[ par Carnets d'Agnès ]
Dans la langueur de cet après-midi-là, j’ai envie de traîner mes guêtres du côté de cette nouvelle école que va intégrer ma fille dans quelques jours.
Sur place, je découvre un bâtiment magnifique, comme je les aime, de briques rouges, de métal et de verre, dans la plus pure tradition industrielle. Car en effet, c’est une ancienne usine d’air comprimé de la SUDAC, comme indiqué sur le fronton côté Seine. Elle a été édifiée en 1891 et a fonctionné pendant plus de 100 ans.
Installée en face, de l’autre côté du quai Panhard et Levassor, le long des berges aménagées pour recevoir les matériaux de construction, de nombreux camions et bétonneuses pénètrent mon champ de vision. Les arbres me permettent l’ombre nécessaire à rester en place pendant cette petite heure de liberté, et d’agrémenter mon dessin de végétal.
J’imagine les contremaîtres arriver à l’usine en haut de forme, les ouvriers en salopette, casquette vissée sur leur tête, à l’heure de la sonnerie notant l’ouverture et le commencement de leur labeur. Peut-être faisaient-ils journée continue ? Car il s’agit à l’époque d’alimenter en air comprimé la ville de Paris et ses alentours, pour faire fonctionner les ascenseurs hydrauliques, monte-charges, grues, horloges publiques et autres outils pneumatiques. L’immense cheminée de briques datée de 1890 domine l’ensemble du haut de ses 46 mètres.
Aujourd’hui, ce bâtiment a été réhabilité pour accueillir depuis 2001 l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val de Seine, avec des salles de cours bien évidemment, mais aussi des laboratoires, amphithéâtres, bibliothèque, matériauthèque, ateliers, salles informatiques, d’expositions et une cafétéria. Il est classé monument historique.

