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vendredi 16 novembre 2012

'La Samaritaine' avant travaux


Ernest Cognacq tente sa chance dans plusieurs grands magasins parisiens : rejeté des Magasins du Louvre, il réussit à se faire embaucher à La Nouvelle Héloïse et y rencontre sa future femme, Marie-Louise Jaÿ. Ernest Cognacq travaille dans plusieurs maisons parisiennes avant de s'établir à son compte en 1867, rue Turbigo, Au petit bénéfice. Il fait faillite, repart sur les routes de France, puis retente sa chance dans la capitale comme camelot en s'installant dans la corbeille de la seconde arche du Pont-Neuf, à l'emplacement de l'ancienne pompe hydraulique de la Samaritaine (détruite en 1813).

À 30 ans, ses économies reconstituées, Ernest Cognacq sous-loue le local d'un café qui occupait la rotonde située à l'angle de la rue du Pont-Neuf et de la rue de la Monnaie, qu'il renomme Au petit bénéfice. Il entend ainsi profiter de la clientèle des Halles.

La réussite survient enfin : en 1871, il loue le local transformé en boutique et prend deux employés. L'année suivante, Cognacq s'unit à Marie-Louise Jaÿ, alors première (vendeuse) au rayon confection du Bon Marché.

À force d'économies le couple devient propriétaire de sa boutique, alors baptisée La Samaritaine. Les affaires prospèrent grâce aux principes de vente novateurs des époux Cognacq (prix fixes et affichés, possibilité d'essayer les vêtements…).

C'est en mai 1883 qu'Ernest Cognacq fait la connaissance de l'architecte belge Frantz Jourdain, l'un des promoteurs de l'Art nouveau et de l'architecture du fer en France. En 1891, Jourdain intervient dans les aménagements intérieurs du magasin n° 1 de La Samaritaine. Il est à nouveau désigné en 1905 pour la construction du magasin n° 2 de La Samaritaine inauguré en 1910, de style Art nouveau, à structure métallique apparente, orné de deux coupoles bulbeuses et d'un décor de lave émaillée, de grès et de mosaïque en façade. Les façades latérales de ce bâtiment sont toujours visibles, rue de la Monnaie et rue de l'Arbre Sec.

Entre 1926 et 1928, en collaboration avec l'architecte Henri Sauvage, Jourdain agrandit ce bâtiment vers la Seine dans le style Art Déco, contraint par les règles d'urbanisme de masquer l'architecture métallique de Jourdain par une façade en pierre de taille. Jourdain complète l'ensemble du côté de la rue de Rivoli en construisant les magasins n° 3 et n° 4 inaugurés respectivement en 1930 et en 1932.  
(source : musée Cognacq-Jay.)

Le magasin n° 2 dans sa totalité, ainsi que les façades et toitures du magasin n° 3, sont inscrits au titre des monuments historiques.

La Samaritaine était le plus grand des grands magasins parisiens. Son slogan était : « On trouve tout à la Samaritaine ». Le nom du magasin est parfois abrégé en 'La Samar'.

La Samaritaine est rachetée en 2001 par le groupe LVMH, et est fermé pour des raisons de sécurité en 2005. Depuis il est vide et comme abandonné. Réouverture prévue pour 2015, le groupe LVMH va y faire un hôtel, des commerces, des bureaux, des logements sociaux et une crèche.
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J'aime ses décorations, c'est pour cela que je l'ai croqué, car les travaux devraient bientôt commencer, et on ne les verra plus, et après que restera-il à voir ? Le magasin Etam qui s'est installé dans un des anciens bâtiments de la Samaritaine, en a camouflé la belle ancienne enseigne, par exemple.

Je ne suis pas la seule d'ailleurs à aimer ces bâtiments, comme en témoignent les commentaires que j'ai reçus à mes postes de croquis sur la Samaritaine :
  • Irese2011 : Etonnant, bravo, Profitons encore de ce qu'il reste de ce monument.
  • macha93 : j'adore tous ces détails de la Samar !!! 
  • daily sketches2012 : Beautiful! Is this the department store I loved on my one and only trip to Paris almost 8 years ago? I heard it has closed?  
  • nicosolemio : Toute mon enfance, merci pour ce beau témoignage !!!  
  • rielle92500 : Et c' est vrai ,que cela fait remonter les souvenirs d' enfance.... Il y avait des trésors au rayon bricolage situé au sous sol !!!!!!! J' espére que les facades vont être conservées.
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Croquis à l'encre noire Carbon Ink avec stylo plume calligraphique Sailor et aquarelles sur carnet Moleskine Large Watercolor Book (13 x 21 cm).

4 commentaires:

  1. bjr, oui le nombre de belles facades et vieux magasins charmants foutus en l'air par ces boutiques qu'on retrouve aux 4 coins du monde, des chaînes qu'ils disent... Intéressant les mots aussi : des chaînes ? Celles de l'ultra libéralismes !
    Allez bonne vie à tous

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    1. Bonjour, là je crois que ce sera respectueux du patrimoine du lieu, ils vont tout restaurer, et même des parties qui étaient recouvertes de peinture seront redécouvertes!

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  2. C'est super de voir tout ton travail d'un coup sur le sujet !

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    1. Je te remercie Nicolas! Moi aussi j'aime qu'il soit réuni ainsi!

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