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lundi 10 juin 2019

Urban Sketchers Paris au festival du carnet de voyage et de reportage à Brest

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Marion Rivolier ]


[les Capucins, aquarelle, Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Cette année, le festival du carnet de voyage et de reportage prend place aux ateliers des Capucins à Brest, réhabilitation des anciens arsenaux où l’on fabriquait des éléments de bateaux pour la Marine Nationale. Pour s’y rendre, on peut prendre un téléphérique après avoir descendu la rue de Siam ; ou traverser par le pont de Recouvrance. Les bâtiments sont très beaux, immenses, c’est aéré et spacieux. Avec mes collègues d’Urban Sketchers Paris, nous arrivons le jeudi en début d’après-midi. On met un temps fou à cleaner notre stand et à installer la toile d’araignée blanche qui donnera un peu de cachet à notre espace. C’est long et fastidieux. Mais l’on doit activer la cadence car sinon on ne finira jamais à temps... pinces, pâte à fixe, ficelles, on fixe, on accroche, on pince à tout va! Et enfin, on boit un coup pour le vernissage. On fignolera demain.
Il est temps d’aller manger des crêpes!

[le stand Urban Sketchers Paris]
Le lendemain, arrivée sur le stand, on finalise, on fignole, on coupe se qui dépasse. La toile d’araignée prend enfin forme et c’est plutôt pas mal! Le travail d’Urban Sketchers Paris est présenté à l’extérieur, grâce à de grands panneaux imprimés, des repro de dessins et des photos et quelques flèches rigolotes. La toile d’araignée met en valeur nos travaux personnels à l’intérieur.

[les Capucins et le stand Urban Sketchers Paris, aquarelles, Brigitte Lannaud Levy]
Brigitte Lannaud Levy:
Tonnerre de Brest quelle aventure! En Quimpéroise, je n’imaginais pas arriver un jour à un Festival de carnet de voyage dans un ancien arsenal par un téléphérique. Je l’ai appelé le "périphérique" tout le séjour ce qui a bien fait rire mes camarades. Marion Rivolier a eu l’excellente idée de nous faire tisser des cordes, des filins en tous genres pour composer une sorte de toile d’araignée pour y accrocher nos réalisations. Grâce à cette inventive scénographie, notre stand avait une allure très graphique et nous l’avons toute croqué. Dans un leporello Sennelier j’ai tenté de saisir ce cocon de fils tissés qui se faisait l’écho des barres d’aciers et tubes entremêlées de la structure métallique des Ateliers des Capucins. Mais pas facile d’aller au bout des pages en accordéon tant il y avait de visiteurs avec qui échanger et d’évènements artistiques à ne surtout pas rater.

[ magnifique concert dessiné, le Voyage de Rézé]

 [Marielle Durand et Marion Rivolier en démo]
Notamment ce concert dessiné du « Voyage de Rezé » où nous avons croqué dans le noir les musiciens et avons vu nos dessins projetés sur grand écran derrière le groupe sur scène en fin de concert. Autre joli souvenir, ces superbes démonstrations de sketching réalisées par Marion Rivolier et Marielle Durand en direct devant un public littéralement fasciné par tant de maîtrise de la part de ces deux artistes, chacune dans son style. Ici ce sont de précieux liens qui sont tissés que ce soit avec les visiteurs ou entre artistes.
Kenavo ar vechal !

[Tissus et toile d'araignée, aquarelle, Claire Archenault]
Claire Archenault:
Grand moment de partages et d'émotions, le Festival Ici et Ailleurs .
J'ai fait plusieurs croquis, y compris dans le noir avec une grande émotion.
Notre stand exclusivement féminin, par hasard ? a retenu l'attention de nombreux visiteurs
Faut dire qu'on avait bossé pour le rendre à l'image de sa scénographe, Marion Rivolier
Batman n'a pas osé rentrer, pourtant, il aurait été bien accueilli !
Des belles gonzesses!
C'est sans doute la pleine lune et l'iode qui lui ont fait peur, voir le téléphérique au-dessus de la Recouvrance …

[Echanges, bavardages, dessins et aquarelles dans notre stand]

[Notre stand dans les ateliers des Capucins, aqurelle et encre, Delphine Priollaud-Stoclet]
Delphine Priollaud-Stoclet:
Quand Marion m’a proposé de participer au Festival Ici et Ailleurs à Brest, j’ai sauté de joie et sur l’occasion.  Certes, j’ai échappé au tissage de la belle toile d’araignée sur laquelle venaient s’accrocher nos croquis parisiens suite à des impératifs professionnels m’empêchant d’être présente pour l’accrochage, mais je me suis rattrapée en démêlant une grosse pelote de ficelle pleine de nœuds!
Marion a orchestré notre stand de main de maître, Brigitte nous a fait une com’ d’enfer et le lumineux sourire de Claire irradiait tout comme l’énergie d’Agnès.
Quand Paris rencontre la Bretagne, ça a du style et du caractère, surtout en marinière !
Entre cafés serrés, apéros à répétition, égarements nocturnes dans les rues de Brest (pourquoi il est de plus en plus haut le pont ?), bavardages avec les visiteurs, belles rencontres, dégustation de crêpes, découverte des autres stands magnifiques, fous-rires mémorables, je n’ai pas vu passer mon week-end breton.
Il faisait un temps magnifique sous les verrières des Capucins et le soleil illuminait le ciel comme le coeur des organisateurs qui nous ont accueillies si chaleureusement.

[caricature d'Agnès (de Pierre Amoudry), portraits et ateliers, Carnet d'Agnès]
Carnet d'agnès:
Je n’avais jamais participé à un festival. Je n’avais jamais mis les pieds à Brest.
Quand Marion m’a proposée de faire partie de la fine équipe, j’ai été extrêmement flattée. Sautillante d’excitation pour cette nouvelle aventure.
L'Atelier des Capucins, est une architecture grandiose absolument incroyable et intimidante.
Les trois jours suivants sont un tourbillon de visites, de partage, de compliments, d’intérêts, de dessins… Ils ont permis de belles rencontres et des échanges extrêmement riches. Avec les visiteurs, nombreux et intéressés, des gens de passage, des habitants de la région et même des passionnés venus de loin. Avec les autres exposants : des inconnus dont je découvre le travail avec grande attention, des familiers que j’apprécie de longue date et d’autres artistes que je suis sur Instagram et que j’ai la chance de rencontrer enfin « en vrai ». Et avec les organisateurs, d’une grande disponibilité, d’une énergie positive et bienveillante, aux petits soins pour que tout se déroule à merveille.
Ce fût une belle émotion. Je ne sais pas qui était le plus enchanté, du public ou de moi.
Je reviendrai à Brest.

[les Urban Sketchers sont à Brest! photo de Roswitta Wiehl Guillemin]
Un très grand merci à l'équipe organisatrice ENKI qui nous a accueillie avec grande générosité, à Guillaume Duval pour son invitation enthousiaste et à bientôt, à Brest, pour de nouveaux échanges riches et chaleureux!

jeudi 16 mai 2019

Chronique des ateliers n°2 & 3 avec le Secours Populaire au Panthéon

[ par Urban Sketchers Paris ]


                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux] Brigitte Lannaud Levy:
Dessiner c'est avant tout regarder.
À voir la concentration des enfants et l'intensité de leurs regards après avoir écouté les consignes de l'exercice, on se dit qu'ils ont bien assimilé cette notion si essentielle à la pratique du dessin.  Ce sont leurs yeux qui en regardant le sujet guident leur  main le plus surement. On leur apprend avec Claire Archenault avec qui j'anime l'atelier des 6-8 ans que jamais rien n'est raté, que l'on peut toujours faire quelque chose, rebondir, créer à partir des petits accidents de crayon ou de pinceau. Ce sont comme des surprises dont il faut savoir s'amuser pour se laisser surprendre par son dessin. Pari gagné, les enfants sont enchantés de cette précieuse liberté qui leur est donnée. 

ATELIER #2


Mat Let:
Pour cette seconde session, après la joie de retrouver les enfants, nous avons dû passer aux choses sérieuses : dessiner l'architecture du Panthéon.
Mais le vrai défi pour ces enfants est le même que pour nombre d'adultes : accepter l'imperfection.
“C’est trop dur ! Je vais jamais y arriver !” Ils ont à peine 10 ans, mais on leur a déjà mis en tête qu’il doivent faire bien et beau. Mon but à moi est de leur faire comprendre qu’on a le droit de “déborder”, de “gribouiller”, et d’appuyer sur les crayons si ça nous fait plaisir !
Les explications ne suffisent pas, il faut les encourager, les accompagner à chaque instant, sans quoi la volonté et la concentration s’envolent vite.
Mais à la fin de la séance, les efforts de Sylvie qui anime l’atelier avec moi, et les miens sont récompensés quand j’entends une petite s’écrier : “Quoi c’est déjà fini ?! C’est nul !”
Je crois que c’est sa façon à elle de dire que ça lui a plu...

                                                                                                               [aquarelles de Marion Rivolier]
Marion Rivolier:
Pour cette deuxième séance d’atelier avec les enfants du Secours Populaire, c’est Agnès qui donne le cours et moi, je fais la traduction en anglais pour le jeune Parijit qui parle très peu français. Mais il est très doué en dessin et comprend très bien les exercices.
Cette fois-ci, nous travaillons sur l’espace, les coupoles, les colonnes, la structure du Panthéon, je n’ai pas tout le vocabulaire architectural mais ce n’est pas grave, on se comprend très bien. J’ai l’impression que nos deux accents, si peu anglophones, nous aident à communiquer. J’admire ce jeune garçon de parler si bien anglais à 13 ans!
Peu à peu, il apprivoise les crayons de couleur aquarellables, il comprend qu’il peut les utiliser secs ou mouillés dans le même dessin en fonction de l’effet qu’il souhaite obtenir. Il comprend de mieux en mieux les ombres et les lumières. C’est un plaisir de travailler avec lui!




Carnets d'Agnès:
Cela faisait longtemps que je voulais donner des cours de dessin à des enfants.
Le partenariat avec le Secours Populaire est une vraie chance et celui avec le Panthéon est exceptionnel, sans parler des sponsors. Quelle belle salle de classe que ce monument grandiose dans lequel je n’avais jamais mis les pieds ! Les enfants non plus, d’ailleurs.
La première fois, intimidés, ils écoutent sagement les explications historiques. Et puis il faut dessiner la Convention Nationale, en trait, en masse, en ombres et en lumières…
La deuxième fois, nous nous installons de dos par rapport à l’immense statue. Je m’occupe des «grands», de 9 à 14 ans. J’avoue que, ayant eu deux ados à la maison, le groupe me fait un peu peur avant de les connaître. Mais là c’est vraiment différent. Ils ont choisi l’activité, se sont inscrits et sont motivés. Ce qui se sent.
Nous découvrons ensemble les crayons aquarellables, ces crayons magiques qui se transforment en peinture avec un peu d’eau. Ils adorent. Et j’aime cet échange, ce partage de connaissance. Chacun s’approprie les outils, le décor, le dessin à sa façon. Certains restent bouche-bée, d’autres attaquent sereinement, mais tous produisent des dessins fantastiques, élaborés, c’est incroyable de découvrir les personnalités au travers de leurs dessins.
C’est une expérience extrêmement enrichissante et nous attendons avec impatience l’arrivée d’une météo clémente nous permettant de dessiner dehors avec des enfants pleins d’énergie.


ATELIER #3
Tula Moraes:
Énergiques, détaillés; chaque dessin est unique.
Les enfants cherchent à leur manière et trouvent la meilleure façon de suivre les consignes données par les intervenantes, on reconnaît la personnalité de chacun dans les empreintes laissées sur le papier
c'est un moment magique les feuilles ses remplissent au fur et à mesure que le temps avance.

                                                                                                                          [dessin de Sylvie Lehoux]
Sylvie Lehoux:
Pour ce 3ème rendez-vous atelier croquis au cœur du Panthéon, les enfants accompagnés par l'équipe du Secours Populaire étaient venus un peu moins nombreux en ce jour férié, mais motivés. Face au monument hommage aux artistes anonymes encadré de gigantesques colonnes, nous nous sommes divisés en 2 groupes. Les enfants ont pu appliquer les conseils des ateliers précédents et progresser dans le dessin et l'usage des différents outils graphiques (crayons aquarellables, feutres pinceaux réservoir) à leur disposition. Après plusieurs exercices réalisés avec succès les enfants étaient très fiers et nous aussi des beaux dessins qu'ils avaient fait ! Malgré les doutes, les ratures, les petits chagrins, l'insatisfaction les petits artistes ont encore triomphé et ils en ressortent plus fort et très fiers d'eux.



Brigitte Lannaud Levy:
C'est avec l'audace et la fraîcheur de leur jeune âge et forts des deux ateliers précédents que sans hésiter les plus petits de 6-8 ans,  dont j'anime le groupe aujourd'hui avec Sylvie Lehoux, se lancent dans la restitution d'un lieu aussi magistral et imposant que le transept Nord du Panthéon et son monument aux artistes anonymes. "Même pas peur, on est cap ". Après deux heures intenses à apprendre à trouver les vraies couleurs des sculptures et tentures, à les mélanger, à cadrer leur sujet,  à poser les ombres et faire jaillir la lumière,  ça autorise bien un  petit moment de détente et de fous rire autour d'un concours de grimaces. Dessiner c'est du sérieux mais avec Urban Sketchers Paris c'est jamais sans se prendre au sérieux.


Un grand merci Faber-Castell pour les feutres et crayons et Canson pour le papier.
Merci au Panthéon, au Centre des monuments nationaux pour l'accueil et bien évidemment aux bénévoles et mamans du Secours populaire de Paris pour l'encadrement des enfants.
Et merci à nos intervenants d'Urban Sketchers Paris : Brigitte lannaud Levy, Marion Rivolier, Mat Let, Claire Archenault, Carnets d'Agnès, Tula Moraes et Sylvie Lehoux.
On se retrouve le 12 juin pour le 4ème atelier au Panthéon!

lundi 13 mai 2019

Urban Sketchers Paris est à Brest du 17 au 19 mai!

[ par Urban Sketchers Paris ]


Le groupe Urban Sketchers Paris sera à Brest pour le 9ème festival des carnets de voyage et reportage du 17 au 19 mai 2019. Nous présenterons nos dessins, activités, actions et événements passés et à venir.
Cette année, le festival s'installe aux Capucins, très bel espace rénové et convivial.
Au plaisir de vous y rencontrer et de partager avec vous!
avec Marion Rivolier, Brigitte Lannaud Levy, Claire Archenault, Delphine Priollaud-Stoclet et Carnets d'Agnès.

lundi 29 avril 2019

Notre-Dame de Paris, après le feu et les larmes

[ par Marion Rivolier, Mat Let, Annick Botrel et Claire Archenault ]



Marion Rivolier
Comme tout le monde le sait et l’a vu, Notre Dame s’est enflammée lundi soir. Le toit, la charpente et la flèche sont parties en fumée sous les yeux ébahis et affolés des parisiens ...
Samedi, je suis passée la voir. Je l’ai abordée du côté oriental. Depuis le quai d’Orléans, j’en vois l’arrière. Le toit se devine toujours dans le dessin des échafaudages. Une grue émerge entre les deux tours de la façade, on dirait une trace, la mémoire, de la flèche perdue.
Je m’installe sur le quai pour la peindre, une première fois dans son nouvel état. Je sais que bientôt l’échafaudage sera démonté, le vide du toit bâché, le pignon consolidé.
Durant les prochaines années, elle changera souvent de visage… Il y aura probablement quelques aquarelles pour marquer ces étapes.


Mat Let
Je n'aime pas trop croquer les monuments, ils sont complexes à dessiner et puis, ils sont là pour toujours, non ?
Pour tout dire, avant l'incendie je n'avais dessiné Notre-Dame que trois fois : en trente minutes lors d'un stage, en 20 minutes avec une amie pressée et en 1 minute trente (pour un résultat atroce) lors d'une balade sur la seine il y a quelques semaines.
Mais l'incendie m'a choqué comme tout un chacun et m'a prouvé que rien n'est éternel, même pas les cathédrales.
Le soir de l'événement, ma copine m'incite à partager mes dessins sur les réseaux sociaux, mais je n'en suis pas très fier et n'ai pas très envie de partager quelque chose qui ne reflète déjà plus la réalité.
Le lendemain, je me rends sur les bords de Seine pour rendre hommage à la grande dame blessée et capturer son nouveau visage après cette catastrophe historique. Cette fois, je prends mon temps pour l'observer et la dessiner.
Bien que blessée, elle m'apparaît tout de même fière et forte, toujours debout. L'absence de toiture semble presque naturelle, mais la flèche manque plus que tout ! Cette flèche, je la trouvais majestueuse, mais elle était si noire que j'avais hâte de la voir restaurée... ce qui n'arrivera jamais.

La présence d'un carnettiste à cheval sur le parapet en train de dessiner la cathédrale n'a pas manqué d'attiser la curiosité des passants... et des journalistes !
Et me voilà tour à tour en train d'être interviewé par la télé arménienne puis en direct par Cnews.
Je n'ai pas de réflexion particulièrement brillante à offrir aux médias et ils n'arrivent guère à mettre mon dessin en valeur dans leurs images. Mais enfin, les journalistes ont quelque chose d'un peu original à se mettre sous la dent moi je peux appeler ma mère en lui disant que je suis passé à la télé !

Quoiqu'il en soit, je me suis promis de respecter un peu plus la beauté des monuments, maintenant que je sais que comme nous ils sont éphémères, et de revenir régulièrement croquer Notre-Dame au fil de sa reconstruction.


Annick Botrel
J’avais déjà dessiné Notre-Dame en 2016, avec sa flèche et son toit bien visibles. Plus récemment à Noël avec son traditionnel sapin. L’incendie et le battage médiatique qui s’ensuivit conféraient tout à coup à cette vieille dame une touche de « célébrité » supplémentaire. Le soleil rayonnant et la soif d’évènement sensationnel attiraient un nombre croissant de badauds. Plus peut-être que la visite au chevet d’une grande malade. Il manquait la flèche. Une grue ou un bras métallique la remplaçait optiquement, un peu plus courte et coiffée d’une touche orange. De entrelacs des échafaudages déjà présents avant la catastrophe et comme d’une gigantesque toile d’araignée, émergeait une nacelle jaune. Quelque chose clochait et l’ambiance festive autour plutôt incongrue. J’aurais sans doute du traiter cette ferraille noire à l’encre pour donner un côté plus dramatique.


Coté parvis, nous avons réussi à nous glisser juste derrière la banderole rouge et blanche du périmètre de sécurité. J’ai discuté avec un CRS sympa, en plein cagnard, suant sous son harnachement mais ravi d’être dessiné ! Moi aussi, d’ailleurs, j’ai souffert pour ne pas me perdre dans les détails de cette architecture massive mais sophistiquée. Ma tour penche comme si elle allait tomber.
Le plus émouvant et surprenant était ces grands bras métalliques qui s’activaient le long des tours comme des bras de chirurgiens. Des pompiers en orange fluo se déplaçaient sur les balcons comme de minuscules fourmis. Je me serais d’ailleurs bien passée des interviews de journalistes arrivés comme des mouches et me demandant mon ressenti. Le reportage dessiné est sans doute une manière moins intrusive de couvrir un événement. Curieux aussi que la parole déconcentre autant quand on dessine.


Claire Archenault
Je suis passée sans la voir bien des fois.
Je suis passée sur le Pont d'Arcole samedi dernier, et j'ai vu la grande fragilité de cette amie, handicapée, et pourtant vénérée par le monde entier .
Arrivée à 17h30, rue des Chanoinesses, ce 23 Avril 2019, juste 8 jours après l'incendie j'ai posé ma boîte d'aquarelles au sol, le gardien des barrières de protection était gentil et souriant .
Je me suis battue avec mes pinceaux, un papier aquarelle mis à l'envers, mais surtout tous ces félins charpentiers en train de démonter et remonter des échafaudages, ils démontaient les derniers de la flèche, et remontaient pour bâtir protection à dame sans toit, avant que n'arrive la pluie.
J'ai remarqué que les ouvriers de Notre-Dame n'ont ni harnais ni protection, ils étaient 4, pour sauter de gargouille en gargouille, les échafaudages de bois sont déjà là pour soutenir les transepts, mais hélas ce dur labeur n'est pas considéré à sa juste valeur.
Aujourd'hui j'apprends que l'enquête judiciaire se tourne vers l'entreprise qui les embauche…
J'ai baptisé mon dessin Notre-Dame des Travailleurs.

lundi 27 août 2018

Le Porto-Off des Parisiennes au Symposium Urban Sketchers 2018 : perspectives !

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de Claire Archenault ]


Rua da Casino da fonte Vila Nova de Gaia [par Claire Archenault ]

USK Symposium Off, cela veut dire des rencontres, avec 800 sketcheurs sur le site historique de cette belle ville, des échanges en anglais, en espagnol, en portugais, en langues asiatiques. Cela se passe cette année en Europe, et nous avons pu nous joindre plus facilement à cette énergie partagée de dessinateurs, architectes, illustrateurs et peintres du monde entier.. Chacun(e) d'entre nous en a rencontré, carnet et matériel à la main, aimer dessiner est le leit-motiv , et nous échangeons entre deux escaliers, deux points de vue, ces moments précieux, clins d’œil au regard de l'autre, dans son humanité.

Etre en Off à Porto, c'est choisir parfois l'autre coté de la rive pour observer la formidable vue des maisons au bord du Douro, la circulation des bateaux, des voitures, le téléphérique qui monte au château,  dans une lumière estivale magique.
Mon goût pour les scènes de vie, a pu trouvé ici de formidables points de vue, que j'ai tenté de restituer par l'aquarelle en direct, sur un carnet "fait maison" avec un  beau papier Fabriano 300 gr. [Claire]

 Vila nova de Gaia composition [par Sophie Voisin ]

"Vila Nova de Gaia, en traversant le Ponte Dom Luis, est réputée pour ses caves et ses chais.
Le long du quai, on croise toutes les grandes maisons de vins de Porto mais c’est la jolie façade Art Déco d’un des plus anciens clubs d’aviron du Portugal qui m’a attiré l’œil.
Plus tard, cherchant l’ombre des ruelles latérales, j’ai croisé Half Rabbit, une création éclatante de Bordelo II, dont j’avais déjà admiré le Raton Laveur à Lisbonne.
Cet artiste portugais, deuxième du nom, (son grand-père était peintre) recycle des déchets, pièces automobiles ou appareils ménagers, pour créer de gigantesques animaux colorés qu’il accroche aux murs. Une manière interpeller le passant sur le désastre écologique que représente notre société de consommation et son impact sur la nature.
Les Parisiens peuvent voir son Castor au 87 rue du Chevaleret." [Sophie]

Ponte Dom Luis   [par Annick Botrel]

"Le magnifique pont métallique qui enjambe le Douro est l'œuvre d'un disciple de Eiffel (fin du XIXe siècle).
L'élève a dépassé le maître car je le trouve plus élégant que celui de Eiffel, construit juste en amont.
Je l'ai dessiné en plein soleil, depuis les escaliers qui le surplombent. Comprendre sa structure est essentiel pour le dessiner correctement.
J'ai quand même cuit une bonne heure et demi pour venir à bout de la chose !" [Annick]

Composition d'éléments remarquables d'architecture portuguaise [par Anne Weber]

Anne de son coté, a assemblé dans une composition très subtile, différents sites de Porto pour nous décrire les richesses de cette ville, en balayant  les époques allant de l'art roman  de la cathédrale à l'Art Nouveau de la Praça da Liberdade , nous livrant ainsi un reportage visuel  très complet...

Cais da Ribera [par Annick Botrel] 

 "La praça da Ribeira est le cœur du quartier historique de Porto.
Ses maisons colorées pour la plupart recouvertes d'azulejos, sont typiques du Portugal. Ce fut le coin le plus arrosé de Porto...le point de rencontre des Urban Sketchers France en fin de journée ainsi que le lieu officiel des Drink & Draw pour le Symposium !"[Annick]

 Libreria Latina, rua da Banharia [par Anne Weber]

Galeria de Paris restaurante  [ par Claire Archenault]

A deux pas de la librairie Lello, la rue Galeria de Paris  abrite le restaurant du même nom, havre de paix en mi-journée et menu très attractif … Faute d'avoir été tamponné mes aquarelles au Symposium, j'ai quand même eu comme preuve de mon passage à Porto le tampon de ce restaurant , tout couvert  de boiseries, et décoré de voitures années 60, et d'un énorme Grosminet jouant du tuba sur le comptoir.
A Porto, au vinho verde, santé, saude !

lundi 25 juin 2018

Urban Sketchers Paris, c'est aussi des Drink & Draw!

[ par Urban Sketchers Paris à l'invitation de MatLet ]

[aquarelle de Marion Rivolier]

Jeudi 7 juin à partir de 19h, venez dessiner et boire des verres avec les Urban Sketchers Paris au Ground Control (81, rue du Charolais 75012 Paris) ! Quel que soit votre niveau, que vous connaissiez le groupe ou non, vous êtes les bienvenu.e.s !
C'est avec ce message que MatLet nous a tous conviés à ce premier Drink & Draw du printemps.
Ce qui est chouette avec les Drink & Draw, c'est que cela permet de se détendre après une dure journée de travail, on se retrouve pour une ou deux heures pour dessiner et boire un coup! Certains ne font que boire alors que d'autres croquent, c'est ça le partage!

Il faisait chaud, l'endroit était bondé mais nous avions nos carnets pour nous "reconnaître". Je pense que nous étions au moins vingt sketchers, certains venaient pour la première fois et ont découvert notre groupe dans une ambiance détendue.


J'ai commencé par commander une bière (!) puis je me suis installée sur le coin d'une palette, le dos calé sur un pot d'olivier. Tula est à ma droite, on discute des différents événements Usk qui se sont déroulés ces derniers temps : la rencontre Usk france à Aix, la rencontre à Tours avec les sketchers de Minneapolis. On réalise que l'on a rencontré un nombre incroyable de gens formidable depuis que l'on a rejoint Urban Sketchers! Je peints les personnages, les gens bougent tout le temps mais ce n'est pas grave, les uns remplacent les autres au fur et à mesure des mouvements... Marion


[dessin de Anne Weber]


Je suis arrivé au Ground Control un peu stressé après une journée de dessin intense et surtout un peu en retard, mon téléphone résonnant toute les dix secondes des messages des participants cherchant le point de ralliement dans cet immense espace.
Et puis une fois installé, la tension est retombée : les habitués d'Usk Paris discutent avec les petits nouveaux qui découvrent le groupe, le tout sous une belle lumière de fin de journée, propice aux croquis.

  [dessin de Gabrielle Cornuault]                                                               [dessin de Claire Archenault]

Le nombre de participants décline avec le jour, mais quelques irréductibles restent et quand on n'y voit vraiment plus assez pour croquer, on va se chercher des bières et de quoi manger pendant que l'on continue à deviser sur le dessin, nos inspirations, nos envies, nos techniques... En bref, un moment d'échange et de rencontres qui fait du bien, même si la prochaine fois il faudra que je sorte le nez de ma bière pour dessiner ! MatLet


    [dessins de Sylvain Cnudde]                                                                     [dessins de Cyrille SaiiSaii]


Merci aux anciens et aussi aux nouveaux qui nous ont permis de présenter leurs dessins!
A bientôt pour le prochain Drink & Draw!

mardi 8 mai 2018

Nicolas Doucedame : un sketcher aixois à Paris

[ par UrbanSketchers Paris ]


Dessin Nicolas Doucedame
Parisien pour quelques jours, Nicolas Doucedame a invité les sketchers parisiens à venir le rejoindre pour dessiner en sa compagnie. Marie et Till, ses deux enfants - aussi talentueux que leur père - étaient aussi de la partie.

Dessin Marie-Christine Compan
Nous avons été nombreux à nous retrouver place des Vosges le matin, puis au musée des Arts et Métiers, l’après-midi. La météo était avec nous : soleil et douce chaleur. Difficile dans ces conditions de s’enfermer trop longtemps dans le musée. Assis dans l’herbe, la coupole de la chapelle fera un parfait sujet d’étude pour plusieurs d’entre nous.

Quelques sketchers du mardi autour de Nicolas Doucedame.
Dessins Sophie Voisin
Le lendemain, il y avait comme un retour de l’hiver sur Paris, avec un petit vent froid et quelques gouttes de pluie. La matinée a commencé sur le pont Alexandre III dont les lampadaires de bronze et leurs amours dansants ont été largement croqués. 

Dessins Annick Botrel
Dessin Nicolas Doucedame
Pour nous réchauffer, rien de mieux que le Petit Palais tout proche. L’architecture, d’une grande richesse décorative, de ce joyau de l’Exposition universelle de 1900 est toujours une source d’inspiration. Mais si la galerie du jardin intérieur nous abrite des averses, le froid est toujours présent.

Les sketchers du mercredi au Petit Palais
Pour le déjeuner un petit groupe met le cap sur République.
Mat nous raconte la suite de la journée :
« Je rejoins le groupe chez Prune mercredi après-midi. Je suis bien content de voir que leur appétit pour les plats n'a d'égal que leur envie de dessiner et nous crobardons quelques portraits sur les nappes en papier et les menus.
Puis je m'en vais croquer le canal Saint-Martin, que je n'avais encore jamais dessiné. Je me perds dans les détails des ombres et des lumières et une heure et demie plus tard, plus de sketchers autour de moi ! Nicolas et sa troupe sont à Bastille, à deux kilomètres de là. Je les rejoins à pied.

Le canal Saint Martin croqué par Mat et Nicolas
Autour d'une bière (plusieurs en fait), Nicolas me propose d'inaugurer un de ses carnets. Je fais donc son portrait sur la page de garde et lui propose de faire de même sur la dernière page d'un des miens.
Portraits croisés et surtout amitiés échangées avec Nicolas et sa famille de dessinateurs talentueux, le tout se terminant dans un restaurant du quartier ! »

Et Claire de renchérir :
« Nous avons passé un super moment au restaurant chez Prune, au bord du canal Saint-Martin. Mathieu, qui a pris une photo, peut témoigner de nos picasseries (portraits sur les menus et serviettes du bistrot). On a quand même payé l'addition... Mais j'ai récupéré un joli croquis fait par Till. »

Séance portraits chez Prune et portraits croisés Mat/Nicolas
Claire, toujours :
« Au bord du canal, il y a ceux et celles qui aquarellent les ponts. Moi, j'ai eu envie de peindre Tom, Hélène et Nicolas en train d'aquareller les ponts et l'eau. »

Quand Claire croque Nicolas et son chapeau, Nicolas croque Claire et son blouson turquoise.
Deux belles journées, intenses et créatives, que Nicolas a résumé ainsi : « Un très bon moment de partage. De la richesse et de la diversité aussi bien du point de vue humain qu’architectural ».
À bientôt, donc, Nicolas, les sketchers parisiens te retrouveront avec plaisir en juin, du 1er au 4 juin,  pour la rencontre nationale des USK à Aix !

lundi 19 mars 2018

Vivre à Paris Ombres et Lumières

[ par Claire Archenault ]



La Place Gambetta est un endroit que je fréquente au quotidien, pour la traverser, courir après un bus, ou prendre le métro ...
Je ne l'avais encore jamais dessinée, mais un samedi de février, la lumière changeante du soir m'a invité à saisir ce moment particulier entre crépuscule et nuit, assise frileusement à la terrasse de l'un des cafés qui entourent la place. Les arbres ne sont que troncs noirs, les fenêtres des immeubles se parent de lumières scintillantes, la sculpture en verre dépoli qui orne la place prend des reflets mauves et turquoises, restant indifférente à l'agitation des véhicules, bus et scooters...


Ce même jour de février, j'avais croqué par ma fenêtre la cité où je vis et le ciel cobalt d'un matin ensoleillé, avec cette plante tropicale qui vient chercher la lumière, blottie contre les carreaux.
Oui, c'est bien à Paris, dans le 20ème.
Pour faire ma contribution au "Carnet des Fenêtres" de USK France, j'ai attendu ce moment là...


Le Parc de Charonne est situé tout près des boulevards extérieurs, vers la Porte de Montreuil.
Dimanche dernier, le temps clément m'a permis de croquer sur un banc , à l'heure entre chien et loup, juste avant la fermeture du jardin. Les arbres ne sont qu'ombres cherchant le ciel, mais déjà les couleurs du soir prennent des tonalités plus fortes, et les discussions animées font écho à ce subtil changement , le printemps arrive bientôt!


Vivre à Paris, c'est aussi avoir la chance de découvrir des expositions, des artistes et des lieux étonnants .
Hier, dans l'exposition Black Dolls à la Maison Rouge, l'agent de surveillance m'a prêté sa chaise pour que je puisse esquisser quelques unes de ces Poupées Noires, créées par des femmes Afro-Américaines, au cours du siècle dernier. Elles sont extrêmement expressives et vivantes, et j'essaie de capter leur présence sombre et chaleureuse, en mélangeant sur ma palette brun, rouge et bleu…