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dimanche 10 juin 2018

Je veux du Vert

[ Par Brigitte Lannaud Levy ]

   

Je n'ai jamais eu autant envie et besoin de vert que ce printemps.  Selon l'historien médiéviste Michel Pastoureau, plus qu'un pigment, une couleur est d'abord une idée. Le vert répond pour moi à un appel de liberté et comme la fréquentation des arbres est dit-on bénéfique pour la santé, cette plongée verte ne peut me faire que du bien. Alors aux premiers rayons de soleil et saisissant l'opportunité d'une rencontre USKParis,  c'est armée de ma boîte d'aquarelle de verts, que je suis allée au jardin du Luxembourg à l'ombre des feuillus de la très belle fontaine Médicis m'attaquer à toutes ces jolies nuances de vert. 


Mais pourquoi une boîte d'aquarelle de verts quand avec des bleus et des jaunes mélangés on peut  obtenir  ses propres nuances? Tout simplement parce que je  trouve que c'est une couleur très difficile à créer. En mélangeant moi-même les pigments  de jaune et de bleu c'est comme si les couleurs devenaient vite  grisées,  salies et faisaient perdre aux jardins leur éclat et  fraîcheur  printanière. J'ai appris, toujours par la lecture du passionnant Michel Pastoureau, que le vert est une couleur instable, rebelle et très difficile à fixer chimiquement. Pendant longtemps les teinturiers avaient même interdiction de mélanger le bleu et le jaune. Du coup  symboliquement elle est devenue la couleur des êtres étranges, insaisissables: sorcières, lutins, fées, génies... extra-terrestres même. Les fameux petits hommes verts.  


C'est un grand bonhomme vert de gris qui ressemble à Hulk que je décide de croquer d'un peu plus près. Polyphème est le cyclope légendaire de la fontaine Médicis. Amoureux de Galatée, déesse des eaux, il est accroupi sur son rocher et observe sa belle dans les bras d'un autre, le séduisant Acis. Pour ce croquis, je me concentre sur le molosse au coeur d'argile et c'est le nez en l'air que je saisis cette masse toute en muscle, baignée par les ombres des feuilles qui plongent  avec délicatesse depuis la cîme des arbres. 


Je finis ma journée du côté de l'Orangerie  sur le parcours des joggeurs  pour croquer avec quelques Urban sketchers parisiens le monument-hommage à Eugène Delacroix (1798-1863) de Jules Dalou. L'occasion pour vous rappeler l'éblouissante rétrospective du génie de la peinture romantique au Musée du Louvre jusqu'au 23 juillet 2018.  Enfin, pour en savoir plus sur le vert, je vous recommande l'ouvrage de Michel Pastoureau "Vert-Histoire d'une couleur" en Points poche, une lecture passionnante pour vos vacances quand vous vous mettrez au vert justement. 

vendredi 19 janvier 2018

Nos ancêtres, les Urban Sketchers du XIXème siècle

[ par Tula Moraes, Mat Let et Lapin ]




Lapin, le sketcher Barcelonais, Tula et Mat se sont rendus (pas tous en même temps) à l'exposition "Dessiner en plein air - Variations du dessin sur nature dans la première moitié du 19e siècle" au musée du Louvre (jusqu'au 29 janvier). Ils partagent avec nous cette expérience!

LAPIN

Comprendre ce qui a poussé les artistes à dessiner d’après nature ou sur le motif, telle est l’ambition de cette exposition.
Outre l’émotion de découvrir 8 carnets originaux d’Eugène Delacroix, l’exposition retrace le courant qui anima grand nombre de peintres, dessinateurs, graveurs et architectes à sortir de leur atelier dans la première moitié du XIXº siècle. Ces Urban Sketchers avant l’heure, se représentent parfois dans leurs croquis, prouvant au spectateur que l’artiste a bien été témoin de la scène, en opposition à la norme de l’époque de copier les grands maîtres en atelier. Je me suis amusée à traquer ces autoportraits au fil de l’exposition, je pense même troquer mon chapeau pour un haut-de-forme, c’est quand même trop la classe !

Mes coups de coeur, au delà des oeuvres de Delacroix que j’admire depuis longtemps, sont : l’incroyable vue de la cathédrale de Reims d’Adrien Dauzats (certainement un aïeul de Gérard Michel), les dessins de bataille d’après nature de Giuseppe Pietro Bagetti, les gravures d’après nature d’Eugène Bléry ou la spontanéité des croquis de Camille Corot…
Je dévore le catalogue de l'exposition en ce moment même, très recommandable. Tous au Louvre !!!

TULA


Après avoir été enchantée par la lecture de la liste des fournitures pour un architecte en voyage, je me lance dans dans la reproduction de l’atelier bateau de Daubigny. La spontanéité de ses traits faits à l’encre de chine au coeur de la nature sur un petit carnet de poche, un vrai urban sketcher de son temps. Comme l’utilisation de l’encre de chine est interdite à l’intérieur des musées, mon iPad remplace l’encre, car même si le rendu diffère de celui-ci, il faut vivre avec son temps !


MATLET



Je n'ai jamais aimé "copier" les grands maîtres, parce que ça prend trop de temps et que de toutes façons, le résultat ne sera jamais à la hauteur du modèle... Ou alors finalement, est-ce à cause des sujets ? Parce qu'en voyant le carnet du voyage au Maroc de Delacroix, je n'ai pas hésité une seconde: il fallait que je le recopie ! C'était ma façon à moi de me l'approprier, d'en emporter quelque chose et puis surtout d'essayer de comprendre ce qu'avait fait le maître... Cette émotion parcourt l'ensemble de l'exposition : on y voit tous ces peintres et dessinateurs faire la même chose que nous faisons, nous les Urban Sketchers du XXIème siècle. Se poser quelque part (souvent sur un tabouret portatif !) et puis simplement croquer ce qui nous entoure, avec plus ou moins de détail et de réalisme. La différence étant peut-être que pour eux, les croquis sur place étaient souvent un travail préparatoire pour une oeuvre d'atelier !

Oh et puis une chose m'a rassuré : ils avaient eux aussi leurs ruses ! S'il m'arrive parfois (je sais, c'est mal) de prendre une photo pour finir un dessin plus tard, certains d'entre eux avaient des "chambres claires" qui grâce à un prisme permettaient de projeter directement l'image de leur sujet sur leur feuille ! 200 ans plus tard, je ne suis pas sûr que ça soit autorisé par notre Manifeste !

lundi 11 décembre 2017

Jeter l'encre à Paris

[ Par Brigitte Lannaud Levy ]



Cette encre n'est pas de Chine mais de Malaisie. Elle m'a été transmise par le sketcher de Kuala Lumpur: Ch'ng Kiah Kiean (dit KK) de passage à Paris avec qui nous avons dessiné lors de plusieurs rencontres avec les Urban Sketchers parisiens dont le 57ème Sketchcrawl passage Debilly (voir article sur ce blog). Le noir de cette encre est particulièrement intense. On l'utilise avec un bâton de bois de jasmin taillé, ce qui impose un certain lâcher prise dans le trait et une grande souplesse du poignet. Le papier doit être de de préférence un grain torchon 300g/m² pour que la pointe de bois accroche sans que l'encre finisse en paquets. Allez, je me lance.


Le vent souffle fort ce jour là sur l'esplanade de la pyramide du Louvre. Une pluie battante et menaçante s'annonce au loin. Ça laisse peu de temps pour croquer avec cette brindille de bois qui m'intimide. Je suis menée à la baguette, c'est le cas de le dire. Cette contrainte météorologique impose de ne pas trop se poser de question et de laisser le bois taillé filer sur le papier en acceptant l'imprécision du trait qui crée des vibrations impromptues mais finalement assez bienvenues.


Même si le vent est glacé, c'est à l'abri sur la petite place Furstenberg que je m'essaie à un dernier croquis sur du papier satiné. La brindille gorgée d'encre glisse finalement sans paquets. Ce papier lisse apporte une certaine fluidité aux lignes. L'encre s'écoule à plus vive allure encore. C'est comme si mon dessin m'échappait un peu. Pour faire les feuillages, je prends un pinceau de soie de porc à peine imbibé d'encre. La mise en couleur est rapide à l'aquarelle avec ce rouge brun de garance si caractéristique de la fameuse place de Saint Germain des près. Cette journée en terre inconnue très exotique s'achève avec la satisfaction d'être parvenue à sortir enfin d'une certaine zone de confort. Et ça fait du bien.

mardi 28 mars 2017

Un matin au Louvre...ou presque

[ par Agnès Selles ]


Ce samedi matin , je me suis levée de bonne heure, bien décidée à aller dessiner au Louvre.
Je sors du métro et traverse la place Colette. Il fait beau, pas très chaud mais beau. Derrière les colonnes, la terrasse du café Le Nemours est presque vide.
Prendre un café ? Pourquoi pas ? Mais je voulais profiter de la tranquillité matinale du Louvre. Oh, allez, juste un café avec un croquis vite fait. Et puis la terrasse est chauffée !
Je commence: les personnages, les sièges, les colonnes. Aïe, ça ne va pas ! L'académie Française est toute écrasée. Tant pis, je recommence. Juste quelques minutes. Mon voisin commande un chocolat. Moi aussi. Encore quelques traits avant de filer au Louvre.
Il fait bon sous le chauffage, le chocolat est excellent. Encore quelques fenêtres. Même le serveur m'encourage ! Plus tellement envie de bouger finalement....

mercredi 1 mars 2017

Voyage dans le temps avec les animaux

[ par Annick Botrel ]
Le Cabinet d'Histoire du Jardin des Plantes devait fermer pour cause de vétusté. Avec quelques sketcheurs, nous avons exploré ce lieu suranné et intimiste pour finir au pavillon de la Paléontologie. Merci Anne.


Musée où il est assez facile de sortir sa boite d'aquarelle, planquée derrière une vitrine. Devant la foule de squelettes sous une architecture un peu compliquée, mieux vaut choisir son sujet en ignorant le reste !


J'y suis retournée avec mes stagiaires et me suis offert à la fin de la séance un petit moment pour moi. Autre ambiance ici avec des squelettes gigantesques comme ce mammifère aujourd'hui disparu. Bienvenue au cimetière de Jurassic Park !


Et pour finir, direction Le Louvre au département des Antiquités Egytiennes. Autre ambiance plus feutrée mais toute aussi étrange...
NB: J'aime beaucoup le format carré 25x25 de mon carnet Bosner car il permet de laisser de l'air autour des dessins, en panoramique ou pas. Mais attention à son poids... un vrai âne mort dans le sac et scanner des dessins d'un format supérieur à celui du scan, galère...

lundi 21 novembre 2016

Le Louvre inside et outside

[ par Annick Botrel ]


Cette fois-ci, c'est moi qui ai participé à un stage. Grâce au remarquable talent pédagogique et artistique de Jérémy Soheylian, j'ai pu progresser dans l'approche de la lumière, comprendre les subtilités du cadrage, apprendre à synthétiser plus que dire, faire des choix... Bref, un coup de boost que je vous recommande chaudement !
Temps exceptionnel en cette fin du mois d'octobre. Admirable vue au soleil couchant sur le Louvre depuis la Conciergerie. Petite pause sur les quais depuis la rive droite, face au Pont Neuf et la Conciergerie.


Étude des ombres et lumières sur un tableau de Taunay, peintre paysagiste du XIXe siècle.


Le pavillon Richelieu. Expérience à faire et refaire.

vendredi 13 mars 2015

Revue de musées!


Je ne sais pas si c'est parce que je suis scénographe ou parce que j'aime la peinture et les oeuvres d'art depuis des années mais je passe ma vie dans les musées et les expositions. J'aime quand les artistes transforment complètement les lieux. En les peignant, je m'approprie à la fois le travail de l'artiste mais aussi l'espace qu'il modifie.
Sous la grande pyramide du musée du Louvre, Claude Lévêque a érigé un long fil lumineux qui se met à vivre au coucher du soleil. Ici, j'ai tenté de capter cet instant fugace. A voir jusqu'au 4 janvier 2016.


Au Palais de Tokyo, c'est une membrane translucide qui a été déployée par le collectif Numen/For Use pour l'exposition Inside qui s'est terminée en janvier. Accessible aux visiteurs, elle laissait apercevoir des ombres se déplaçant d'un bout à l'autre de l'espace à trois mètres du sol.
[aquarelles, 21x60cm sur carnet aquarelle moleskine]


Le dernier dessin a été peint depuis le 4ème étage du Centre Pompidou, cette grande sculpture de Calder, Nageoire, 1964, crée des cadrages étonnant sur Paris.
[aquarelle, 13x41cm sur carnet aquarelle moleskine]

vendredi 6 février 2015

Le Louvre : la salle des Caryatides.


La Salle des Caryatides, construite par Pierre Lescot de 1546 à 1549, doit son nom aux figures féminines sculptées par Jean Goujon en 1550 pour soutenir la tribune des musiciens.
J'aime bien cette salle, c'est mon terrain de jeu ces derniers temps.


Offerte à Henri II par le pape Paul IV, cette œuvre est l'une des premières statues antiques parvenues en France.


Je n'ai pas fait exprès mais j'ai dessiné sur la même page  le corps et la tête du philosophe Métrodore
et toujours une fenêtre....toujours un oeil sur l'extérieur ;).


Ça m'a amusée de dessiner cette grue à travers la fenêtre et cela m'a valu beaucoup de commentaires "mais enfin vous dessinez une grue , vous êtes au LOUVRE"!! :)

samedi 17 janvier 2015

C'était les derniers croquis de Décembre...


Dans les dernières semaines de décembre, les pages de mes carnets sont un peu comme un marché de Noël : plein de choses différentes : un café sympa et coloré, un restau, des vieilles voitures,du musée des Arts et métiers,  des bronzes de la cour Puget au Louvre.






Les captifs de Martin Van Den Bogaert du 17ème siècle étaient installés à l'origine sur la place des Victoires.

mercredi 8 février 2012

A travers les fenêtres du Louvre



 Premier jour de neige à Paris, nous avions organisé une sortie au Louvre "au chaud"  avec pour thème "à travers les fenêtres du Louvre". Le Louvre est un superbe musée, mais avez vous  déjà regardé  par les fenêtres ? Des centaines de fenêtres qui nous offrent un spectacle magnifique....
– Martine


A l'entrée de la grande pyramide, à travers les vitres, en regardant vers le jardin des Tuileries.
– Marion

Face au conseil d'état, 1er étage du Louvre

Il y avait beaucoup de monde ce premier dimanche du mois au Louvre (journée gratuites), mais c'était très amusant d'être là pour quelque chose de différent. Nous regardions par les fenêtres, et il y avait du spectacle!
– Juliette

From a window at the Louvre

On a snowy Sunday, the Paris Sketchers got together at the Louvre to draw the views from  the Denon wing.
The windows and the stairwells provided perfect spots for comfortable sketching of the courtyard, the gardens and the city below.

Visit Martine's Flickr gallery here to see more drawings from the day, and our photo album for pictures.
Kim

mercredi 23 mars 2011

Cour carrée du Louvre

Dimanche 20 mars 2011, dessin fait en plein soleil à la terrasse du Café Marly, vue sur le Louvre entre ses pyramides ...


Et la version du 2007...


Celui ci fait aussi depuis le café Marly mais sous les arcades et plus en hauteur