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jeudi 2 novembre 2017

Crépuscules et bières parisiennes

[ par MatLet ]



Boire ou dessiner... nous avons la chance de ne pas avoir à choisir ! Quoique personnellement, j'ai souvent eu peur que les vapeurs d'alcool me fassent rater mes croquis...
Mais ces derniers temps, je me suis plusieurs fois laissé aller au croquis d'après bière, surtout quand je me retrouvais à l'extérieur avec des amis.
Ci-dessus, après un dimanche de dessin avec tout le groupe Urban Sketchers parisien, Dooby un dessinateur Israélien, me confie qu'il continuerait bien à explorer la capitale. Et nous voilà donc partis pour les buttes Chaumont. Mais en ce mois d'octobre, la lumière est déjà déclinante à 19 heures. Juste le temps d'attraper des bières chez un vendeur ambulant et nous voilà dans l'herbe à essayer de capturer l'heure bleue. Au fur et à mesure que nous dessinons, tout change autour de nous, mais finalement, j'aime bien cet ultimatum que nous impose la fin du jour : pas le temps d'ergoter sur les détails ou les mélanges de couleurs, il faut agir !


Un autre soir au Ground Control, toutes les conditions sont réunies : ma copine et son amie en grande discussion, de la bière, une belle lumière de fin de journée et l'architecture industrielle de cet ancien site de la SNCF pour l'inspiration. Le croquis tangue, mais je m'amuse bien !


Et puis, parfois on rate le coucher de soleil et on dessine carrément de nuit. Aux Frigos, une autre ancienne friche, malgré l'heure tardive et les quelques cocktails avalés, je suis séduit par le contraste entre le ciel et la lumière jaune des ampoules qui nous éclairent. En plus j'ai un nouveau feutre à tester ! C'est parti !
Evidemment, ce n'est qu'en rentrant chez moi que je m'aperçois que j'ai laissé pas mal de blanc dans mon jaune...
Mais quelle que soit la qualité de ces croquis, j'ai surtout apprécié les échanges. Le groupe de jeunes aux buttes Chaumont, le monsieur au polo rayé à Ground Control, pas mal de fêtards des frigos sont venus me voir pour regarder les croquis discuter un peu.
Finalement, dans la bière ou le dessin, le meilleur côté ça reste la socialisation !

mardi 21 février 2017

Le XVIIIème aux crépuscules

[ par MatLet ] 


Depuis quelques semaines, j'ai la chance de travailler à domicile et de pouvoir m'accorder du temps pour dessiner. Mais il fait froid et le temps que ma volonté l'emporte sur ma fainéantise, il est souvent plus de 16 heures quand je sors enfin, mon carnet à la main.
Il y a à cela deux conséquences : la première, c'est que je n'ai pas le temps de m'aventurer très loin dans Paris. J'ai donc décidé de croquer les rues du XVIIIème arrondissement, de préférence les plus proches de chez moi.


La seconde conséquence, c'est qu'il fait rapidement nuit. Tandis que je fais les lignes de mon croquis, je vois la lumière changer en permanence. Pour ce premier croquis, j'ai un peu paniqué en voyant le jour décliner et puis finalement j'ai aimé les lumières de la ville sur ma rue.


Sur le chemin de Lamarck-Caulincourt, se trouve la Cave, un café que j'aime bien, notamment parce qu'il y a de la musique live tous les dimanches après-midi.
Je décide donc de lui rendre hommage, séduit par la perspective à deux points de fuite que m'offre la rue. Pendant mon travail sur les lignes, le ciel est gris, bouché. Puis soudain, aux alentours de 17h30, miracle : le ciel s'enflamme ! Je saisis mes pinceaux et je m'occupe des couleurs ! L'instant est fugace, il faut le saisir de suite.


Rue Versigny, par un jour de beau temps, j'avais aperçu les ombres des cheminées sur d'autres cheminées. Je m'étais donc promis de revenir croquer les toits. Mais le soir où je suis venu, le crépuscule m'a joué des tours : rien, pas de lumière chaude, pas de contraste, l'atmosphère est passée du gris au bleu nuit sans transition. Je m'abstiens donc de peindre...
Le lendemain, tandis que je travaille chez moi, je vois, encore vers 17h30, que le ciel est bleu mais que les nuage s'empourprent ! J'attrape mon matériel et je fonce rue Versigny.
J'arrive exactement au bon moment : une cohorte de petits nuages oranges traînent derrière mes immeubles, les toits bleus rosissent... Il faut faire vite, la lumière change constamment et le bleu prend vite le pouvoir... Pas d'ombres sur les cheminées par contre, soit j'étais en retard, soit le soleil n'était pas assez puissant.
Je rentre chez moi satisfait d'avoir finalement pu capturer cette lumière unique et déterminé à continuer cette série. Cependant, quelque chose me chagrine : continuer ces croquis signifie continuer à rentrer chez moi frigorifié et à me coller au chauffage pendant une demi-heure pour revenir à la vie ! Vivement le printemps !