faire apparaître. Je suis à l’ombre des feuillages pour m’abriter de la chaleur et ils portent ombre sur mon dessin, donc pas simple à gérer ... nous sommes aussi beaucoup sollicités par les passants qui se demandent pourquoi tant de gens dessinent. Ils pensent qu’il y a concours de peinture. Quand on leur répond que c’est une rencontre amicale d’Urban Sketchers et qu’il n’y a rien à gagner, ils restent interloqués... de nos jours, rassembler 350 personnes avec aucun prix à la clé leur semble absurde. Et bien pour nous, c’est ce pourquoi nous le faisons, échange et partage dans la générosité et l’amitié!

Week-end réussi grâce à l’équipe organisatrice, à leur gentillesse et à leur gestion impeccable d’un groupe de 350 personnes!


Annick Botrel:
En arrivant à Dijon, je ne m'attendais pas à voir une ville au patrimoine architectural si prestigieux.
Le centre historique a été magnifiquement restauré. Les innombrables églises de toutes les époques et de tous les styles et les maisons à colombages du Moyen-Age cohabitent parfaitement avec les hôtels particuliers du XVIIIe siècle. Le choix du sujet était parfois difficile car les angles de vue étaient nombreux... et compliqués. Que de toits enchevêtrés et de clochers différents ! Question perspective et architecture, nous étions servis. Un vrai régal. Les touristes, nombreux pour ce week-end de l'Ascension, ont été très curieux et bienveillants devant ces ribambelles de croqueurs.
Quant à l'organisation de cette rencontre, bravo. Les parcours étaient très bien faits et les visites spéciales avec Fred le conférencier, passionnantes. Un grand merci à toute l'équipe de Bourgogne-Franche-Comté.


Anne Weber:
C'est par une journée d'automne glaciale et pluvieuse que j'ai visité Dijon il y a une vingtaine d'années ; c'est donc avec un grand plaisir que j'ai découvert un tout autre aspect de cette magnifique ville par un grand week-end ensoleillé !
Le fait que le centre-ville soit en grande partie piéton a rendu particulièrement agréable mon séjour et a facilité les échanges avec les habitants curieux de me voir dessiner assise par terre en plein milieu de la rue de la Verrerie. J'ai choisi de travailler sur un carnet accordéon rempli au gré de mes pérégrinations dans la ville, voici mon morceau préféré : on y retrouve un immeuble art nouveau (surnommé par tous les sketchers "la maison japonaise"), une façade renaissance de la rue des Forges et le fameux ours de Pompon qui m'a permis de fuir la chaleur.
Un grand merci aux organisateurs et en particulier à Fred, dont j'ai particulièrement apprécié les explications pendant les visites privilégiées qu'il nous a permis d'effectuer !


Oludotun Fashoyin:
Me voilà de retour à Dijon après une première visite 13 ans plus tôt.
Alors que je n'étais à l'époque qu'un touriste venu se balader trois heures dans la ville sous la pluie, là je me suis accordé trois jours pour dessiner la ville sous un soleil toujours présent. A l'exception d'un "jardin proche de la gare", en l'occurrence le jardin Darcy, je n'ai rien reconnu de l'époque. Et tant mieux. Je me suis régalé en découvrant rues piétonnes, églises immenses, et places animées, le tout dans le centre ville. Inspiré, je me suis offert le plaisir de croquer la très haute Notre-Dame deux fois sur deux pages. Devant un édifice aussi magnifique, que faire d'autre ? Un grand merci aux organisateurs de cette rencontre très réussie.


Sophie Voisin:
Trois jours, le nez en l’air et le pinceau vagabond, à musarder et découvrir une ville où je n’étais jamais allée. C’est là une partie de la magie des rencontres nationales Urban Sketchers.
Le centre historique contient beaucoup d’immeubles de toute beauté, mascarons grimaçants ou impavides, petites rues pavées, toitures biscornues. J’ai particulièrement apprécié le musée des Beaux-Arts - plutôt bien rénové, hormis une circulation assez improbable - la salle des gisants avec son cortège de pleurants et l’interprétation inspirée et très émouvante qu’en a faite l’artiste dijonnais Yan Pei-Ming.
Mention spéciale aussi au musée Rude où le Départ des volontaires, encadré par deux hauts murs de l’ancienne église St Etienne impressionne par son gigantisme.
A mon tour de remercier les organisateurs pour cette belle rencontre et ces découvertes !


Marie-Christine Compan:
Dijon est une ville très belle où je retournerai dessiner avec plaisir.


A l'année prochaine!

jeudi 22 novembre 2018

Premiers frimas au parc des Buttes-Chaumont

[ par Urban Sketchers Paris ]


dessin de Anne Weber

Les Urban Sketchers parisiens s'étaient donné rendez-vous chez Rosa Bonheur, la guinguette du parc des Buttes Chaumont par un beau samedi après-midi ensoleillé.
Attirés par les belles couleurs automnales, tout le monde s'est éparpillé dans le parc pour trouver le spot idéal, celui qui lui permettrait de dessiner tout en lézardant au soleil. Et oui, le sketcher sait qu'en ce mois de novembre les dessins réalisés en plein air vont commencer à se faire rares et qu'il faut profiter des moments propices.

dessin de Sophie Voisin

Trois d'entre nous se sont retrouvés à l'entrée principale du parc, près de la mairie du XIXe arrondissement ; Sophie qui avait préparé une feuille avec des taches d'aquarelle jaune pour croquer des arbres a vite trouvé son bonheur devant un platane.

dessin de Oludotun Fashoyin

Anne et Oludotun se sont concentrés sur l'architecture des bâtiments qui les environnaient : le pavillon Armand Carrel et la mairie que l'on aperçoit derrière les grilles du parc, tout en essayant de faire ressortir les contrastes bien marqués.

dessin de Béatrice Kluge

Béatrice quant à elle, s'est installée sur un banc au soleil devant une belle percée entre les arbres et dans son dos les commentaires bienveillants de promeneurs. Elle se réjouissait des couleurs de l'automne qui filtraient à travers un arbre déjà sans feuilles et de la sensation d'espace grâce aux immeubles à l'arrière plan.

Après une bonne heure de dessin, le froid s'est rappelé au bon souvenir des sketchers immobiles et tout le monde s'est ensuite retrouvé au Rosa Bonheur pour un chocolat chaud bien mérité ! 

lundi 27 août 2018

Le Porto-Off des Parisiennes au Symposium Urban Sketchers 2018 : perspectives !

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Claire Archenault ]


Rua da Casino da fonte Vila Nova de Gaia [par Claire Archenault ]

USK Symposium Off, cela veut dire des rencontres, avec 800 sketcheurs sur le site historique de cette belle ville, des échanges en anglais, en espagnol, en portugais, en langues asiatiques. Cela se passe cette année en Europe, et nous avons pu nous joindre plus facilement à cette énergie partagée de dessinateurs, architectes, illustrateurs et peintres du monde entier.. Chacun(e) d'entre nous en a rencontré, carnet et matériel à la main, aimer dessiner est le leit-motiv , et nous échangeons entre deux escaliers, deux points de vue, ces moments précieux, clins d’œil au regard de l'autre, dans son humanité.

Etre en Off à Porto, c'est choisir parfois l'autre coté de la rive pour observer la formidable vue des maisons au bord du Douro, la circulation des bateaux, des voitures, le téléphérique qui monte au château,  dans une lumière estivale magique.
Mon goût pour les scènes de vie, a pu trouvé ici de formidables points de vue, que j'ai tenté de restituer par l'aquarelle en direct, sur un carnet "fait maison" avec un  beau papier Fabriano 300 gr. [Claire]

 Vila nova de Gaia composition [par Sophie Voisin ]

"Vila Nova de Gaia, en traversant le Ponte Dom Luis, est réputée pour ses caves et ses chais.
Le long du quai, on croise toutes les grandes maisons de vins de Porto mais c’est la jolie façade Art Déco d’un des plus anciens clubs d’aviron du Portugal qui m’a attiré l’œil.
Plus tard, cherchant l’ombre des ruelles latérales, j’ai croisé Half Rabbit, une création éclatante de Bordelo II, dont j’avais déjà admiré le Raton Laveur à Lisbonne.
Cet artiste portugais, deuxième du nom, (son grand-père était peintre) recycle des déchets, pièces automobiles ou appareils ménagers, pour créer de gigantesques animaux colorés qu’il accroche aux murs. Une manière interpeller le passant sur le désastre écologique que représente notre société de consommation et son impact sur la nature.
Les Parisiens peuvent voir son Castor au 87 rue du Chevaleret." [Sophie]

Ponte Dom Luis   [par Annick Botrel]

"Le magnifique pont métallique qui enjambe le Douro est l'œuvre d'un disciple de Eiffel (fin du XIXe siècle).
L'élève a dépassé le maître car je le trouve plus élégant que celui de Eiffel, construit juste en amont.
Je l'ai dessiné en plein soleil, depuis les escaliers qui le surplombent. Comprendre sa structure est essentiel pour le dessiner correctement.
J'ai quand même cuit une bonne heure et demi pour venir à bout de la chose !" [Annick]

Composition d'éléments remarquables d'architecture portuguaise [par Anne Weber]

Anne de son coté, a assemblé dans une composition très subtile, différents sites de Porto pour nous décrire les richesses de cette ville, en balayant  les époques allant de l'art roman  de la cathédrale à l'Art Nouveau de la Praça da Liberdade , nous livrant ainsi un reportage visuel  très complet...

Cais da Ribera [par Annick Botrel] 

 "La praça da Ribeira est le cœur du quartier historique de Porto.
Ses maisons colorées pour la plupart recouvertes d'azulejos, sont typiques du Portugal. Ce fut le coin le plus arrosé de Porto...le point de rencontre des Urban Sketchers France en fin de journée ainsi que le lieu officiel des Drink & Draw pour le Symposium !"[Annick]

 Libreria Latina, rua da Banharia [par Anne Weber]

Galeria de Paris restaurante  [ par Claire Archenault]

A deux pas de la librairie Lello, la rue Galeria de Paris  abrite le restaurant du même nom, havre de paix en mi-journée et menu très attractif … Faute d'avoir été tamponné mes aquarelles au Symposium, j'ai quand même eu comme preuve de mon passage à Porto le tampon de ce restaurant , tout couvert  de boiseries, et décoré de voitures années 60, et d'un énorme Grosminet jouant du tuba sur le comptoir.
A Porto, au vinho verde, santé, saude !

jeudi 9 août 2018

Une rencontre estivale à la Miroiterie

[ par Sophie Voisin ]


dessin de Sophie Voisin

Un samedi caniculaire, à 14h, les sketchers parisiens avaient rendez-vous à la Miroiterie.
Pas grand monde en ce début d’après-midi sur la friche urbaine du 88 de la rue de Ménilmontant : les enfants font la sieste et l’apéro du soir est encore loin. Le lieu est donc tout à nous.
Avant même de chercher le sujet à dessiner, il faut trouver la flaque d’ombre qui protégera de la cuisson immédiate. Agnès et Flore se sont assises sur les palettes branlantes recouvertes de pelouse synthétique qui longent la palissade. D’autres s’assurent la solidité des chaises en bois d’écolier et l’ombre des tentures colorées.

A gauche : dessin de Jean Mauferon.                                                                                    A droite : dessin d'Anne Weber

Près de nous une garderie accueille les petits, permettant aux parents de boire un verre tranquillement. C’est en tout cas ce que la jeune femme qui s’en occupe tente d’expliquer aux mères inquiètes qui lâchent difficilement leur progéniture.
A l’entrée, des artistes s’affairent sur une fresque collaborative : perchée sur une échelle, l’une colle des plaques de mousse végétale sur un mur tandis que l’autre, armé d’un aérographe, le recouvre des couleurs de l’arc-en-ciel. La douce musique du compresseur n’altère en rien la concentration de nos dessinateurs.
Les croqueurs sont croqués et les outils, variés : pendant que Jean dessine un masque au pinceau feutre, Anne dessine Jean au bic.



Vers 17h, tout le monde se retrouve pour le rituel échange de carnets. La foule commence à arriver. Il est temps de nous éclipser.
Encore une belle journée !

vendredi 25 mai 2018

Dessiner Liège 2018, une rencontre Urban Sketchers avec plus de 250 dessinateurs

[ par Oludotun Fashoyin,  Sophie Voisin et Anne Weber ]


la cour des Minimes - dessin d'Anne Weber

Quatre ans après une première édition qui avait donné lieu à un livre que bon nombre d'entre nous possèdent, Gérard Michel et la Société libre d'Emulation de Liège ont remis le couvert en invitant les Urban Sketchers à revenir croquer leur ville du 10 au 12 mai. En guest-stars, 14 croqueurs de renom dont les dessins devraient figurer dans un nouvel ouvrage.
Tout le monde se retrouve de bon matin à l'école des Beaux-Arts Saint-Luc ; chacun reçoit un carnet accordéon d' 1, 2 ou 3 mètres selon la durée de son séjour.
Nous sommes 4 parisiens à avoir relevé le défi :pour nous ce sera 2 jours de croquis intensifs et donc 2 mètres de carnet à remplir.

Dessin de Oludotun Fashoyin

Manque de chance, le beau temps n'est pas de la partie et c'est sous la bruine que nous partons à l'assaut des côteaux de la ville.
Autre contrainte à surmonter, la taille du carnet fourni (18cm par 19 cm) qui est assez éloigné des formats que nous utilisons...tandis que Dotun s'installe au sommet de la montagne de Bueren (c'est à dire une montée de 375 marches assez impressionnante) nous poursuivons notre chemin à la recherche de l'inspiration.
Serait-ce le papier qui cette fois nous joue des tours ou le ciel nuageux ? Les couleurs de nos aquarelles ont bien dû mal à ressortir !

Les invités de marque autour de Gérard Michel - photo de Blandine Robidet

Le soir, réception à l'hôtel de Ville : c'est l'occasion de retrouver la joyeuse bande de sketchers : il y a ceux qu'on connaît déjà, ceux qu'on connaît sans vraiment les connaître et ceux qu'on aimerait connaître ; on y admire en tous cas des carnets que certains ont déjà bien remplis.
  
dessin de Sophie Voisin

Jour 2, le beau temps est là et nous sommes au taquet pour finir l'accordéon !
Nous retrouvons un bon nombre de sketchers au pied des fameux escaliers, puis sur la place du Marché.


dessin de Anne Weber

Après une bonne bière, on commence à partir en direction de la gare en passant par la Collégiale Saint-Jacques : pas le temps de s'attaquer à l'impressionnant plafond gothique, on se contentera d'une belle statue de Saint-Hubert !

Dessin de Oludotun Fashoyin

La gare des Guillemins (une réalisation de l'architecte espagnol Calatrava) avec sa grande voûte majestueuse nous attire irrémédiablement pour un dernier croquis : au revoir Liège, on revient dans 4 ans !

dessin de Sophie Voisin

mardi 8 mai 2018

Nicolas Doucedame : un sketcher aixois à Paris

[ par UrbanSketchers Paris ]


Dessin Nicolas Doucedame
Parisien pour quelques jours, Nicolas Doucedame a invité les sketchers parisiens à venir le rejoindre pour dessiner en sa compagnie. Marie et Till, ses deux enfants - aussi talentueux que leur père - étaient aussi de la partie.

Dessin Marie-Christine Compan
Nous avons été nombreux à nous retrouver place des Vosges le matin, puis au musée des Arts et Métiers, l’après-midi. La météo était avec nous : soleil et douce chaleur. Difficile dans ces conditions de s’enfermer trop longtemps dans le musée. Assis dans l’herbe, la coupole de la chapelle fera un parfait sujet d’étude pour plusieurs d’entre nous.

Quelques sketchers du mardi autour de Nicolas Doucedame.
Dessins Sophie Voisin
Le lendemain, il y avait comme un retour de l’hiver sur Paris, avec un petit vent froid et quelques gouttes de pluie. La matinée a commencé sur le pont Alexandre III dont les lampadaires de bronze et leurs amours dansants ont été largement croqués. 

Dessins Annick Botrel
Dessin Nicolas Doucedame
Pour nous réchauffer, rien de mieux que le Petit Palais tout proche. L’architecture, d’une grande richesse décorative, de ce joyau de l’Exposition universelle de 1900 est toujours une source d’inspiration. Mais si la galerie du jardin intérieur nous abrite des averses, le froid est toujours présent.

Les sketchers du mercredi au Petit Palais
Pour le déjeuner un petit groupe met le cap sur République.
Mat nous raconte la suite de la journée :
« Je rejoins le groupe chez Prune mercredi après-midi. Je suis bien content de voir que leur appétit pour les plats n'a d'égal que leur envie de dessiner et nous crobardons quelques portraits sur les nappes en papier et les menus.
Puis je m'en vais croquer le canal Saint-Martin, que je n'avais encore jamais dessiné. Je me perds dans les détails des ombres et des lumières et une heure et demie plus tard, plus de sketchers autour de moi ! Nicolas et sa troupe sont à Bastille, à deux kilomètres de là. Je les rejoins à pied.

Le canal Saint Martin croqué par Mat et Nicolas
Autour d'une bière (plusieurs en fait), Nicolas me propose d'inaugurer un de ses carnets. Je fais donc son portrait sur la page de garde et lui propose de faire de même sur la dernière page d'un des miens.
Portraits croisés et surtout amitiés échangées avec Nicolas et sa famille de dessinateurs talentueux, le tout se terminant dans un restaurant du quartier ! »

Et Claire de renchérir :
« Nous avons passé un super moment au restaurant chez Prune, au bord du canal Saint-Martin. Mathieu, qui a pris une photo, peut témoigner de nos picasseries (portraits sur les menus et serviettes du bistrot). On a quand même payé l'addition... Mais j'ai récupéré un joli croquis fait par Till. »

Séance portraits chez Prune et portraits croisés Mat/Nicolas
Claire, toujours :
« Au bord du canal, il y a ceux et celles qui aquarellent les ponts. Moi, j'ai eu envie de peindre Tom, Hélène et Nicolas en train d'aquareller les ponts et l'eau. »

Quand Claire croque Nicolas et son chapeau, Nicolas croque Claire et son blouson turquoise.
Deux belles journées, intenses et créatives, que Nicolas a résumé ainsi : « Un très bon moment de partage. De la richesse et de la diversité aussi bien du point de vue humain qu’architectural ».
À bientôt, donc, Nicolas, les sketchers parisiens te retrouveront avec plaisir en juin, du 1er au 4 juin,  pour la rencontre nationale des USK à Aix !

jeudi 7 décembre 2017

L’Académie de la Grande Chaumière, un lieu chargé d’histoire

[ par Sophie Voisin ]



« La Grande Chaumière », ce seul nom est évocateur de la vie artistique dans le Paris du début du 20e siècle. Non seulement pour les parisiens mais aussi pour nos amis d’Outre-Atlantique. C’est ainsi que j’y ai accompagné Laura, venue du Connecticut pour découvrir le Paris des artistes.
Nous voilà donc un lundi après-midi dans l’atelier libre de modèle vivant : une estrade tendue de tissu cernée par les barres d’appuis et les tabourets, un poêle (éteint), un enchevêtrement de chevalets et ici et là, sur des étagères, quelques peintures de facture très classique. La pièce n’est pas très grande mais très lumineuse du fait de la verrière qui longe le mur arrière.
Ce jour-là pas de professeur, mais – surprise – pas de modèle non plus. Après un quart d’heure d’attente, un remplaçant est trouvé. Le jeune homme pose avec application, mais le lieu m’intéresse plus que le modèle.


S’y retrouvent un peu tous les âges. Il y a les habitués, qui payent au ticket. Et les oiseaux de passage, qui payent en liquide. Plus quelques-uns (est-ce volontaire ou fortuit ?) qui partent avant le l’arrivée de l’encaisseur. L’atmosphère est studieuse, les téléphones silencieux. La jeune génération, mobile, travaille debout pour changer plus facilement de point de vue.
J’ai eu le sentiment – pas désagréable – de remonter le temps. Le temps de mes premières études d’art.

mardi 24 octobre 2017

A la Philharmonie de Paris

[ par Sophie Voisin ]



Conçue par Jean Nouvel et son équipe en 2007, la Philharmonie a été inaugurée en 2015 dans un contexte très polémique. Œuvre forte, tout en contraste de matières et de formes, c’est une architecture à la fois simple et complexe à dessiner.

Les grandes lignes brisées rappellent le graphisme de certaines partitions contemporaines. Elles entrent en résonance avec les bâtiments alentour et se découpent franchement dans le ciel. Un pavement d’oiseaux stylisés nuance la surface blanche de leurs différents gris et renforce visuellement les angles.


Au cœur de cette géométrie, comme une coulure de lave, la salle de concert, couverte d’écailles d’aluminium sur lesquelles jouent les éclats du soleil.
C’est la partie la plus difficile à exprimer mais l’air est doux et l’humeur au beau fixe…

lundi 28 août 2017

La disparition de la Miroiterie, squat mythique de Ménilmontant

[par Sophie Voisin]


À la mi-février, descendant la rue de Ménilmontant, j’ai eu la surprise de voir que la démolition des bâtiments de la Miroiterie était en cours. Même si je n’ai pas fréquenté le lieu personnellement, il faisait partie de mon paysage depuis presque trente ans.
Cet ensemble de huit bâtiments disposés le long d’une courette en impasse avait été construit en 1930 par la famille Pipard sur une ancienne parcelle de vignes.
De 1945 à 1973, le peintre Daniel Pipard, surnommé le «Duc de Ménilmuch’ » en fait un haut lieu culturel, fréquenté par Prévert, Doisneau, Vian, Guitry et autres artistes renommés de l’époque. Le Duc meurt renversé par une voiture en 1978.
Succède une activité de miroiterie, déjà partiellement en place à l’époque du Duc. Elle perdurera vingt ans jusqu’à ce qu’un jeune ouvrier (le fils du patron, disait-on) meure, renversé par une voiture en descendant de son camion – l’Histoire bégaie parfois…
Je m’en souviens, c’était une belle journée de printemps, l’émotion avait été grande dans le quartier.
En 1999, des squatteurs ont investi les lieux. Il y avait des repas collectifs, un vestiaire où on pouvait déposer et prendre des vêtements gratuitement, des prestations musicales et plastiques de tous genres. La porte de l’allée et celle de la boutique étaient presque toujours ouvertes. L’occupation des lieux était tolérée par les autorités et s’intégrait au quotidien.
Jusqu’à cette année - ça devait être vers 2005 - où une histoire pas très claire impliquant un résident a donné lieu à une enquête de police. Le squat, s’il est resté toujours actif, est apparu moins accessible au simple passant. Malgré tout, les concerts continuaient, quelques artistes y avaient leur atelier et des sans domicile fixe pouvaient y trouver abri.

Quand trois ans plus tard un promoteur a racheté la parcelle, bâtiment après bâtiment, la menace d’une expulsion s’est faite plus précise. En 2014, la chute d’un arbre sur un mur lors d’un concert a accéléré l’évacuation d’un lieu devenu dangereux.

Et au début de cette année les pelleteuses sont arrivées.
La démolition a été particulièrement rapide.


Pendant l’été, le terrain a été confié aux gestionnaires de la Bellevilloise toute proche. Buvette, DJ, bacs à sable, déco bric-à-brac et bâches qui claquent au vent, on retrouve l’ambiance habituelle des friches urbaines qui fleurissent à Paris depuis quelques étés. Une forme de standardisation de l’éphémère.
En octobre les travaux démarreront. Le projet ne paraît pas d’une grande originalité architecturale mais bon…

samedi 20 mai 2017

Bizarreries spatiales à Barcelone

[ par Sophie Voisin ]

 

Carrer de Pere IV (sketchcrawl final)

A la mi-avril, nous étions une trentaine de sketchers d’une bonne dizaine de nationalités différentes à participer au workshop USK « Space Oddities », organisé par Isabel Carmona, Swasky et Lapin.

Le cadre de nos expérimentations était Poblenou, un quartier populaire de Barcelone en voie de gentrification. Voyant disparaître toutes les petites maisons anciennes au profit de grands ensembles hôteliers sans charme, Lapin a entrepris une vaste opération de recensement dessiné et nous a très gentiment fait profiter tout au long du stage de sa parfaite connaissance des lieux.
Cependant, notre but premier était d’explorer les différentes manières de représenter l’espace, autrement que par la perspective classique.
Le premier matin Isabel nous a demandé de définir l’espace par des grandes masses : peindre d’abord le ciel et le sol, puis dessiner les bâtiments et tous les éléments solides. Pas question de se perdre dans les détails, le croquis est rapide et le résultat efficace :

Carrer de Sancho de Avila
Plus facile que la perspective sphérique à laquelle elle nous a initié le lendemain, et très décontractant…
Swasky nous a fait tourner la tête avec l’espace éclaté d’une place vue comme une boîte dont on aurait rabattu les côtés. Puis avec l’utilisation de points de vue multiples dans un même dessin pour décrire un lieu :
Terrain vague vu à partir de trois points de vue différents.
Enfin Lapin nous a fait tordre les lignes dans des perspectives curvilignes ou sphériques. Le croquis d’ensemble, ça allait encore, mais quand il a fallu partir d’un détail de premier plan pour, par contamination, introduire l’arrière-plan, j’avoue avoir eu quelques difficultés à tout faire entrer dans ma page. D’autant que je me suis laissé distraire par les reflets des bâtiments dans un pare choc d’une superbe voiture ancienne. Mais le principe est compris…

Passage d'Ali Bei
Beaucoup de pistes à explorer, donc, pour sortir du cadre habituel de notre représentation de l’espace. Et comme toujours, de belles rencontres avec des participants et des intervenants sympathiques et talentueux…