vendredi 16 août 2013

L’aquarelle au couteau ?

Paris 14e, Maine-Gassendi, terrasse de nuit ; aquarelle sur kaolin

S’essayer à tout vaut surtout pour trouver le peintre que l’on est, et ne pas se marier avec la première technique que l’on a rencontré dans sa jeunesse. En atelier, on a pu découvrir des peintures avec beaucoup de matière. Est-ce que ce serait possible d’en avoir une version transportable pour pocher en ville ? Et si on voulait faire de l’aquarelle au couteau ? 

On peut essayer de travailler en épaisseur avec de l’aquarelle en tube, non seulement c’est cher, mais en plus la matière varie selon les pigments, parfois liquide, ou cassant, difficile d’en faire un langage. En un sens, on pourrait dire que l’aquarelle n’est pas une peinture, mais plutôt une teinture, parce que ça ne couvre pas mais ça teinte le papier. On y trouve un liant (gomme arabique), du pigment moulu très fin, mais pas de charge (opacifiant). Du coup, est-ce que l’aquarelle ne pourrait pas teinter une autre matière que le papier ? Trouvez ici deux expériences mitigées, en souhaitant qu’elles vous inspirent.

Ci dessus, j’étais au restaurant en terrasse, entre deux plats j’ai attrapé la terrasse d’en face avec un fond d’argile blanche (kaolin) et de gel bio pour les cheveux. L’argile est souple, très agréable à travailler, on en fait même la base de pots de peintures bio, mais ce n’est pas une charge neutre, ça blanchit les couleurs. J’ai essayé le blanc de Meudon (une craie), c’est assez neutre, mais cassant, à éviter. On ne sait pas trop ce qu’il y a dans le gel, ce n’est pas sensé résister aux années, mais c’est étudié pour être souple, tandis que la gomme arabique est cassante. 

Ci-dessous, c’est une aquarelle sur carton gris, réalisée pendant un after-work du groupe USK Paris. Pour que le gris ne ternisse pas les couleurs, il a été travaillé avec de la gouache blanche sur le carton très mouillé, presque de la pâte à papier. La couleur a été posée sur cette mixture mi-fraîche, en évitant de mélanger pour garder des couleurs saturées.

Paris, pont Alexandre-III ;  aquarelle sur carton gris et gouache blanche
La matière à emporter, c’est probablement possible, mais la pâte miracle reste à trouver. Elle serait soluble dans l’eau, incolore, souple comme le papier, sécherait vite mais resterait rattrapable (contrairement à l’acrylique). Merci d’avance pour vos suggestions.

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