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mercredi 14 décembre 2016

Quatre concerts Parisiens, quatre techniques

[ par MatLet ] 

 


Dessiner un concert, c'est toujours un défi. La lumière, la foule, le bruit, il est difficile de croquer dans de bonnes conditions.
Cependant, il est grisant d'essayer de retransmettre visuellement l'énergie et l'émotion que l'on ressent pendant une performance musicale. Et en même temps, surgit cette question : quelle technique utiliser ?

J'ai donc suivi 4 concerts parisiens ces derniers mois, et le premier a été celui de Sonny Troupé et Grégory Privat au Sunset Sunside. L'un en face de l'autre, ils semblent en symbiose, presque en transe. La salle est toute petite et j'ai la chance d'être au premier rang, à un mètre de Grégory. Je les croque donc avec ma technique habituelle : directement au feutre indélébile, j'ajoute quelques traits entre deux soubresauts de Grégory. Puis, une fois les traits posés, j'ajoute l'aquarelle, dans les tons feutrés qui sont ceux d'un club de jazz...
Quelques temps plus tard, me voici au Paris Jazz Festival pour un concert de Bumcello et Magic Malik. Cette fois-ci je suis beaucoup plus loin des musiciens et je suis d'abord saisi par les jeux de lumière de la scène. Qu'à cela ne tienne, je commence cette fois par la couleur ! Je pose les grandes masses, puis je reviens au trait pour ajouter quelques détails aux personnages et à l'architecture. Enfin, j'ajoute du volume avec des couleurs foncées.
Sur la scène, la performance des musiciens est incroyable ! Ils improvisent deux heures durant et je ne suis pas fâché de poser enfin mon carnet pour me mettre à danser avec le public.


Je retrouve Magic Malik à la Petite Halle de la Villette, cette fois-ci accompagné de sa Fanfare XP. La musique est syncopée, un peu déstructurée, folle. C'est décidé : pas de traits, j'y vais directement au pinceau !


Enfin, pour le concert de Yoanna à la Bellevilloise, j'ai fait l'achat d'un pinceau calligraphique Pentel, qui permet de jouer avec les pleins et les déliés et d'obtenir des noirs magnifiques... et indélébiles !
Je pose d'abord un lavis pour rendre l'ambiance feutrée du lieu, puis je me laisse aller au trait.


Avec cette technique, je suis beaucoup plus rapide, car les traits n'ont pas besoin d'être très précis et j'utilise une seule gamme de tons pour les couleurs. J'en profite donc pour m'approcher des musiciens et saisir leurs visages.


J'aime adapter ma technique au moment, au ressenti et au temps dont je dispose. Plus je suis loin des artistes et plus ils sont agités, plus c'est la peinture qui prend le pas par son expressivité. Plus je m'approche et plus ils sont statiques, plus je peux amener du détail par le dessin...
Je ne sais pas quelle technique j'utiliserai la prochaine fois que j'assisterai à un concert... mais j'ai déjà hâte d'y être !

samedi 5 novembre 2016

Nous participons à l'exposition Regards Croisés, Paris - Brésil !

[ par Urban Sketchers Paris ]

 


Notre amie brésilienne Ana Rafful nous a proposé de participer à l'exposition "Paris-São Paulo - Regards Croisés" à Mogi da Cruzes au Brésil du 9 octobre au 20 novembre 2016. Annick Botrel, Brigitte Lannaud Levy, Tula Moraes, Mathieu Letellier, Béatrice Kluge, Hélène Leblanc et Marion Rivolier ont accepté avec enthousiasme et ont envoyé leurs dessins et aquarelles à São Paulo.
Le vernissage a eu lieu le 9 octobre :  plus de 150 personnes pour l'inauguration, le maire, le directeur du département de la culture, la chef du cabinet du tourisme de l'État de São Paulo, des journalistes de la ville et aussi de l'UMC et la Direction de l'Académie des Beaux Arts de São Paulo; un vrai succès pour les artistes brésiliens et français qui exposent.


L'exposition a lieu dans le Maison du Thé, très joli bâtiment avec une belle charpente de bois. Ana s'est occupée de l'accrochage et de l'organisation de l'événement.



Tula Moraes a travaillé sur le thème "Temples Sacrés" et voici sa magnifique Notre-Dame. Matlet a expérimenté le grand format (A3) directement dans le métro, un exploit!


Béatrice Kluge a capté avec brio les reflets des eaux de la Seine et de l'Ourcq. Brigitte Lannaud Lévy a rendu hommage au pays d'accueil de l'exposition avec le bleu profond de la librairie portugaise et brésilienne à Paris.


Annick Botrel s'est intéressée aux rapports entre la végétation et les bâtiments pittoresque parisiens. Marion Rivolier a croisé le regard de personnages solitaires avec le Paris en construction et évolution constantes.


Héléne Leblanc a travaillé sur le rapport de l'architecture pittoresque avec les installations temporaires.
Vous pouvez trouver toutes les photos de l'exposition et du vernissage ici.
Un immense merci à Ana pour son invitation, pour les photos et pour les affiches. Nous espérons qu'il y aura une exposition "retour" à Paris l'année prochaine, nous vous tiendrons au courant.

dimanche 24 avril 2016

Le métro, les parisiennes et moi!

[ par MatLet ]


Contrairement à beaucoup de dessinateurs masculins, je ne me suis mis à dessiner des femmes que sur le tard. Gamin, je préférais dessiner des guerriers, des ninjas et des samouraïs. Plus tard, il m'a paru tellement difficile (et parfois risqué) d'essayer de rendre la beauté d'une femme dans un dessin que j'ai pas osé m'y mettre...

Et puis, je me suis mis à dessiner dans les transports et il a bien fallu que je dessine les femmes aussi !

Tout a commencé dans un train. En face de moi, deux jolies jeunes femmes... Je me lance, elles me repèrent et posent un peu, mine de rien. Je finis par leur montrer les dessins, un peu maladroits et à ma grande surprise, elles aiment ! Plus tard, elles m'ajoutent même sur Facebook et Instagram.


Plein d'une nouvelle confiance, je me lance donc dans les portraits de toutes les femmes qui m'entourent dans le métro. La dame ci-dessus me repère elle aussi. Elle pose fièrement, un joli sourire au lèvres. En partant, elle me confie que son neveu est étudiant aux beaux arts...


Curieusement, j'ai tendance à niveler la beauté... La jeune femme de gauche, n'était pas particulièrement belle, mais mon croquis l'a rendue plus charmante.
Quant à celle de droite, elle a failli emporter à jamais ma confiance naissante. Lorsqu'elle s'assoit en face de moi, je suis saisi par sa beauté. Impossible de ne pas la dessiner. Évidemment, elle s'en aperçoit. Quant à moi, je perds très rapidement mes moyens !! Je n'arrive pas à retranscrire l'étincelle dans son regard, mes mains tremblent, je finis même par casser mon rotring !!!
Quand enfin j'arrive à quelque chose de correct, je lui montre. Elle est gênée, moi plus encore. Je n'ai pas ma carte sur moi, je lui écris le lien de ma page Facebook sur un morceau de papier pour qu'elle puisse voir le dessin fini. Finalement, je n'ai jamais eu de nouvelles et surtout, le dessin ne lui rend pas justice !



J'ai fini par me remettre de mes émotions... Depuis, je continue à dessiner les femmes (et les autres). Ce que j'aime par-dessus tout, ce sont leurs looks, leurs attitudes, leurs expressions ! Et puis, une fois de temps en temps, j'arrive à rendre grâce à leur beauté !